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JO 2012: les nouveaux médias au service du sport

Dans 81 jours très exactement, le monde entier aura les yeux rivés sur Londres, capitale organisatrice des Jeux Olympiques de 2012. En attendant le grand jour, Alex Balfour, à la tête de New Media pour les Jeux Olympiques et Paralympiques Londres 2012 paufine sa stratégie pour mettre les nouveaux moyens de communication au service de cet événement sportif mondial.

Qu’on soit passionné de sport ou non, on a peu de chance d’échapper à cet événement sportif planétaire. Pour l’édition 2012, les Jeux Olympiques impliquent 205 nations, 15 000 athlètes, 20 000 journalistes et représentants de médias et 7 000 volontaires ; un challenge de taille en terme de communication, dans un paysage médiatique qui a bien changé depuis les derniers Jeux de 2008 à Pékin. En 4 ans, le haut débit a remplacé le dial-up (modem fonctionnant avec une ligne téléphonique), l’accès à la 3G s’est rependu et la popularité des réseaux sociaux n’est plus à démontrer.

Le comité New Media en charge de la communication pour la manifestation sportive compte bien mettre à profit ces avancées technologiques; surfant sur cette vague des nouveaux médias, le comité lancera deux applications pour smartphones : l’une répondant au nom de « Join In », qui suivra le parcours de la torche olympique et fournira des informations à propos des événements culturels, l’autre intitulée « Results » qui donnera, aussi surprenant que cela puisse paraître, les résultats de la compétition en temps réel. Le site internet du comité des jeux London 2012 invite les gens à s’enregistrer pour suivre en temps réel l’actualité de la manifestation sportive. Jusqu’à présent, 4,3 millions de personnes s’y sont inscrits mais Alex Balfour espère bien voir les adhésions augmenter à mesure que les Jeux Olympiques approchent. Au menu du site internet tout de fluo vêtu, une description de chaque discipline, une biographie des athlètes et bien sûr un calendrier pour ne rien rater . Des photos de Getty, photographe officiel de l’événement, seront aussi disponibles en ligne ; aucune vidéo en revanche puisque le diffuseur officiel en a l’exclusivité.

En attendant le début de la manifestation sportive le 27 juillet prochain,
les visiteurs du site Getty Images peuvent admirer des photos de
Londres ainsi que des précédents Jeux Olympiques.

Considérant les médias sociaux comme une véritable opportunité pour les Jeux Olympiques, Balfour encourage chacun à partager à travers Facebook et Twitter. « Ce qui est nouveau pour un événement de cette envergure, c’est que les sportifs seront eux aussi actifs sur les réseaux sociaux, explique-t-il. Cela plongera les spectateurs au cœur de la vie de leurs sportifs favoris ». Un bon moyen donc pour recueillir les impressions d’un athlète après un exploit sportif et pour accéder à des tweets qui entreront peut être dans la posterité. Le comité responsable de la communication a en effet créé un compte dès le 2 février 2009, @London2012 destiné à stimuler l’interaction avec les followers (496 587 au moment où ces lignes sont écrites) et les renvoyant régulièrement sur les comptes d’athlètes participant à la compétition. Le comité, en prise directe avec les amateurs de sport surveillera au plus près les réseaux sociaux afin d’analyser les sujets qui intéressent les internautes et de répondre à leurs attentes. Cette année, les amateurs de sport devraient plus que jamais être au coeur de l’événement.

London2012 met l’interaction avec ses followers au coeur de ses préoccupations

Texte rédigé par Tania Messaoudi

Kpakpatoya : du commérage à la diffusion de l’information

En argot ivoirien, le kpakatoya, est un commérage. Mais depuis près d’un an, Kpakpatoya, c’est également une communauté en ligne, chargée de rapporter et de faire circuler scoops, révélations et infos divertissantes.

Un hashtag qui fait le buzz sur le net, ou comment tout a commencé.
2011, période de crise en Côte d’Ivoire, le besoin de décompresser d’une douloureuse actualité se fait sentir dans la communauté virtuelle ivoirienne. Progressivement, le hashtag #kpakpatoya va ainsi prendre une ampleur considérable sur Twitter, en fédérant autour de lui de plus en plus d’internautes. Sport, technologies de l’information et le la communication, histoires drôles, ou même vie quotidienne, tous les thèmes sont bons à aborder et à diffuser sous cette appellation, tant qu’il ne s’agit ni de politique, ni d’insultes. Au simple tag viendra s’ajouter assez vite une page Facebook du même nom, qui obéira exactement aux mêmes principes. Jusqu’à ce qu’en avril de la même année, Necemon, un internaute, décide de prendre les choses en main.

Compte facebook de Kpakpatoya

Du Tweet au site
Après avoir découvert le buzz que génère le tag, Necemon Yai, infographiste et développeur de profession, entame alors quelques investigations, pour tacher d’en savoir davantage. L’homme va alors rapidement s’apercevoir qu’aucun site n’est encore dédié au Kpakpatoya. Séduit par l’originalité du concept, et certain de son potentiel, il va alors prendre l’initiative d’acheter le nom de domaine, et créer, en une nuit, kpakpatoya.com .Le site, initialement construit autour de la reprise du flux des tweets  taggés “kapkatoya”, va rapidement remporter un vif succès :«J’ai immédiatement publié le lien du site sur Twitter, en prenant soin de mentionner les twittos les plus actifs autour du tag. Ces derniers ont apprécié, et diffusé le lien. C’est ainsi que le site a officiellement été lancé», explique Necemon. Dans la foulée, ce passionné du net créé le compte twitter @kpakpatoya, pour parvenir à une meilleure gestion de la communauté.

Site web de Kpakpatoya

La complémentarité des trois réseaux.
Suivre une discussion, se retrouver autour d’un thème, échanger des informations d’actualité, sérieuses ou non. Voilà ce qui pousse aujourd’hui les sympathisants de la culture ivoirienne à partager le Kpapkatoya. Avec presque 500 fans sur la page Facebook, plus de 300 followers du @kpakpatoya sur Twitter, sans compter les visiteurs du site, et autres simples utilisateurs du hashtag, on peut dire aujourd’hui que la complémentarité du concept connaît un beau succès. Le site, qui s’est peu à peu développé, propose actuellement quelques services. Avec plus ou moins de réussite, Necemon a tenté d’y intégrer quelques applications, telles qu’un forum de discussion ou un blog. En ce moment, le site relaie même en temps réel un condensé de l’actualité nationale et internationale depuis quelques sources majeures, parmi lesquelles on retrouve Jeune Afrique, Abidjan.net, TV5 ou encore France 24. Prochainement, cette pluralité de réseaux autour d’une communauté pourrait enfin accueillir un petit dernier, sous la forme d’une plateforme permettant de faciliter encore les échanges.

A réseaux multiples, gestion participative.
Pour parvenir à se propager ainsi sur la toile, rien de mieux qu’une gestion participative du projet. Si Necemon s’occupe davantage des publications sur le compte Twitter, et de l’organisation du site internet, de nombreux administrateurs se cachent en revanche derrière la page Facebook, de manière totalement décentralisée : les plus actifs, Cyriac et Ceschod, mais également Edith, community manager de profession, ou encore le journaliste Israël Yoroba, qu’on ne présente plus, et enfin, Mariam ou Honorine.  Tout un beau monde réunit pour que la communauté puisse vivre conformément à ses aspirations, à savoir « dans l’amour, la fraternité, et la bonne humeur ».

Texte rédigé par Cerise Assadi-Rochet

L’actualité en temps réel avec Bambuser

Diffuser l’information de manière rapide et originale, tel est le pari de Bambuser, la toute nouvelle application d’une société suédoise spécialisée dans “live video stream” (diffusion de vidéo en direct) sur téléphone mobile. Bambuseur permet aux propriétaires de plus de 300 modèles de smartphones de partager sur leurs comptes Facebook, Twitter ou sur leurs blogs tous types d’évènements filmés par leur soin, au moment même où ils se déroulent.

Les utilisations de ce procédé peuvent être multiples: proposer de suivre en direct une conférence de presse , une manifestation ou une émeute, un incendie, ou simplement illustrer un article sur une pénurie d’essence comme l’a fait un journaliste de Sky News, Nick Martin. Même si l’utilisation de cette technologie reste pour l’instant limitée à des évènements ponctuels  et que les principaux médias concernés viennent de Scandinavie, Bambuser offre une nouvelle dimension à l’information et ouvre des perspectives prometteuses pour les journalistes professionnels et amateurs à travers le monde.

Présentation de Bambuser sur twitter

L’exemple le plus frappant est la couverture au Caire en 2010 du bloquage d’un batîment du gouvernement pour protester contre la nomination au poste de premier ministre de Kamal el-Ganzouri par l’armée égyptienne. C’est sur ce genre d’évènements que la transmission vidéo en direct peut prendre tout son intérêt, même si elle empêche la mise en forme de l’information. Cette nouvelle arme de la presse inquiète d’ailleurs les gouvernements au point de bloquer l’accès au site dans leur pays comme l’a fait l’Egypte et le Barhain pendant le printemps arabe de 2011, ainsi que la Syrie en 2012

Preuve que cette initiative n’est pas un épiphénomène, de l’autre coté de l’Atlantique, plusieurs sites comme Ustream, Justin.tv et Qik (ces deux derniers sont sur le même créneau “mobile” de Bambuser) proposent la diffusion vidéo en live, même si leur utilisation est moins agréable du à une grande part de publicités pour rentabiliser le service.

Ce qui est certain, c’est que le live streaming est en pleine expansion et devrait permettre aux sites d’informations qui cherchent à accroitre leur notoriété, de connaitre le même succès que celui des chaînes d’information en continu.

Texte rédigé par Terence Caron

« Control Panel » : La BBC teste un nouveau module pour personnaliser l’information

Le Control Panel (panneau de contrôle) est un module du réseau social Facebook, qui permet aux internautes de contrôler les alertes qui s’affichent sur leur “mur”. La BBC a pris l’initiative de bêta-tester cette nouvelle technologie afin que les lecteurs puissent filtrer le flux d’informations émanant de la page officielle BBC News du journal.

Le principe est simple: après avoir “aimé” la page BBC News, l’internaute doit uniquement cliquer sur le “j’aime/like” des différentes sections pour ajouter les alertes à son fil d’actualité. Le choix des catégories est identique à celui du site Internet BBC News: on retrouve les sections World (Africa, Asia, Europe, Latin America, Middle Est, US & Canada), UK (England, Northern Ireland, Scotland, Wales), Business, Health, Sci/Environment, Technology et Entertainment. Petite nouveauté, un ajout de catégories qui ne sont pas présentes sur le site internet tel que Arts, Education, Other (Magazine, Also in the News) ou Politics.

Un nombre de « j’aime » qui varient de 500 à plus de 22000 (22k)…

Un filtrage de données mais surtout…de personnes

La singularité du Control Panel, c’est de pouvoir choisir d’avoir ou non les flux de publications des journalistes de la BBC. Plutôt que de laisser les rédacteurs, rédacteurs en chef ou correspondants dans l’ombre, la chaîne a choisi de les mettre en valeur par leur nom, photo et fonction. Le lecteur s’identifie alors à un journaliste qui gère un domaine qui lui est proche (par exemple, la technologie) ou une géographie qui l’intéresse particulièrement (exemple: Damien Grammaticas s’occupe de Pékin). Un moyen d’être plus proche du journaliste donc plus proche de l’information.

Les correspondants, pas connus du grand lectorat, ont pour l’instant un score assez timide (de 37 à 397 “j’aime”) comparé aux 30 000 et 13 000 des programmes TV NewsNight et radio Breakfast, les lecteurs restants fidèles aux catégories traditionnelles du site qu’ils connaissent mieux.

Un score encore timide, pour les correspondants, au 13 mars 2012.

Même technique de personnalisation pour les programmes TV et radio de la chaîne, qui, avec des scores allant du millier à plus de 30 000, dépasse largement l’intérêt accordé aux articles web.

Radio, Tv et web: les trois plans d’attaque de la BBC.

Plus personnel, le Control Panel répond aux attentes du lecteur et dévoile une tendance générale: les lecteurs sont aujourd’hui sur le net et ne délaisse en rien la télévision et la radio. De plus, il permet à l’enseigne de connaître clairement les goûts et attentes de ses visiteurs. Une bonne technique pour attirer un lectorat plus jeune, qui en temps normal, délaisse l’information via facebook, faute d’un trop plein d’alertes et de sujets qui ne les intéresse pas forcément. Par le Control Panel, la BBC utilise à bon escient un marché illimité qu’est le marché facebook; et mène une très bonne campagne de communication quand on voit que la page BBC News possède déjà plus de 280 000 fans et que la chaîne BBC a déjà crée une soixantaine de pages fan allant de la “BBC London 2012“  à “BBC Comedy” en passant par “BBC Nepali” (un exemple des nombreuses variantes linguistiques de la chaîne)…

Source: La social NewsRoom

Texte rédigé par Coralie Horgue

Internet : l’info taillée sur mesure grâce aux infomédiaires

C’est un fait avéré : la toile est aujourd’hui une source d’informations colossale. Elle est d’autant plus sollicitée par les lecteurs avides de news qu’elle met à disposition des contenus actualisés, gratuits et en provenance du monde entier. Le tout, en seulement quelques clics.  Mais si Internet fournit une multitude d’informations, il est aussi victime de son succès, le revers de la médaille étant que l’internaute peut très vite se retrouver submergé par une multitude de  contenus et avoir du mal à accéder à l’information recherchée. Pire encore, il peut avoir des difficultés à discerner l’info de l’intox. C’est à ce moment là que le rôle des infomédiaires prend toute son ampleur.

 Définition
Ce terme est un néologisme construit à partir des termes “information” et “intermédiaire”. Un infomédiaire est donc un intermédiaire entre l’information et le lecteur. Chronologiquement, le premier infomédiaire serait le moteur de recherche, puisque déjà à l’ère du web 1.0, on pouvait facilement accéder à des sites d’informations en passant par Yahoo, Wanadoo ou Google.
Aujourd’hui, l’infomédiation va beaucoup plus loin puisqu’elle est personnalisée. Autrement dit, le lecteur a dorénavant la possibilité de décider de l’information qui lui sera communiquée. Il n’est plus contraint à se plier à la liste infinie de liens édités par le moteur de recherche. A travers cet article, je vous propose donc de faire un tour d’horizon des nouveaux infomédiaires. Des réseaux sociaux, aux agrégateurs de contenu, en passant par les alertes e-mail et les plateformes de curation.

 Les réseaux sociaux
L’information via les réseaux sociaux connaît un succès grandissant, surtout auprès de la jeune génération qui s’informe en grande partie sur Internet et notamment sur ces réseaux. Ces infomédiaires ayant un fonctionnement bien particulier, il est nécessaire que les médias s’y adaptent s’ils veulent atteindre leur cible. La plupart du temps, cela se manifeste par la mise en place d’applications accessibles via le réseau social, permettant un accès facile à l’information.
Sur Facebook, par exemple, il est possible d’ « aimer » la page d’un journal et par conséquent, de recevoir sur sa page d’accueil les informations en provenance du journal en question. La célèbre invention de Mark Zuckerberg constitue ainsi un apport crucial pour les sites d’information puisque nombre d’entre eux récupèrent une partie de leur audience via le réseau social.

En étant « fan » de 20minutes.fr, je reçois directement sur ma page d’accueil Facebook les infos provenant du journal. 

Twitter est également un infomédiaire efficace. Il est d’autant plus intéressant que la concision qu’il requiert (140 caractères max par tweet) participe à la clarté du message.  L’accès à l’information y est personnalisé puisque l’on ne reçoit que les tweets des abonnements que l’on suit. L’information désirée défile sous nos yeux et cet infomédiaire est aussi passionnant parce qu’il puise sa force dans son caractère instantané et dans son pouvoir de diffusion rapide. Le risque étant néanmoins de perdre le fil de l’info et de ne plus s’y retrouver si l’on a trop d’abonnements.

Sur la page d’accueil de mon profil Twitter, je ne reçois que les tweets de mes abonnements.

Les agrégateurs de contenu
Un agrégateur de contenu permet à l’internaute de rassembler les informations qui l’intéressent sur une seule et même page. Ces informations, tirées de divers sites web, se présentent sous forme de modules. Elles sont mises à jour quotidiennement et automatiquement. Ainsi, lorsque l’internaute ouvre la page de son agrégateur, il a un aperçu rapide des modules d’informations qu’il aura mis en place. Parmi les agrégateurs de contenus les plus populaires, nous retiendrons iGoogle ou encore Netvibes. Autres interfaces intéressantes, Webwag et Rssnewsbox sont des agrégateurs de flux RSS (voir explication ci-dessous).

 Sur la page d’accueil de mon agrégateur de contenu iGoogle, j’ai un aperçu des infos provenant des sites internet qui m’intéressent, grâce aux modules que j’ai mis en place. J’ai également la possibilité de créer des onglets (à gauche) pour classer mes différents modules.

Pour recevoir les informations des sites internet que l’internaute a choisi de mettre en avant dans son agrégateur de contenu, il doit s’abonner aux flux de ces sites. Ces derniers sont produits automatiquement, en fonction des mises à jour des sites en question et apparaissent souvent en bas de page. On les reconnaît car ils se présentent sous la forme du logo ci-dessous. On parle de flux RSS.

Les alertes
Lorsqu’il créé une messagerie, l’internaute a également la possibilité de créer des alertes en choisissant les sujets qui l’intéressent. Par exemple, s’il recherche activement un stage en journalisme, il peut créer l’alerte “stage journalisme” et sera prévenu sur son adresse e-mail de la publication d’articles comprenant cette expression, quotidiennement. Gmail, la messagerie de Google permet de créer ce type d’alerte.

 

Alerte « stage journalisme » sur ma boîte Gmail

Dans le corps du mail, un lien vers l’article comprenant les mots « stage » et « journalisme »

Les plateformes de curation
Certains individus se positionnent comme des infomédiaires à part entière. Ils effectuent un travail de recherche, de tri de l’information et proposent aux internautes une sélection de contenus sur une thématique donnée. A mi chemin entre le veilleur et le journaliste, ils se proposent d’être les intermédiaires entre le lecteur et les sites d’informations. Ces individus, on les appelle les curateurs.  Un nouveau métier du web, conséquence directe du développement de l’infomédiation.

Pour la petite histoire

Historiquement, le curateur appartient au domaine des arts et exerce sa fonction au sein des musées. Son rôle : choisir, trier et sélectionner des œuvres pour exposition, dans l’optique de mettre en lumière une thématique sur laquelle le spectateur est amené à s’interroger. Dans le cadre du web, le curateur est soumis aux mêmes fonctions de tri, de filtrage et de sélection, appliquées cette fois-ci à du contenu. Ainsi, il va définir un thème précis et réunir autour de ce thème une sélection de sources issues d’Internet qu’il diffusera sur une plateforme. Le but étant de synthétiser, d’éditorialiser et de fournir à l’internaute une sélection des contenus les plus pertinents sur un sujet donné.

 

Pour exercer leur activité, les curateurs de contenus utilisent des plateformes. Elles présentent les contenus de manière différente (modules, perles, etc.) et chacun y trouvera son compte. Parmi ces plateformes, on retiendra les exemples de Pearltrees, Scoop it ou encore Paperli, qui a la particularité de permettre au curateur de créer un journal quotidien public personnalisé, composé d’articles provenant des comptes Twitter qu’il suit.

Pearltrees sur le thème des serious games // par Lucile Jeanniard

Scoop it sur le thème des réseaux sociaux // par Stéphane Favereaux

Paperli proposé par Yannick Chavanne (Protextuel)

Que tirer de cette analyse ?
Sans doute, l’évolution des infomédiaires vers un rapport plus personnalisé s’inscrit dans le développement logique des usages de l’individu post moderne. Grâce aux infomédiaires, le consom’acteur choisit en amont ses sources d’information. De cette manière, il gère et maîtrise les contenus qu’il reçoit.
Pour ce faire, il est nécessaire qu’il soit familier aux nouveaux outils qu’implique cette nouvelle forme de consommation médiatique. Des outils qui peuvent parfois représenter un obstacle pour les non habitués de l’univers numérique. Ainsi, il sera  plus facile pour un digital native de manier l’infomédiation que pour un digital immigrant. Mais ça, c’est une autre histoire.

Texte rédigé par Marylin Epée

Dossier N°2 : Le Guardian 2.0

Pour survivre à la crise de la presse écrite, certains grands titres choisissent d’innover, le Guardian, lui se réinvente. Ici, pas de colmatage de brèches ni de plans simplifiés mais un chantier ouvert qui intègre toutes les possibilités de l’ère 2.0. Car le quotidien britannique l’a bien compris ; il ne suffit plus aujourd’hui de produire un contenu populaire, il faut également penser au contenant.
Dans ce dossier, vous pouvez lire les détails de la stratégie du Guardian qui place les nouveaux modes de consommation de l’information au centre de ses préoccupations:
–    Le pari numérique du Guardian: les initiatives se multiplient, par Lucile Jeanniard
–    Le datajournalisme donne un coup de jeune au Guardian, par Damien Shernetsky
–    Le Guardian tente le pari du journalisme participatif, par Coralie Horgue
–    Le Guardian débarque sur Ipad, par Marilyn Epée
–    @GuardianTagbot: le robot-twitter qui cherche l’info pour vous, par Terence Caron
–    La fonction « application » sur Facebook au secours du Guardian, par Tania Messaoudi

La fonction “application” sur Facebook au secours du Guardian

En septembre dernier, lors de la conférence annuelle de Facebook dévoilant au grand public les nouveautés du site, Mark Zuckerberg (P-DG du réseau social) a annoncé le lancement de l’application du quotidien The Guardian sur son site. Comme le Washington Post ou the Wall Street Journal, The Guardian a choisi de s’appuyer sur le géant des réseaux sociaux pour transmettre l’information. Un choix qui annonce une nouvelle manière d’écrire pour séduire un nouveau lectorat.

Le 22 septembre 2011, à l’heure où les écoliers reprenaient le chemin de l’école, le journal The Guardian a préféré emprunter le chemin des réseaux sociaux avec le lancement de son application sur Facebook. Le but de cette application est de s’appuyer sur une fonctionnalité déjà familière aux utilisateurs du géant Facebook pour leur faire découvrir la qualité du contenu du Guardian. L’application du quotidien britannique mise sur l’expérience de l’accès à l’information sans quitter Facebook,tandis que The Independent ou encore Yahoo! News ont fait un pari différent; leur application renvoie directement sur leur site d’information.

Cette application présente l’avantage de proposer aux lecteurs une sélection d’articles plus personnelle et donc plus pertinente. Pour Meg Pickard, la responsable du développement des médias sociaux du Guardian Media Group il s’agit également d’attirer de nouveaux lecteurs potentiels, incités par les interactions, notifications et autres articles du Guardian publiés sur le mur de leurs amis. Objectif atteint puisque l’application compte déjà 2,2 millions d’utilisateurs actifs par mois. Un succès qui se traduit  par une moyenne très honorable d’un million de pages vues chaque jour. A noter que les moins de 25 ans représentent plus de la moitié des utilisateurs  de l’application; rien d’étonnant à cela puisque parmi les 750 millions d’utilisateurs de Facebook, 46% ne dépassent pas le quart de siècle. Andrew Miller, directeur général de la maison mère Guardian Media Group se félicite de ces résultats, évoquant la difficulté pour les nouvelles organisations d’atteindre cette tranche de la population.

Devant de telles statistiques des questions se posent :  The Guardian, et plus généralement les journaux présents sur les réseaux sociaux sont-ils en passe d’adapter le format et le contenu de leurs articles à l’âge de leur nouveau lectorat? Lorsqu’on sait que les moins de 25 ans sont réfractaires aux articles trop denses, aux termes trop complexes et leur préfèrent les vidéos, la question est loin d’être inintéressante.

Une autre incertitude liée à l’application concerne la confidentialité des articles consultés. En effet,l’application Facebook du Guardian enregistre et partage tous les articles lus par son utilisateur,tout comme l’application Yahoo! News. Les articles apparaissent dans le fil d’information mais aussi dans une boite d’information sur le profil de l’utilisateur. Concrètement,les articles consultés par l’utilisateur via l’application sont visibles par ses amis. Moyennement glamour pour les amateurs d’articles à propos du saucisson brioché (dans le meilleur des cas). Le blogueur Dave Winer, dans un billet intitulé «Facebook is scaring me » (Facebook me fait peur) apparente cette nouvelle fonction à un logiciel malveillant : « Cette fois ils font quelque chose d’effrayant, qui ressemble à un virus. Ce genre de comportement mérite un nom péjoratif, comme le phishing, le spam ou le cyber-espionnage  ».

Mark Zuckerberg a déclaré à la fin de la conférence, à l’attention des développeurs « Il faut repenser certaines industries! ». Il y a fort à parier que la révolution des médias par les réseaux sociaux ne fait que commencer… Le patron de Facebook n’a donc pas fini de nous surprendre!

Texte rédigé par Tania Messaoudi