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Nouvelles technologies

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20m² de NPJ à Maurice

La générosité de l’UNESCO a permis à la petite île de Maurice de se mettre à la page. Avec un don de 27.000$ via l’ International Programme for the Development of Communication, l’Université de Maurice (UoM) a pu créer en 2008 Le Mediacom Studio, un centre multimédia complétant la formation en communication classique en y intégrant les dernières technologies. Une aubaine pour l’Université, qui ne disposait jusqu’alors d’aucun pôle spécifique pour la formation des futurs journalistes du pays.

A l’origine du projet, on trouve une chargée de cours en Média et Communication à l’Université de Maurice, Christina Meetoo, (Itv ici) qui depuis quelques années déjà rêve de créer un véritable studio multimedia dédiés aux étudiants afin de mettre en pratique les cours théoriques du cursus. A l’origine, les jeunes étudiants n’avaient accès que pendant quelques heures aux équipements du Mauritius College of the Air, institution de l’UoM pour les cours longue-distance, et ne pouvaient même pas les manipuler. Aujourd’hui, avec le Mediacom Studio, ils sont complètements autonomes et ont décuplé leurs heures de pratique. Grâce à cette petite structure de tout juste 20m2 qui leur est réservée!

Malgré la contrainte budgétaire, Christina Meetoo a voulu faire les choses en grand. « C’est mon époux, Avinash, qui est également chargé de cours en informatique à l’université de Maurice, qui a choisi et installé les équipements. Avec le budget dont on disposait, on a acheté le maximum d’équipements. Et une chose est sûre, le matériel ne risque pas d’être obsolète de si tôt », déclarait-elle au webjournal L’Express.mu pendant la mise en place du studio. Quatre iMac flambants neufs avec logiciels d’édition et de publication, camescopes HD (les caméras HD attendront l’entrée des aspirants journalistes à la MBC, la télévision nationale), un kit lumière avec trépieds, du matériel d’enregistrement audio numérique et même un écran LCD pour le visionnage post-montage de leurs reportages, avec le système Apple TV. Ce dernier fait de du téléviseur une extension de du iMac, iPod, iPad, iGadgetEnToutGenre.

La création du studio a bien sûr été accompagnée de la création d’un site web, sur lequel ces apprentis journalistes postent leurs reportages réalisés au Médiacom Studio. Mais Christina Meetoo et ses élèves ne se sont pas contentés du site web du Mediacom Studio et ont créé par la suite, en mars 2009, une chaine youtube, où toutes leurs productions vidéos sont visibles par le monde entier. De quoi donner de l’espace aux quelques 20m2 dans lesquels se cantonne le studio!

Grâce au dispostif mis en place, les étudiants en communication de l’Université de Maurice ont ainsi la possibilité de produire leurs propres reportages audios et vidéos, et même des émissions de radio. Le but est de leur donner les moyens de « créer des produits de niveau professionnel et de les diffuser à un large public ». Le rêve pour tout étudiant en journalisme!

La méthode Meetoo, qui a fait naître le studio, semble faire ses preuves. La chaine Youtube compte maintenant plus d’une cinquantaine de vidéos postées et a dépassé les 10 000 visites. Plus encore, et pas plus tard qu’en décembre dernier, les photographies de 8 de ses étudiants en première année de journalisme, réalisées dans le cadre d’un cours intitulé « Digital Imaging », ont été publiées sur le blog du New York Times pour illustrer le thème « Pictured: A World at 7 Billion ». Une belle consécration

Photographies:
Ali Mehboube Soliman, Breadboard ;
Coralie Sampson, Wheelbarrow ;
Sakinah Caunhye, Last catch

Texte rédigé par Caroline Chatelard

Côte-d’Ivoire 2.0

Dans le processus global de redressement de la Côte-d’Ivoire, après les bouleversements politiques qui ont accompagnés la première moitié de l’année 2011, il est intéressant de s’attarder sur un élément essentiel dans le développement d’un pays mais dont on ne parle que très peu lorsqu’il s’agit d’Afrique : les nouvelles technologies.

Et en Côte-d’Ivoire, les nouvelles technologies ont joué un rôle prépondérant dans l’essor économique du pays. Les TIC, portées essentiellement par la téléphonie mobile, ont un apport non négligeable dans l’économie générale. Ce secteur, qui représente aujourd’hui plus de 5% du PIB, a créé 6000 emplois directs et près de 100 000 emplois dans les secteurs dépendants des TIC. Depuis 2001, ce sont plus de 1200 milliards de Francs CFA qui ont été investi dans ce secteur d’activité. Par ailleurs, les TIC rapportent environs 200 milliards de Francs CFA aux pouvoirs publics.

Pourtant, la Côte-d’Ivoire n’était, jusqu’à présent, pas vraiment avant-gardiste dans le domaine. La dernière reforme des TIC, dans le pays, a eu lieu en 1995 et portait essentiellement sur le lancement de la téléphonie mobile et la privatisation de Côte- d’Ivoire Télécom. Si la Côte- d’Ivoire a connu une progression importante dans les TIC, elle le doit avant tout à la téléphonie mobile précisément. La part des Ivoiriens utilisant les mobiles a connu une augmentation foudroyante en quelques années. Dans le même temps, la concurrence acharnée que se livrent les opérateurs privés, de plus en plus nombreux, permet une diminution mécanique des prix, qui, elle-même, assure une accessibilité plus grande à la téléphonie, pour la population.

Cela dit, les efforts sont encore insuffisants et le Ministère des Postes et des Technologies de l’Information et de la Communication, dirigé par Bruno Nabagné KONE, cherche aujourd’hui à donner une ligne directrice aux projets dans les TIC. Dans les pages de Réseau Télécom Network, le ministre revient sur l’idée force de son projet, à savoir : « (…) développer, promouvoir et vulgariser les technologies de l’information et de la communication » ainsi que « (…) former une expertise nationale en matière de TIC. ». Aujourd’hui le monde professionnel est très largement dépendant des TIC. Aucun secteur d’activité ne semble y échapper et le ministre l’a bien compris « Les TIC doivent être utilisées comme effet de levier pour l’ensemble de notre vie sociale et de notre économie. » Ce que souhaite M. Koné  pour l’avenir, c’est le développement d’une véritable économie numérique.

Si le projet semble alléchant et ambitieux, il n’en est pas moins semé d’embûches. A l’heure actuelle, de nombreuses contraintes, structurelles et conjoncturelles viennent freiner ces velléités de développement des TIC.
Le cadre juridique, par exemple, est inadapté au développement de l’économie numérique. Pire encore, la Côte- d’Ivoire, comme bien des pays d’Afrique, accuse un retard phénoménal dans le lancement de la 3G.  Par ailleurs, si on a observé une massification de la téléphonie mobile depuis 1995, il n’en va pas du tout de même pour les autres équipements informatiques, à commencer par la couverture internet. Le trop petit nombre de personnes formées aux TIC provoque une pénurie en ressources humaines par rapport à la multiplication des usagers, ce qui tend également à freiner le développement du secteur.
Enfin, la cybercriminalité reste un problème très mal appréhendé par les pouvoirs publics.

Si le développement des TIC est une idée complexe, dont la mise en pratique s’avérera certainement très longue, la Côte- d’Ivoire a néanmoins eu le mérite de lancer un projet ambitieux alors qu’elle sort tout juste de plusieurs mois de troubles. Au ministre de conclure : « Nous sommes encouragés par le Président de la République et le Premier ministre, tous deux convaincus de la fabuleuse opportunité que représente les TIC pour notre pays. »

Texte rédigé par Giovanni Djossou