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Ouest France se lance dans la réalité augmentée

“C’est une expérience inédite dans la presse française que vous propose, ce mercredi, Ouest-France en partenariat avec Artefacto”. Voilà la promesse que nous avait fait le plus grand quotidien régional français ce mardi 20 mars. Et le lendemain matin, les lecteurs n’étaient pas déçus: en dernière page du journal, Ouest France offrait l’opportunité de découvrir la réalité augmentée à travers cinq photos en 3D.

« Demain dans Ouest France, des photos en 3D… » annonçait Ouest France ce mardi 20 mars

Et cette initiative inédite dans la presse française n’a suscité (presque) que des réactions positives. Jugez plutôt avec cette sélection de tweets réalisée le soir même de la publication de photos en 3D par le journal…

La réalité augmentée, comment ça marche?

Reportage de France 3 Bretagne sur le sujet

Avant toute chose, il fallait se procurer le fameux quotidien. Première étape indispensable, que ce soit en format papier ou numérique. Une fois cette acquisition faite, le rendez-vous était donné à la toute dernière page du journal. Là, cinq photos n’attendaient plus que vous pour dévoiler leur secret… Vous téléchargiez alors gratuitement l’application OF3D (disponible sur l’Appstore et l’Androïd market) sur votre smartphone ou votre tablette numérique, vous positionniez correctement votre appareil sur l’image de votre choix, et hop, une japonaise en kimono ou un bâtiment surgissait de la photo.

“La photographie en relief, c’est un processus assez révolutionnaire pour un journal: au-delà du côté ludique et événementiel, il y a là un vrai champ d’investigation dans le domaine du business et de la publicité”, a expliqué Daniel Floch, Rédacteur en chef adjoint de Ouest France lors d’une présentation à Rennes.

Et Ouest France n’est restera pas là. Le quotidien compte recourir régulièrement à la réalité augmentée pour illustrer des sujets sur les aménagements urbains. Un bon buzz sur la toile qui ne restera donc pas sans suite.

Inédit… en France
Bref, vous l’aurez compris, le seul point noir de cette initiative originale et intrigante, c’est que seuls les plus chanceux (c’est à dire ceux qui possèdent un smartphone ou une tablette) peuvent en profiter. Cependant ces outils se répandent aujourd’hui de plus en plus. Ouest France a donc simplement choisi d’anticiper de quelques années (voire quelques mois) en se lançant le premier dans cette aventure de la réalité augmentée. Ou du moins… Le premier de la presse française. Car en effet, il y a deux ans de cela en Allemagne, ce type d’applications avaient déjà été expérimentées par quelques journaux, comme le Süddeutsche Zeitung. En Angleterre, ce sont les magazines de mode Harper’s Bazaar, Cosmopolitan et Company qui ont testé la réalité augmentée en octobre 2011 (>> découvrez ces initiatives européennes ici).

Encore du chemin à parcourir…
Ce mercredi 21 mars 2012, la presse française a fait un pas de plus vers le journalisme augmenté. Autrement dit, la presse française commence tout doucement à comprendre que le numérique peut lui apporter beaucoup si elle s’en sert correctement, c’est à dire en mettant à profit sa plus-value. Enrichir un article écrit de vidéos, mais aussi de liens hypertextes, de tweets (permettant de citer la parole des citoyens et directement insérés à l’article grâce par exemple à l’outil storify), de live, de datavisualisation et de tout ce qui peut créer une interaction avec le lecteur… C’est ça le journalisme sur internet. Et c’est sans doute en exploitant tous ces nouveaux outils que les journaux papiers arriveront à tirer profit de leur version web. Certains l’ont déjà compris

Prearltree sur le sujet

Texte rédigé par Lucile Jeanniard

HTML 5 : une alternative ambitieuse

Ce n’est plus un secret pour personne, dans le monde des médias, internet est en train de changer la donne. Smartphones, tablettes, applications numériques etc… de nouveaux supports d’information apparaissent tous les jours, rendant obsolètes leurs prédécesseurs. Aujourd’hui, un élément  pourrait encore une fois chambouler l’ordre établi : le HTML 5. Explications.

HTM…quoi ?
Commençons par le commencement. Qu’est-ce que le HTML au juste ?  HTML ou HyperText Markup Language est un des principaux langages de données conçu pour mettre en forme les pages web.  Ou dit plus simplement le HMTL est LE langage de structuration et de présentation d’une page web par excellence (également le plus ancien).
HTML 5ème du nom est donc le petit dernier d’une lignée qui essaye depuis 1989 d’offrir la meilleur opérabilité entre les différentes plateformes existantes (pc, mobile et désormais la tablette).

Les apports du HTML 5
Cette nouvelle version du HTML (honnêtement pas si nouvelle que ça puisque les tout premiers travaux concernant sa création remontent à 2003 avant d’être repris en 2007) apporte logiquement son lot d’innovations.

  • Une adaptation du contenu des pages web consultées suivant la taille de l’écran de l’appareil utilisé. Le HTML 5 permet de consulter n’importe quel site web sur n’importe quel support et de faire fonctionner les deux ensemble. Il arrive que parfois certains contenus de sites web soient trop volumineux ou simplement inadaptés pour apparaître sur un support autre que le PC. Avec le HTML 5, les sites web s’adapteront à leur supports de consultation et seront donc disponibles et utilisables aussi bien sur PC que sur mobile ou tablette. Pour observer ce redimensionnement automatique en action, visitez ce site sur lequel vous pouvez réduire la taille de votre page et observer comment le contenu s’adapte automatiquement en fonction de la taille de la fenêtre (attention ce site ne fonctionne que sous FireFox). Plus besoin donc pour les groupes de presse de dépenser de grosse sommes d’argent dans le développement d’une application smartphone ou tablette. S’ils utilisent le HTML 5 pour leur site, celui-ci s’adaptera suivant son support d’exploitation.
  • L’exploitation de contenus multimédias simplifiée. Le HTML 5 permet de faire tourner et d’afficher des contenus sur une page web (vidéo, animations, etc) sans recourir à l’installation d’une application externe nécessaire au bon fonctionnement de ce même contenu (l’exemple des animations Flash qui sans l’installation du programme flash ne peuvent être lues). Pour un site d’information, il sera donc beaucoup plus aisé de proposer aux lecteurs des compléments d’informations (audio, vidéo, etc) très facile d’accès et ainsi apporter une appréciable plus-value à l’information.
  • Les possibilités d’animation des pages Web. Autre nouveauté apportée par le HTML 5, l’animation de la structure des pages web. Attention il ne s’agit pas là d’un apport externe d’éléments animés comme des vidéos, mais de l’animation de la structure même de la page. Au lieu du défilement vertical du texte auquel on a droit aujourd’hui sur tous les sites, le HTML 5 permet d’insérer son texte sur une structure 3D. Démonstration en vidéo :

Pour voir d’autres exemples d’animations réalisables avec le HTML 5, c’est par .

Une fois appliqué aux sites d’informations en ligne, il est facile d’imaginer la plus-value apportée par le HTML 5 en termes d’exploitation et de retranscription de l’information (graphiques animées, vidéos, et bien plus encore). Là encore, les bénéfices seront doubles. Pour le journaliste d’abord qui pourra innover selon son envie, dans la structure du traitement de son information (graphique animé pour un article économique, frise chronologique composée de vidéos ou d’images d’archives pour un sujet plus historique, les possibilités sont nombreuses et variées). Pour le lecteur ensuite qui pourra consulter une information “sublimée” par son support c’est à dire complétée de différentes manières (structure 3D du texte, vidéo, audio, etc).


Parce qu’expliquer en détail toutes les évolutions apportées par le HTML 5 prendrait des heures (et nécessiterait un savoir en informatique que je ne possède malheureusement pas), je vais me contenter d’évoquer deux autres caractéristique du HTML 5 qui permet, par exemple, de séparer avec encore plus de précision les différentes parties d’une même page ou d’avoir recours à des outils, normalement utilisable en ligne, et qui une fois chargés dans votre navigateur, seront utilisables même sans connexion internet. Et quand on pense à ces nombreuses possibilités appliquées aux médias en ligne, l’attente peut être très grande.
Mais il faudra savoir se montrer patient, puisque le HTML 5 est encore en phase d’élaboration. Un work-in-progress qui nécessitera  plusieurs années avant de voir toutes ces évolutions complètement intégrées aux médias en ligne (même si une partie d’entre elles ont déjà été mises en pratiques).

Le Boston Globe, l’exemple à suivre ?

« Partout où vous êtes, sur n’importe quel support », c’est ainsi qu’est présenté le nouveau site du quotidien américain le Boston Globe. Lancée fin 2011, le site, est grâce au HTML5, accessible sur n’importe quel support. Le Boston Globe est un des premiers à miser sur le HTML 5 (en Europe le quotidien économique Britannique, The Financial Times, l’a précédé, avec son site conçu avec le HTML 5 et lancé en juin).


Pour le Boston Globe, l’utilisation du HTML 5 répond à un double enjeu :

  1. Avoir un même site d’informations complet et disponible, tous supports confondus, et ainsi avoir un gain de temps au niveau de la diffusion de l’information. Et surtout un gain d’argent. Plus besoin d’investir dans la création d’application pour tablettes, smartphones ou autres, le site est le même, le contenu aussi, seul le support change.
  2. Regagner une certaine indépendance, notamment vis à vis d’Apple et de ses exigences (dont les 30% de commissions perçu par la firme font partie).  Ainsi, le Boston Globe reste disponible sur le support développé par Apple, tout en contournant toutes les contraintes imposées par la firme de Cupertino (détaillées ici). Et même si pour cela, le quotidien américain a du renoncer à l’exposition offerte par l’App Store d’Apple.

Évidemment, les premiers échos font part de quelques contraintes de lecture, notamment sur tablette (le site n’a pas le confort d’utilisation d’une application développée spécialement pour ce support), mais il est plus que probable que d’autres éditeurs vont suivre une démarche similaire à celle du Boston Globe et ainsi, des solutions d’adaptation seront certainement développées.

Sources: 01.Net, Lunaweb, Stratégie Digitale

Texte rédigé par Florent Bovicelli