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Metro Montréal

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Métro et la presse gratuite: demandez l’édition spéciale!

La presse est en crise; de moins en moins de personne lisent les journaux papier. Vraiment? Et la presse gratuite dans tout ça? A Montréal, les journaux gratuits n’en finissent pas d’attirer des lecteurs. Horizons Médiatiques a décrypté les raisons d’un tel engouement avec Eric Aussant, le rédacteur en chef de l’édition montréalaise du journal Métro.

L ’île de Montréal, c’est le quart de la population du Québec. Autant de lecteurs potentiels pour les journaux. Depuis 10 ans, Métro occupe la place de leader de la presse gratuite et même de la presse en général. Les chiffres sont assez significatifs: 670 points de distributions, 790 500 lecteurs hebdomadaires, une croissance de 13% en 2012.

«L’idée de base, c’est de se dire que le moment des déplacements dans les transports en commun n’est plus perdu puisqu’on s’y informe, affirme Eric Aussant. Métro est allé chercher des lecteurs qui ne lisaient pas les journaux traditionnels.»

Ça, c’était il y a dix ans. Depuis, la bataille fait rage dans les rues de Montréal entre Métro et son rival 24h, qui appartient au groupe Québécor. Pour tirer son épingle du jeu, Métro a deux armes: Les rédacteurs en chef invités et les éditions spéciales.


 

Inviter un artiste ou une personnalité à endosser  le costume de rédacteur en chef le temps d’un numéro est un exercice qui a fait ses preuves (on peut citer l’exemple de Libération qui fait souvent appel à cette formule). Métro a franchit le pas voilà quelques années déjà. Plusieurs fois dans l’année, toutes les éditions mondiales reçoivent leurs directives éditoriales d’une célébrité. James Blunt, Lady Gaga ou encore Karl Lagerfeld ont déjà tenté l’expérience. Mais le plus souvent, ce sont des personnalités locales qui investissent la salle de rédaction et en prennent le contrôle, le temps d’un numéro spécial dont le succès découle, entre autre, de la campagne publicitaire qui le précède.

« Lorsque l’ex ministre des finances du Québec Monique Jérôme-forget a accepté de prendre ma place, ce fut vraiment intéressant de l’entendre parler de son métier. Idem quand l’homme politique Mario Dumont est venu puisque c’était sa première sortie publique après sa démission de l’Action démocratique du Québec. Quant aux artistes, il est difficile d’en citer quelques uns mais l’équipe de la série Passe Partout et le conteur Fred Pellerin ont beaucoup marqué l’équipe », explique le rédacteur en chef.

Le choix de l’invité ne se fait pas au hasard. L’heureux élu doit avoir un regard particulier sur les évènements présents ou faire lui même parti de l’actualité.

 

L’autre grande différence de Métro par rapport à ses concurrents, c’est son appartenance à un réseau mondial. Près d’une centaine d’édition coexistent en effet à travers le globe. Fort de cela, le journal est en mesure de distribuer plusieurs fois dans l’année des éditions spéciales: Spécial Bonheur, édition verte, Saint-Valentin, spécial enfant ou encore édition rose se succèdent tout au long de l’année.

Enfin, Métro s’appuie largement sur des interventions de chroniqueurs externes ; humoristes, polémistes, hommes politiques, activistes, sont, en effet, invités à donner leur avis sur l’actualité. Et cela fonctionne assez bien. Chaque semaine, les frasques des Justiciers Masqués (un duo comique) dans les pages du journal, font couler beaucoup d’encre et sont très largement partagés sur les réseaux sociaux.

«Le choix de nos chroniqueurs est souvent fait par fidélité. Beaucoup sont là depuis le début. Je pense que chacun amène un point de vue intéressant pour notre lectorat », déclare Eric Aussant.

Texte rédigé par Maxence Knepper

Le journalisme web, l’avenir du papier?

Métro Montréal est un journal bien dans son temps. Né il y a dix ans sur le papier, le média développe depuis 2008 une plateforme d’information sur internet. Rencontre avec l’équipe web du journal pour savoir ce que ce bouleversement a changé dans leur quotidien et leur vision du journalisme.

Tous les matins, dès 4 h du matin, les lecteurs peuvent, à chaque coin de rue et devant chaque bouche du métro montréalais, assouvir leur soif d’information grâce aux nouvelles qu’ils lisent dans le quotidien gratuit Métro. Les plus interactifs peuvent pourtant, et depuis 2008, lire ces infos sur la Toile, la veille. La raison de ce prodige? Une équipe de journalistes web assez réactive.

Et Dieu créa le Web journalisme
L’intrusion du Web dans le journalisme est la principale innovation qui a touché la profession au courant des années 2000.
«Il y a un coté gestion chez le journaliste web que n’a pas forcement le journaliste traditionnel, affirme Audrey Lavoie, journaliste web. Et il y a la rapidité. On ne travaille pas pour le journal de demain mais pour l’immédiat.»
La promotion de ses articles sur les réseaux sociaux et les échanges interactifs entre professionnel est une donnée qui paraît aujourd’hui très banales mais qui, il y a dix ans, n’étais pas du fait des journalistes.
Pour Christian Duperron, directeur des plateformes interactives, le passage au numérique a révolutionné son mode de travail. «Au départ, j’étais journaliste papier. La transition s’est faite quand on a crée un site web pour accompagner le format papier. Tout cela a changé notre rapidité d’exécution.»
Il est désormais primordial d’avoir l’information le plus rapidement possible, de les construire très vite et de la mettre en ligne alors même qu’elle n’est pas achevée, selon le journaliste. La règle principale demeure la rapidité.
Pour autant, le journalisme Web, ce n’est pas seulement rajouter des liens hypertextes à un papier. «Je suis tanné d’entendre les gens dire qu’il faut rajouter des vidéos et des hyperliens. Nous sommes en 2012. Le web journalisme, se n’est pas écrire comme en 1992 et rajouter un lien, C’est une manière de penser, c’est aussi faire les choix des intervenants grâce au support.»

Allier les supports en les différenciant
Est-ce qu’avoir un site internet, ce n’est pas juste un gadget qui répète les informations déjà présentes sur les pages du journal?
Pas tout à fait pour Rachelle McDuff, co-directrice de l’information.
«Chez Métro, nous traitons nos deux supports comme deux médias très différents. Certains articles ne vont que sur le web, d’autres ne font l’objet que de brèves sur le papier et sont davantage développés sur internet. L’information ne prend pas la même forme d’un format à l’autre.»
Autre différence, le site web se focalise sur l’hyperlocal alors que la version papier est plus généraliste. Metro essaye de toujours illustrer ce qui se passe à Montréal au même moment sur sa page d’accueil.

Le numérique va-t-il tuer le papier?
«À court terme, il est clair que le le web ne tuera pas les journaux physiques, explique Audrey Lavoie. Mais a long terme le support électronique devrait prendre davantage de place, notamment avec la popularité des tablettes. »
Cela dit, un journal comme Métro n’a de sens que sur papier puisque c’est un journal de transport, un canard distribué aux passants.
Perdre les journaux tel que nous les connaissons aujourd’hui, c’est perdre la relation privilégiée et tactile qu’on lie au papier, celle du café accompagné du froissement des feuilles, affirme la journaliste de Métro qui reconnaît pourtant s’informer principalement sur le web.
Pour d’autres membres de l’équipe, la cohabitation entre les deux formats est possible et le journal Métro en est le bel exemple. « On lie de plus en plus de liens entre les supports et les plateformes, mais certaines choses ne seront jamais vraiment «web friendly», affirme Anicée Lejeune, une autre journaliste web de la rédaction.

La nostalgie du Papier
Anicée redoute la disparition du papier avec lequel elle a grandit et avec lequel elle a commencé sa carrière. «Je serai toujours une journaliste papier dans l’âme», confie la journaliste.
«Si nos journaux papier venaient à disparaître, je serai forcement nostalgique, mais j’ai quand même espoir dans les possibilités qu’offre les tablettes et leur portabilité. Rien ne remplacera le sentiment de lire un journal papier. Pour autant, la nostalgie ne s’entend que pour ceux qui ont grandit avec le papier. Mon fils ne sera surement pas nostalgique du papier si il venait a disparaître », conclut le directeur des plateformes interactives de Métro.

L’équipe du Journal Métro Montréal

Texte rédigé par Maxence Knepper