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JO 2012: les nouveaux médias au service du sport

Dans 81 jours très exactement, le monde entier aura les yeux rivés sur Londres, capitale organisatrice des Jeux Olympiques de 2012. En attendant le grand jour, Alex Balfour, à la tête de New Media pour les Jeux Olympiques et Paralympiques Londres 2012 paufine sa stratégie pour mettre les nouveaux moyens de communication au service de cet événement sportif mondial.

Qu’on soit passionné de sport ou non, on a peu de chance d’échapper à cet événement sportif planétaire. Pour l’édition 2012, les Jeux Olympiques impliquent 205 nations, 15 000 athlètes, 20 000 journalistes et représentants de médias et 7 000 volontaires ; un challenge de taille en terme de communication, dans un paysage médiatique qui a bien changé depuis les derniers Jeux de 2008 à Pékin. En 4 ans, le haut débit a remplacé le dial-up (modem fonctionnant avec une ligne téléphonique), l’accès à la 3G s’est rependu et la popularité des réseaux sociaux n’est plus à démontrer.

Le comité New Media en charge de la communication pour la manifestation sportive compte bien mettre à profit ces avancées technologiques; surfant sur cette vague des nouveaux médias, le comité lancera deux applications pour smartphones : l’une répondant au nom de « Join In », qui suivra le parcours de la torche olympique et fournira des informations à propos des événements culturels, l’autre intitulée « Results » qui donnera, aussi surprenant que cela puisse paraître, les résultats de la compétition en temps réel. Le site internet du comité des jeux London 2012 invite les gens à s’enregistrer pour suivre en temps réel l’actualité de la manifestation sportive. Jusqu’à présent, 4,3 millions de personnes s’y sont inscrits mais Alex Balfour espère bien voir les adhésions augmenter à mesure que les Jeux Olympiques approchent. Au menu du site internet tout de fluo vêtu, une description de chaque discipline, une biographie des athlètes et bien sûr un calendrier pour ne rien rater . Des photos de Getty, photographe officiel de l’événement, seront aussi disponibles en ligne ; aucune vidéo en revanche puisque le diffuseur officiel en a l’exclusivité.

En attendant le début de la manifestation sportive le 27 juillet prochain,
les visiteurs du site Getty Images peuvent admirer des photos de
Londres ainsi que des précédents Jeux Olympiques.

Considérant les médias sociaux comme une véritable opportunité pour les Jeux Olympiques, Balfour encourage chacun à partager à travers Facebook et Twitter. « Ce qui est nouveau pour un événement de cette envergure, c’est que les sportifs seront eux aussi actifs sur les réseaux sociaux, explique-t-il. Cela plongera les spectateurs au cœur de la vie de leurs sportifs favoris ». Un bon moyen donc pour recueillir les impressions d’un athlète après un exploit sportif et pour accéder à des tweets qui entreront peut être dans la posterité. Le comité responsable de la communication a en effet créé un compte dès le 2 février 2009, @London2012 destiné à stimuler l’interaction avec les followers (496 587 au moment où ces lignes sont écrites) et les renvoyant régulièrement sur les comptes d’athlètes participant à la compétition. Le comité, en prise directe avec les amateurs de sport surveillera au plus près les réseaux sociaux afin d’analyser les sujets qui intéressent les internautes et de répondre à leurs attentes. Cette année, les amateurs de sport devraient plus que jamais être au coeur de l’événement.

London2012 met l’interaction avec ses followers au coeur de ses préoccupations

Texte rédigé par Tania Messaoudi

Wavii, l’agrégateur de contenu d’un genre nouveau

Connaissez-vous Wavii, le nouveau média social consacré à la recherche d’information ? Lancé le 10 avril dernier par une start-up de Seattle, le site crée le buzz en quelques jours d’activité seulement, grâce son concept novateur. Explications.

Une version amplifiée de twitter, consacrée à l’information
C’est la comparaison qu’on peut entendre ou lire dès qu’il est question de Wavii. En effet, le site se présente comme un ersatz de twitter sauf qu’au lieu de suivre des personnalités ou des amis proches, on suit des sujets d’actualités en fonction de nos centres d’intérêt : politique, culture, etc.

Le site propose, en fait, un flux d’information mis à jour continuellement, sur une interface qui n’est pas sans rappeler celle du réseau social qu’on ne présente plus, Twitter, d’où la comparaison avec ce dernier.

Dans un premier temps, l’internaute est appelé à choisir le sujet dont il désire connaître l’actu: People, politique, entreprise etc. Puis Wavii prend en charge la collecte non-stop d’informations et ce, en se rapportant à des milliers de sources: médias en tout genre,  blogs ou réseaux sociaux (tweets, facebook, etc.).

Première étape dans l’utilisation de Wavii :
le choix de sujets à rechercher

Une information simplifiée et personnalisée
La où le site innove c’est dans son traitement de l’information rapportée à l’internaute. Wavii réorganise et réécrit automatiquement les données qui sont, par la suite, retranscrites sous la forme d’un flux d’actualité personnalisé et continuellement mis à jour.

Et au lieu d’afficher un lien vers un article, le site fait remonter un court résumé de ce dernier. Ni simple aperçu du papier, ni extrait du titre ou du chapeau, ce résumé est en fait un condensé de l’information principale, long d’à peine quelques lignes.

Si le sujet intéresse le lecteur, un clic suffit pour accéder à une nouvelle interface et avoir un aperçu plus conséquent de l’article ainsi qu’à une fenêtre permettant de commenter ou partager l’info détectée par Wavii. Le site dispose d’un onglet permettant de transmettre les données reçues après recherche via les réseaux sociaux Twitter ou Facebook. Un lien vers l’article complet est évidemment disponible dans cette seconde fenêtre.

Une fois le choix de sujet choisi, Wavii fait remonter sur un fil d’information,
les données les plus récentes et pertinentes et ce sous la forme
d’un court texte résumant le contenu de l’article.

Wavii se présente comme une nouvelle sorte d’agrégateur d’information. En livrant une actualité épurée et personnalisée selon les centres d’intérêts de l’internaute, le site pourrait bien tirer son épingle du jeu dans la course aux médias sociaux les plus populaires contre Pinterest et autres.

Néanmoins, tout n’est pas parfait. Mis en ligne récemment, le choix de sujet proposé par Wavii reste pour l’instant limité, mais pourrait certainement s’accroître dans les semaines à venir si le site rencontre du succès.

Pour conclure, voici la démonstration en image de l’utilisation de ce nouvel outil de veille numérique qu’est Wavii

Texte rédigé par Florent Bovicelli

Kpakpatoya : du commérage à la diffusion de l’information

En argot ivoirien, le kpakatoya, est un commérage. Mais depuis près d’un an, Kpakpatoya, c’est également une communauté en ligne, chargée de rapporter et de faire circuler scoops, révélations et infos divertissantes.

Un hashtag qui fait le buzz sur le net, ou comment tout a commencé.
2011, période de crise en Côte d’Ivoire, le besoin de décompresser d’une douloureuse actualité se fait sentir dans la communauté virtuelle ivoirienne. Progressivement, le hashtag #kpakpatoya va ainsi prendre une ampleur considérable sur Twitter, en fédérant autour de lui de plus en plus d’internautes. Sport, technologies de l’information et le la communication, histoires drôles, ou même vie quotidienne, tous les thèmes sont bons à aborder et à diffuser sous cette appellation, tant qu’il ne s’agit ni de politique, ni d’insultes. Au simple tag viendra s’ajouter assez vite une page Facebook du même nom, qui obéira exactement aux mêmes principes. Jusqu’à ce qu’en avril de la même année, Necemon, un internaute, décide de prendre les choses en main.

Compte facebook de Kpakpatoya

Du Tweet au site
Après avoir découvert le buzz que génère le tag, Necemon Yai, infographiste et développeur de profession, entame alors quelques investigations, pour tacher d’en savoir davantage. L’homme va alors rapidement s’apercevoir qu’aucun site n’est encore dédié au Kpakpatoya. Séduit par l’originalité du concept, et certain de son potentiel, il va alors prendre l’initiative d’acheter le nom de domaine, et créer, en une nuit, kpakpatoya.com .Le site, initialement construit autour de la reprise du flux des tweets  taggés “kapkatoya”, va rapidement remporter un vif succès :«J’ai immédiatement publié le lien du site sur Twitter, en prenant soin de mentionner les twittos les plus actifs autour du tag. Ces derniers ont apprécié, et diffusé le lien. C’est ainsi que le site a officiellement été lancé», explique Necemon. Dans la foulée, ce passionné du net créé le compte twitter @kpakpatoya, pour parvenir à une meilleure gestion de la communauté.

Site web de Kpakpatoya

La complémentarité des trois réseaux.
Suivre une discussion, se retrouver autour d’un thème, échanger des informations d’actualité, sérieuses ou non. Voilà ce qui pousse aujourd’hui les sympathisants de la culture ivoirienne à partager le Kpapkatoya. Avec presque 500 fans sur la page Facebook, plus de 300 followers du @kpakpatoya sur Twitter, sans compter les visiteurs du site, et autres simples utilisateurs du hashtag, on peut dire aujourd’hui que la complémentarité du concept connaît un beau succès. Le site, qui s’est peu à peu développé, propose actuellement quelques services. Avec plus ou moins de réussite, Necemon a tenté d’y intégrer quelques applications, telles qu’un forum de discussion ou un blog. En ce moment, le site relaie même en temps réel un condensé de l’actualité nationale et internationale depuis quelques sources majeures, parmi lesquelles on retrouve Jeune Afrique, Abidjan.net, TV5 ou encore France 24. Prochainement, cette pluralité de réseaux autour d’une communauté pourrait enfin accueillir un petit dernier, sous la forme d’une plateforme permettant de faciliter encore les échanges.

A réseaux multiples, gestion participative.
Pour parvenir à se propager ainsi sur la toile, rien de mieux qu’une gestion participative du projet. Si Necemon s’occupe davantage des publications sur le compte Twitter, et de l’organisation du site internet, de nombreux administrateurs se cachent en revanche derrière la page Facebook, de manière totalement décentralisée : les plus actifs, Cyriac et Ceschod, mais également Edith, community manager de profession, ou encore le journaliste Israël Yoroba, qu’on ne présente plus, et enfin, Mariam ou Honorine.  Tout un beau monde réunit pour que la communauté puisse vivre conformément à ses aspirations, à savoir « dans l’amour, la fraternité, et la bonne humeur ».

Texte rédigé par Cerise Assadi-Rochet

L’actualité en temps réel avec Bambuser

Diffuser l’information de manière rapide et originale, tel est le pari de Bambuser, la toute nouvelle application d’une société suédoise spécialisée dans “live video stream” (diffusion de vidéo en direct) sur téléphone mobile. Bambuseur permet aux propriétaires de plus de 300 modèles de smartphones de partager sur leurs comptes Facebook, Twitter ou sur leurs blogs tous types d’évènements filmés par leur soin, au moment même où ils se déroulent.

Les utilisations de ce procédé peuvent être multiples: proposer de suivre en direct une conférence de presse , une manifestation ou une émeute, un incendie, ou simplement illustrer un article sur une pénurie d’essence comme l’a fait un journaliste de Sky News, Nick Martin. Même si l’utilisation de cette technologie reste pour l’instant limitée à des évènements ponctuels  et que les principaux médias concernés viennent de Scandinavie, Bambuser offre une nouvelle dimension à l’information et ouvre des perspectives prometteuses pour les journalistes professionnels et amateurs à travers le monde.

Présentation de Bambuser sur twitter

L’exemple le plus frappant est la couverture au Caire en 2010 du bloquage d’un batîment du gouvernement pour protester contre la nomination au poste de premier ministre de Kamal el-Ganzouri par l’armée égyptienne. C’est sur ce genre d’évènements que la transmission vidéo en direct peut prendre tout son intérêt, même si elle empêche la mise en forme de l’information. Cette nouvelle arme de la presse inquiète d’ailleurs les gouvernements au point de bloquer l’accès au site dans leur pays comme l’a fait l’Egypte et le Barhain pendant le printemps arabe de 2011, ainsi que la Syrie en 2012

Preuve que cette initiative n’est pas un épiphénomène, de l’autre coté de l’Atlantique, plusieurs sites comme Ustream, Justin.tv et Qik (ces deux derniers sont sur le même créneau “mobile” de Bambuser) proposent la diffusion vidéo en live, même si leur utilisation est moins agréable du à une grande part de publicités pour rentabiliser le service.

Ce qui est certain, c’est que le live streaming est en pleine expansion et devrait permettre aux sites d’informations qui cherchent à accroitre leur notoriété, de connaitre le même succès que celui des chaînes d’information en continu.

Texte rédigé par Terence Caron

Live Tweeting: l’info polyphonique et en direct

Les adeptes de l’information en direct sur Twitter sont de plus en plus nombreux, rapportant au commun des twittos¹ des concerts, expositions, meetings politiques et autres fait divers dont ils sont témoins . Le phénomène ne date pas d’hier puisque dès 2009, de nombreuses émissions de télé-réalité sont suivies, commentées,« live-tweetés ». En ces temps de campagne présidentielle, la pratique s’applique aux émissions politiques, aux débats et autres meetings des candidats.

A chaque diffusion de l’émission « Des paroles et des actes » c’est systématique, le hashtag² #DPDA arrive en tête des tendances sur Twitter au grand dam du sacro-saint #JustinBieber. De manière plus ou moins pertinente, le hashtag est utilisé par ceux qui suivent l’émission et la commente en direct, de manière sérieuse ou un peu plus légère.

Toujours est-il que le phénomène prend de l’ampleur et présente de nombreux avantages pour s’informer en direct tout en bénéficiant d’une palette de points de vue qui s’accordent, qui s’opposent, et qui permettent aux twittos, puisque c’est leur nom, de se forger leur propre opinion.
Pour ceux qui n’ont pas la télévision où ne se trouvent pas devant leur poste au moment de leur émission, Twitter reste une alternative qui leur permet de suivre tout ce qui se dit dans leur programme sans en rater une miette, avec en prime des commentaires sur la cravate d’untel et le tic de langage de l’autre. Un aspect qui séduit les twittos probablement par sa nature fédératrice justement. On allume la télévision, on s’identifie sur twitter et on expose son ressenti à chaud, on s’emporte, on débat, comme on le ferait entre amis.
Les journalistes présents sur twitter qui s’adonnent au live tweet permettent à leurs followers de décrypter l’information qui leur est donnée, agissant comme des décodeurs d’un jargon qu’on ne comprend parfois pas ou d’une langue de bois que notre candeur n’avait pas forcément détecté. Certains analysent aussi la parole politique en renvoyant à du contenu, que ce soit une vidéo antérieure qui contredit l’information ou un lien vers un site qui corrobore les données énoncées.

Bruno Roger-Petit, chroniqueur politique pour le Nouvel Observateur,
retweete un sondage en lien direct avec #DPDA.

Cependant, pour s’informer grâce aux live tweets, il n’est pas nécessaire d’attendre qu’une émission télévisée fasse le buzz ; ainsi du 6 au 9 mars 2012, le live tweet de Gil Juwu a été suivi par plusieurs centaines de twittos. Ce sans papier placé en centre de rétention administrative a profité des deux heures par jour où il avait son téléphone portable pour faire le récit, en direct et en 140 caractères maximum, d’un environnement mal connu du public, de son arrestation à sa libération.

Pendant les deux heures quotidiennes qui lui étaient imparties et durant 4 jours,
Gil Juwu
a live-tweeté a propos de sa condition de sans papier en centre de rétention.

Dans un tout autre registre mais tout en restant dans l’information, le Stade de France lance via son compte twitter une opération visant à recruter des lives tweeter officiels, qui couvriront les prochaines rencontres de rugby. Match oblige, se sont deux équipes qui couvriront le 31 mars la rencontre qui opposera Le Stade Français Paris au Stade Toulousain.

@Lolymount, membre de l’équipe ST (stade Toulousain, selon toute vraisemblance) fait la promotion de l’hashtag #TeamST devant le stade pour attirer les tweetos férus d’ovalie.

La seule contrainte, c’est qu’il faut trouver du temps et se rendre disponible pour live tweeter, parfois pendant plusieurs heures d’affilées. Heureusement, les Pro Tweeters sont là pour s’atteler à cette lourde tâche. Les pro tweeters, comme leur nom l’indique, sont des tweetos professionnels spécialistes du réseau social qui utilisent la plateforme comme média de distribution. Et ils sont payés pour ça. Car sur une plateforme aussi massive que tweeter qui accueille chaque jour 50 à 100 millions de tweets (les chiffres fluctuent en fonction de la coiffure de Justin Bieber), mettre en valeur un tweet et le faire sortir du lot, c’est tout un métier.
Selon Glenn Le Santo, payé pour tweeter, le pro-tweeting est une pratique partie pour durer qui demande d’être succinct dans son discours et d’avoir une force créative pour créer des titres, des phrases d’accroches, des slogans qui auront un impact sur les followers³ . Pour être efficace, il faut aussi être capable d’écouter et de tweeter simultanément, d’extraire rapidement le meilleur du contenu. Si le rythme de l’événement est lent, le rôle du pro-tweetos est de garder quoi qu’il en soit un rythme soutenu de tweets pour ne pas perdre son lectorat, et doit donc se montrer créatif. Tout le monde peut tweeter,  ; mais tweeter de manière efficace n’est pas donné à tout le monde. Les prestations des tweetos professionnels sont primordiales dans le succès d’un évènement ou d’une conférence ; le fait qu’on en parle où qu’on les oublie aussitôt qu’ils sont apparus dépend en grande partie d’eux, résume Glenn Le Santo. Une perspective d’avenir pour les journalistes qui devront aussi devenir des pros de la com’ pour « vendre » leur info?

Lexique à l’usage des non initiés :
¹Tweetos : utilisateur de la plateforme Twitter qui envoie des « tweets », message brefs de 140 caractères maximum.
²Hashtag : sujet attribué à un message, précédé d’un #. En cliquant dessus, le site affiche tous les tweets comprenant le même hashtag et établit un classement des sujets les plus tweetés (trending topics), facilitant le suivi d’une conversation.
³ Follower : personne qui suit votre compte et a donc accès à vos tweets et re-tweets.

Texte rédigé par Tania Messaoudi

La Belgique a envie de tweet

Semiocast, spécialiste français des conversations sur internet, a publié en Février les résultats d’une étude sur le nombre d’inscrits à Twitter. Et ces résultats sont sans appel, la Belgique se laisse gagner par la fièvre du tweet. La barre symbolique du million d’utilisateurs a été franchie et plus encore, ce sont les résultats à l’échelle mondiale de cette étude qui sont révélateurs: Twitter est en train de conquérir le monde.

383 millions de twittos, et moi, et moi, émoi. Souvent barré par Facebook lorsque les médias s’empressent de parler de la folie des réseaux sociaux, Twitter est également en pleine expansion. Si vous êtes sur ce blog, l’outil vous est probablement familier et il est inutile de revenir sur le #fonctionnement de celui-ci. Tout comme il est inutile de préciser qu’il est bien réducteur de ranger Twitter et Facebook dans la même case “réseaux sociaux”, tant les deux plateformes n’ont rien ou si peu en commun.

Mais les chiffres, eux, nous offrent un point commun entre les deux: ils sont en pleine expansion. Les statistiques publiées au début du mois de février témoignent d’une progression certaine de Twitter. En Belgique, puisque c’est à ce pays que l’on s’intéresse dans cet article, le réseau social a ainsi récemment dépassé la barre symbolique du million d’utilisateurs. Ca peut paraître peu, seulement une fois que l’on a pris en compte le fait que la Belgique est un petit pays de onze millions d’habitants, on prend conscience de l’ampleur du phénomène. 10% de la population Belge est sur Twitter. Une fréquentation qui a doublé par rapport au 1er janvier de l’année dernière, où l’on comptait tout de même déjà 520 000 inscrits.

Sur ce million de comptes, seul un quart cependant sont réellement actifs, c’est à dire ont twitté entre septembre et décembre dernier. Un score dans la moyenne mondiale, le record du monde de taux d’activité sur le site étant détenu par le voisin néerlandais, avec 33%. Puisqu’on parle des Pays-Bas, sachez d’ailleurs que le néérlandais est la sixième langue la plus parlée sur Twitter, alors que les Pays-Bas n’occupent que la dix-septième place des pays représentés. Merci la Flandre?

Peut-être, mais merci en tout cas aux différents médias qui ont compris que l’outil pouvait leur permettre de se développer. Effet boomerang oblige, voilà qui a développé l’outil. C’est le cas notamment de la RTBF, qui outre une présence active sur le réseau, l’intègre aussi lors de certaines de ses émissions. Ainsi, son émission à succès du moment, The Voice, sur la Une, diffuse en direct à l’écran des tweets postés par les internautes pendant l’émission. Exemple parmi d’autres d’une télévision qui évolue avec son temps.

Le Premier Ministre Belge Elio Di Rupo montre l’exemple à ses concitoyens.
Il est actif sur Twitter, et dans les deux langues s’il-vous-plaît

Le plat pays se classe à la 35ème place mondiale des pays les plus représentés sur Twitter. Avec 0,28% des twittos dans le monde, le poids de nos amis d’Outre-Quiévrain n’est pas bien lourd certes, mais il est représentatif d’une tendance mondiale. Twitter a doublé sa fréquentation en Belgique, il l’a également doublé dans le monde. De 192 millions d’inscrits, le site est donc passé à 383 en ce début d’année 2012. Où va-t-il s’arrêter? Certainement pas en si bon chemin. Si l’on prend en compte les zones géographiques qu’il reste à conquérir, et l’engouement pour le site qui semble se développer de plus en plus dans les médias dits traditionnels, vous n’avez pas fini de twitter.

Texte rédigé par Damien Shernetsky

Internet : l’info taillée sur mesure grâce aux infomédiaires

C’est un fait avéré : la toile est aujourd’hui une source d’informations colossale. Elle est d’autant plus sollicitée par les lecteurs avides de news qu’elle met à disposition des contenus actualisés, gratuits et en provenance du monde entier. Le tout, en seulement quelques clics.  Mais si Internet fournit une multitude d’informations, il est aussi victime de son succès, le revers de la médaille étant que l’internaute peut très vite se retrouver submergé par une multitude de  contenus et avoir du mal à accéder à l’information recherchée. Pire encore, il peut avoir des difficultés à discerner l’info de l’intox. C’est à ce moment là que le rôle des infomédiaires prend toute son ampleur.

 Définition
Ce terme est un néologisme construit à partir des termes “information” et “intermédiaire”. Un infomédiaire est donc un intermédiaire entre l’information et le lecteur. Chronologiquement, le premier infomédiaire serait le moteur de recherche, puisque déjà à l’ère du web 1.0, on pouvait facilement accéder à des sites d’informations en passant par Yahoo, Wanadoo ou Google.
Aujourd’hui, l’infomédiation va beaucoup plus loin puisqu’elle est personnalisée. Autrement dit, le lecteur a dorénavant la possibilité de décider de l’information qui lui sera communiquée. Il n’est plus contraint à se plier à la liste infinie de liens édités par le moteur de recherche. A travers cet article, je vous propose donc de faire un tour d’horizon des nouveaux infomédiaires. Des réseaux sociaux, aux agrégateurs de contenu, en passant par les alertes e-mail et les plateformes de curation.

 Les réseaux sociaux
L’information via les réseaux sociaux connaît un succès grandissant, surtout auprès de la jeune génération qui s’informe en grande partie sur Internet et notamment sur ces réseaux. Ces infomédiaires ayant un fonctionnement bien particulier, il est nécessaire que les médias s’y adaptent s’ils veulent atteindre leur cible. La plupart du temps, cela se manifeste par la mise en place d’applications accessibles via le réseau social, permettant un accès facile à l’information.
Sur Facebook, par exemple, il est possible d’ « aimer » la page d’un journal et par conséquent, de recevoir sur sa page d’accueil les informations en provenance du journal en question. La célèbre invention de Mark Zuckerberg constitue ainsi un apport crucial pour les sites d’information puisque nombre d’entre eux récupèrent une partie de leur audience via le réseau social.

En étant « fan » de 20minutes.fr, je reçois directement sur ma page d’accueil Facebook les infos provenant du journal. 

Twitter est également un infomédiaire efficace. Il est d’autant plus intéressant que la concision qu’il requiert (140 caractères max par tweet) participe à la clarté du message.  L’accès à l’information y est personnalisé puisque l’on ne reçoit que les tweets des abonnements que l’on suit. L’information désirée défile sous nos yeux et cet infomédiaire est aussi passionnant parce qu’il puise sa force dans son caractère instantané et dans son pouvoir de diffusion rapide. Le risque étant néanmoins de perdre le fil de l’info et de ne plus s’y retrouver si l’on a trop d’abonnements.

Sur la page d’accueil de mon profil Twitter, je ne reçois que les tweets de mes abonnements.

Les agrégateurs de contenu
Un agrégateur de contenu permet à l’internaute de rassembler les informations qui l’intéressent sur une seule et même page. Ces informations, tirées de divers sites web, se présentent sous forme de modules. Elles sont mises à jour quotidiennement et automatiquement. Ainsi, lorsque l’internaute ouvre la page de son agrégateur, il a un aperçu rapide des modules d’informations qu’il aura mis en place. Parmi les agrégateurs de contenus les plus populaires, nous retiendrons iGoogle ou encore Netvibes. Autres interfaces intéressantes, Webwag et Rssnewsbox sont des agrégateurs de flux RSS (voir explication ci-dessous).

 Sur la page d’accueil de mon agrégateur de contenu iGoogle, j’ai un aperçu des infos provenant des sites internet qui m’intéressent, grâce aux modules que j’ai mis en place. J’ai également la possibilité de créer des onglets (à gauche) pour classer mes différents modules.

Pour recevoir les informations des sites internet que l’internaute a choisi de mettre en avant dans son agrégateur de contenu, il doit s’abonner aux flux de ces sites. Ces derniers sont produits automatiquement, en fonction des mises à jour des sites en question et apparaissent souvent en bas de page. On les reconnaît car ils se présentent sous la forme du logo ci-dessous. On parle de flux RSS.

Les alertes
Lorsqu’il créé une messagerie, l’internaute a également la possibilité de créer des alertes en choisissant les sujets qui l’intéressent. Par exemple, s’il recherche activement un stage en journalisme, il peut créer l’alerte “stage journalisme” et sera prévenu sur son adresse e-mail de la publication d’articles comprenant cette expression, quotidiennement. Gmail, la messagerie de Google permet de créer ce type d’alerte.

 

Alerte « stage journalisme » sur ma boîte Gmail

Dans le corps du mail, un lien vers l’article comprenant les mots « stage » et « journalisme »

Les plateformes de curation
Certains individus se positionnent comme des infomédiaires à part entière. Ils effectuent un travail de recherche, de tri de l’information et proposent aux internautes une sélection de contenus sur une thématique donnée. A mi chemin entre le veilleur et le journaliste, ils se proposent d’être les intermédiaires entre le lecteur et les sites d’informations. Ces individus, on les appelle les curateurs.  Un nouveau métier du web, conséquence directe du développement de l’infomédiation.

Pour la petite histoire

Historiquement, le curateur appartient au domaine des arts et exerce sa fonction au sein des musées. Son rôle : choisir, trier et sélectionner des œuvres pour exposition, dans l’optique de mettre en lumière une thématique sur laquelle le spectateur est amené à s’interroger. Dans le cadre du web, le curateur est soumis aux mêmes fonctions de tri, de filtrage et de sélection, appliquées cette fois-ci à du contenu. Ainsi, il va définir un thème précis et réunir autour de ce thème une sélection de sources issues d’Internet qu’il diffusera sur une plateforme. Le but étant de synthétiser, d’éditorialiser et de fournir à l’internaute une sélection des contenus les plus pertinents sur un sujet donné.

 

Pour exercer leur activité, les curateurs de contenus utilisent des plateformes. Elles présentent les contenus de manière différente (modules, perles, etc.) et chacun y trouvera son compte. Parmi ces plateformes, on retiendra les exemples de Pearltrees, Scoop it ou encore Paperli, qui a la particularité de permettre au curateur de créer un journal quotidien public personnalisé, composé d’articles provenant des comptes Twitter qu’il suit.

Pearltrees sur le thème des serious games // par Lucile Jeanniard

Scoop it sur le thème des réseaux sociaux // par Stéphane Favereaux

Paperli proposé par Yannick Chavanne (Protextuel)

Que tirer de cette analyse ?
Sans doute, l’évolution des infomédiaires vers un rapport plus personnalisé s’inscrit dans le développement logique des usages de l’individu post moderne. Grâce aux infomédiaires, le consom’acteur choisit en amont ses sources d’information. De cette manière, il gère et maîtrise les contenus qu’il reçoit.
Pour ce faire, il est nécessaire qu’il soit familier aux nouveaux outils qu’implique cette nouvelle forme de consommation médiatique. Des outils qui peuvent parfois représenter un obstacle pour les non habitués de l’univers numérique. Ainsi, il sera  plus facile pour un digital native de manier l’infomédiation que pour un digital immigrant. Mais ça, c’est une autre histoire.

Texte rédigé par Marylin Epée

BreakingNews : l’agence de presse d’un nouveau genre

Créée en mai 2007 par un Néerlandais alors âgé de 22 ans, Michael Van Poppel, BreakingNews (initialement BreakingNewsOn) est la première agence de presse exclusivement sur Twitter. Forte de son succès, elle prouve encore une fois qu’à l’heure des TIC, l’univers traditionnel des médias se réinvente. Mais surtout, qu’avec le réseau social Twitter, la diffusion massive et instantanée de l’information à l’échelle mondiale n’est plus l’apanage des agences de presse traditionnelles.

Capture d’écran du compte Twitter @BreakingNews

Le rôle d’une agence de presse ? Fournir aux médias l’information mondiale en continu, le plus souvent sous forme de dépêches ; des informations qui par la suite seront traitées par les journalistes des dits médias et diffusées sur les supports médiatiques. Elles constituent bien souvent une source de renseignements précieuse pour les rédactions. Avec Breaking News, Michael Van Poppel invite l’agence de presse sur le terrain des réseaux sociaux et donne une nouvelle dynamique à la diffusion de l’info. Il faut dire que Twitter représente des avantages certains par rapport aux agences basiques :

  • La rapidité l’atout numéro 1 de Twitter est bien évidemment la vitesse à laquelle l’info y est diffusée. Si X twitte un message à 100 abonnés et que chacun des abonnés en question retweete le message à ses 100 abonnés dans la seconde qui suit… faites le calcul !
  • La concision : le twitt étant limité à 140 caractères, l’info est précise, condensée et délivre l’essentiel du message
  • La gratuité : last but not least, Twitter est totalement gratuit… contrairement aux agences de presse qui nécessitent un abonnement payant

Breaking News, en avance sur son temps !

Michael Van Poppel s’est très rapidement fait connaître sur la toile. Ce passionné d’actualité également veilleur assidu a fait sensation en dévoilant avant les agences de presse traditionnelles des scoops qui se sont répandus très vite via Twitter. Parmi eux, la diffusion d’une vidéo exclusive de feu Oussama Ben Laden revendue ensuite à Reuters, ou encore l’annonce de l’assassinat de Bénazir Bhutto en 2007. Le succès s’est montré tel que la petite agence initialement constituée de bénévoles a été rachetée ; aujourd’hui, Breaking News est la propriété du géant de l’actu Msnbc.com et compte à son actif une bonne brochette de contributeurs internationaux.

Ces  journalistes qui aiment Twitter 

Quoiqu’il en soit, le succès d’une entreprise comme Breaking News traduit une évolution des pratiques dans le joli petit monde de la presse. Aujourd’hui, Twitter est une source d’informations très appréciée et de surcroît très utilisée des journalistes. A tel point qu’ils l’emploient également pour diffuser leurs publications. Ainsi, d’après une étude réalisée par le réseau Oriella PR, jusqu’à 55% d’entre eux utiliseraient le réseau social pour publier leurs infos (interrogés : 478 journalistes dans 15 pays).

Dans ce contexte, un risque persiste néanmoins : celui de la course à la vitesse. Face à un lectorat avide de news fraîches, la rapidité de la diffusion est déterminante. Mais il ne faudrait pas pour autant négliger l’une des tâches essentielles à l’exercice d’un journalisme qualitatif qui consiste à vérifier ses sources.

Aussi, comme nous le rappelle très bien Alain Joannes dans une interview accordée au site web journalismes.info, si «Twitter est un extraordinaire espace de veille», il n’en reste pas moins que «beaucoup de chroniqueurs aujourd’hui surfent sur [l]e côté people, écartent l’info et ne conservent que le futile. Derrière chaque “twitt” il doit y avoir une information plus consistante, sinon c’est du marketing mais en aucun cas du journalisme.»

A bon entendeur

Sources : twitteradar.com, journalismes.info, rslnmag.fr

Texte rédigé par Marilyn Epée

Dossier N°2 : Le Guardian 2.0

Pour survivre à la crise de la presse écrite, certains grands titres choisissent d’innover, le Guardian, lui se réinvente. Ici, pas de colmatage de brèches ni de plans simplifiés mais un chantier ouvert qui intègre toutes les possibilités de l’ère 2.0. Car le quotidien britannique l’a bien compris ; il ne suffit plus aujourd’hui de produire un contenu populaire, il faut également penser au contenant.
Dans ce dossier, vous pouvez lire les détails de la stratégie du Guardian qui place les nouveaux modes de consommation de l’information au centre de ses préoccupations:
–    Le pari numérique du Guardian: les initiatives se multiplient, par Lucile Jeanniard
–    Le datajournalisme donne un coup de jeune au Guardian, par Damien Shernetsky
–    Le Guardian tente le pari du journalisme participatif, par Coralie Horgue
–    Le Guardian débarque sur Ipad, par Marilyn Epée
–    @GuardianTagbot: le robot-twitter qui cherche l’info pour vous, par Terence Caron
–    La fonction « application » sur Facebook au secours du Guardian, par Tania Messaoudi