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La biélorussie préfère le papier au web pour preserver la liberté de la presse

La Biélorussie (devenue officiellement La République du Bélarus en 1991) est le pays d’Europe où la liberté de la presse est la moins respectée. Classé 168e sur 179 au classement « La liberté de la presse dans le monde en 2012 » établit par Reporters sans frontières, le pays doit son rang médiocre à son régime politique autoritaire, dernière dictature européenne qui confisque leur liberté aux médias d’information.

La situation du Bélarus reste la plus préoccupante au sein de l’Europe

En 2012, le Bélarus a eu le triste privilège de rejoindre le cercle très fermé des “ennemis d’internet” dont la liste des membres a été dévoilée le 12 mars dernier par Reporters sans frontières. La république parlementaire d’Alexandre Lukachenko rejoint la Chine, la Corée du Nord ou encore Cuba, des pays dans lesquels « problème d’accès, filtrage sévère, traque des cyberdissidents et propagande en ligne » sont fournis avec l’abonnement à internet, selon RSF. Pire, la loi n°317-3 entrée en vigueur le 6 janvier 2012 dans le pays a durci la surveillance du  net en se servant des fournisseurs d’accès à internet et des cybercafés, entres autres, comme indicateurs pour traquer et dénoncer les citoyens adeptes de sites réputés « extrémistes »,en se basant sur leurs historiques et leurs données personnelles (adresse IP, lieu de connexion) scrupuleusement conservés. Le terme « extrémiste » n’étant pas clairement défini, il englobe de ce fait tous les sites d’information et d’opposition au régime. En vertu de cette loi, Charter97 ou Belaruspartisan( avis aux amateurs de biélorusses), deux sites d’information majeurs, sont sous haute surveillance des autorités, promis à une fermeture certaine si leur contenu devenait un peu trop « extrémiste » aux yeux du gouvernement.
Destruction des archives du site, intimidation parfois musclée, la vague de répression qu’a subit Charter97 a forcé sa directrice, Natalia Radzina a quitter le pays début 2011. Dénonçant régulièrement les exactions commises par le gouvernement, celle qui a passé un mois et demi en prison au nom de la liberté d’expression et qui a aujourd’hui trouvé refuge en Lituanie s’insurge : “On n’a pas de médias indépendants, on a que le Net. Les journalistes sont tués et emprisonnés[…] la situation est horrible, ça fait dix-huit ans qu’on souffre de la dictature”.
En avril 2011, c’est le journaliste Andreï Pachobut qui risquait 4 ans de prison ferme pour « diffamation et insulte au président » sur le site Belaruspartisan.org et sur son blog. Finalement relaxé après un procès à huis clos et le passage à tabac des journalistes qui tentaient de le couvrir, Andreï Pachobut ne doit selon lui son salut « qu’aux pressions de l’Union Européenne et de la communauté internationale ». Les journalistes biélorusses ne se laissent pas abattre pour autant et au 21e siècle, alors que le reste du monde passe du papier au web en réinventant le journalisme grâce aux nouvelles technologies, au Bélarus on revient à la presse papier pour échapper à un cyber Big Brother de plus en plus répressif.

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L’exemple du Nasha Niva (les amateurs de biélorusses se régalent), le plus ancien journal imprimé en Biélorusse est éloquent. Ce journal indépendant banni par le régime en 2005 s’est appuyé sur la détermination de ses lecteurs et de ses bénévoles pour survivre jusqu’en 2008, date où il a été réhabilité. Si Andrey Skurko, rédacteur en chef adjoint était sceptique quant à la survie du journal pendant ces trois années en toute clandestinité, le miracle a eu lieu grâce aux membres de la rédaction et aux abonnés qui ont distribué les journaux aux particuliers par leurs propres moyens. « C’est un acte risqué témoigne Alexander Lagvinets, l’un des volontaires. De nombreux « livreurs » ont été arrêté pendant leur tournée, mais ça n’a fait que renforcer notre détermination ». Les abonnés du journal se réjouissent car pour beaucoup d’entre eux, comme pour Darya Katkoyskya, le journal tient un rôle important dans leur quotidien et demeure le seul moyen de s’informer à propos de la situation du pays ou des événements politiques. En 2008 le journal a été à nouveau autorisé à la parution. L’auteur de la vidéo déplore les paradoxes du Bélarus qui, d’un côté affiche une attitude plus permissive vis à vis des médias et d’un autre côté, vote des lois qui contrôlent et censurent chaque jour un peu plus la presse. Fait plutôt rassurant, les journaux indépendants et d’opposition survivront aussi longtemps que des citoyens comme Alexander se battront pour que la nation puisse accéder, légalement ou non, à une information objective.

Texte publié par Tania Messaoudi

United We Blog ! Devenir journaliste citoyen au Népal

Le web journalisme népalais cri haut et fort qu’il veut se développer. Dans un contexte pour le moins difficile, seul 48,6% de la population est lettrée et à peine 2 à 3% utilise Internet selon les chiffres indiqués par le World Fact Book de la CIA, les blogs tentent de renouveler le système d’information népalais par le journalisme citoyen. Et si aujourd’hui des sites tel que WebLali peuvent recencer dans les 300 blogs népalais (sur le Népal ou écrits par des népalais), au départ (comme pour tout départ me direz-vous…) il n’y en avait qu’un: United We Blog!

L’histoire de ce pionnier népalais, ou plutôt ces pionniers puisqu’ils sont deux fondateurs, est intimement liée à l’histoire politique du pays. Suite à l’affaire du massacre de la famille royale en juin 2001, Gyanendra, frère de feu le prince héritier, monte sur le trône alors que la guerre entre le pouvoir royal et les maoistes fait rage depuis déjà 5 ans. Puis en octobre 2002, le Roi décide de se passer de parlement, de conseils locaux, et même de premier ministre, qu’il juge incompétents face au problème des insurgés maoistes. De ce fait, il prive le Népal de tout pouvoir élu. Mais, rebondissement, en juin 2004, Gyanendra remet en poste l’ex-premier ministre… pour un temps.

Encore loin de la sphère politique, encore sur un nuage digital, une nouveauté apparait. Le 1er octobre 2004, les journalistes Dinesh Wagle et Ujjwal Acharya postent régulièrement sur un blog des articles sur leur « expérience personnelle du journalisme et du reportage ». Plutôt journal intime que journal avec un grand J, les deux précurseurs bloggent paisiblement pendant 4 petits mois, jusqu’à ce que la politique les rattrape. Gyanendra démet à nouveau le premier ministre et s’octroie les pleins pouvoirs, s’entourant de ses fidèles en guise de ministres. Quand on l’attaque, le roi contre-attaque et décrète  l’état d’urgence tout en suspendant les droits fondamentaux.

Si les hommes sont lourdement touchés par ces mesures, le net n’y coupe pas non plus. Les népalais sont privés de connexion durant toute la première semaine de février 2005. Au même titre que les sites classiques, le jeune United We Blog! (UWB) fait une pause forcée. Mais dès lors que la connexion est rétablie, nos deux bloggeurs commencent à écrire sur les évènements . Et pendant que leurs confrères journalistes souffrent de la censure des médias « classiques », sur le nouveau médium blog, UWB devient momentanément la seule source d’information népalaise indépendante.

 

Aujourd’hui, United We Blog! fonctionne comme une plateforme de journalisme citoyen ouverte à tous. Le blog se veut un outil d’expression pour les journalistes souhaitant écrire à propos du Népal mais ne pouvant s’exprimer dans les journaux, papiers ou web, mainstream. Dharma N. Adhikari, directeur du Media Monitoring du Népal, expliquait, dans une interview accordée à Saroj Gartula en 2008, la popularité croissante du journalisme citoyen au Népal en ces termes: « Les medias mainstream n’ont pas été capables de diversifier leur couverture ». C’est donc ce qui fait la force et le charisme de UWB! face à des Ekantipur.com et autres thehimalayantimes.com. Plutôt que de dépêcher des journalistes aux quatre coins du pays pour des articles sur des régions reculées souvent délaissées par les médias, le blog met à contribution les citoyens déjà sur-place, à qui il tient à cœur de diffuser l’actualité de leur région. Et le concept a su trouver son public en plus de ses acteurs car, si l’on ne compte pas le nombre de contributeurs à travers le pays et le monde, UWB! est suivi par pas moins de 9 852 internautes, soit un dixième des « followers » du Ekantipur, l’un des leaders du web journal mainstream.

 

Texte rédigé par Caroline Chatelard

 

Web journal sri lankais: appellation d’origine très contrôlée

Les menaces, agressions, enlèvements et meurtres qui faisaient le lot des journalistes sri lankais reçoivent désormais l’appui du régime en place. Le ministère de l’Information et des Médias a déclaré, le 5 novembre 2011, que dorénavant, « tout site d’information portant sur le Sri Lanka (devait) être enregistré auprès du ministère ». Dès le lendemain, les web journaux SriLankaMirror, SriLankaGuardian, Paparacigossip9, et LankaWayNews, se voyaient bloquer l’accès à leurs sites par leurs propres fournisseurs d’accès, sur ordre du ministère, pour diffamation.

Les tentatives de contrôle du gouvernement sur les médias prennent cette fois une nouvelle tournure. Ne se contentant plus de réprimer les journaux (et les journalistes) publiant des articles trop critiques sur le gouvernement, il passe maintenant à la sélection des médias autorisés à publier. Le Sri Lanka Mirror, qui parvient à survivre malgré le bloquage et reste accessible par des voies très détournées, publiait vendredi les premiers chiffres: sur 81 demandes d’enregistrement déjà déposées, 20 ont été refusées car, selon le ministère, les informations transmises étaient incorrectes. Les 61 demandes retenues étaient examinées fin décembre en vue d’une éventuelle validation. Le 9 janvier 2012, le Ministère de l’Information et des Médias garantira l’enregistrement de 41 sites web (que deviennent les 20 restants?) sélectionnés par leurs soins.

Ce début d’année se fait donc rude pour la liberté d’expression au Sri Lanka. Avec le report du procès pour le meurtre du journaliste Dharmaratnam Sivaram, fondateur du web journal TamilNet, les exemples du savoir-faire ancestral du gouvernement sri lankais en matière d’incitation à l’autocensure reviennent vite en mémoire. Le procès, qui était sensé débuter le 5 janvier 2012, a été reporté par le juge P. Surasena au 25 avril car 6 témoins (dont 2 policiers) n’ont pu se présenter à l’audience, pouvait-on lire sur les sites de BBC Sinhala.com ou du Sunday Times. Le journaliste avait été retrouvé mort 6 ans plus tôt, tué d’une balle dans la tête. Autre cas, plus retentissant dans la sphère journalistique, celui de Lasantha Wickrematunge. Assassiné le 8 janvier 2009, le fondateur de l’emblématique hebdo Sunday Leader, avait reçu à titre posthume le Prix Mondial de la Liberté de la Presse de l’UNESCO 2009. Réputé pour ses critiques acerbes du gouvernement de Rajapaksa (dont il était pourtant l’ami), il avait écrit son dernier article comme une lettre ouverte au président, pointant les violences faites aux journalistes dans sa patrie. Celui-ci fut publié 3 jours après sa mort.

La République démocratique socialiste du Sri Lanka est le pays démocratique le plus hostile à la presse. Reporters Sans Frontières qualifie même le secrétaire à la Défense sri lankais et frère du président, Gotabhaya Rajapaksa, de « prédateur de la liberté de la presse ». Depuis la fin de la guerre en 2009, les violations du droit de la presse ne font que croître et contraignent de nombreux journalistes à s’exiler… dans le meilleur des cas.

Malgré les mesures prises par le gouvernement sri lankais, les web journaux restent le medium le plus accessible et le plus sûr pour traiter des sujets sensibles. Chandima Withanaarachchi, directeur de LankaNewsWeb déclarait en 2011 à Reporters Sans Frontières: « la seule lueur d’espoir pour la liberté de la presse au Sri Lanka passe par les sites Internet ». Le temps nous dira si cette lueur ne s’est pas éteinte.

Texte rédigé par Caroline Chatelard

Malaisie : le CIJ au service de la démocratie

Le combat pour la démocratie ne se joue pas uniquement dans la rue, auprès des manifestants. Il se passe aussi sur Internet. Et certains Malaisiens l’ont bien compris. C’est le cas du Centre for Independent Journalism (CIJ), une organisation visant à réformer le journalisme et défendre la liberté de la presse en Malaisie.

L’histoire débute en 1998. Alors que la Malaisie fait face à une grave crise économique et politique, cinq journalistes, acteurs et activistes se lancent dans un projet ambitieux : créer un site web permettant au public d’analyser les problèmes et les enjeux politiques de l’époque. Fort de son succès, le groupe décide de créer le Centre pour le Journalisme Indépendant afin de faire évoluer la scène médiatique alternative. Aujourd’hui, l’organisation est mondialement connue pour sa lutte en faveur de la liberté d’expression et de l’accès à l’information par les populations les plus marginalisées.
Pourtant, le combat n’était pas gagné d’avance. Car en Malaisie, le gouvernement entretient une démocratie muselée. La société civile malaisienne exprime continuellement sa préoccupation concernant les fraudes électorales en faveur de la coalition au pouvoir. A l’heure où les manifestations antigouvernementales sont illégales, le web, lui, constitue « l’un des rares endroits encore accessibles où les Malaisiens peuvent exprimer leurs vues dans une relative liberté » d’après Amnistie Internationale. Internet a ainsi permis aux manifestants d’organiser des rassemblements dénonçant les manœuvres du gouvernement malaisien.
C’est précisément pour cette raison que le parti politique au pouvoir a étendu à la toile les restrictions imposées aux médias. Peu sont ceux qui se heurtent à ces lois répressives, car les opposants au régime risquent gros. Les délits sont passibles d’une amende maximale de 50 000 ringgits (13 800 $US) ou d’une peine maximale d’un an de prison. En septembre 2008, le blog politique controversé, Malaysia Today, en a fait la douloureuse expérience. Son fondateur et rédacteur en chef Raja Petra Kamaruddin, fut emprisonné pendant près de deux mois pour sédition et diffamation à l’encontre du vice-premier ministre Najib Razak. Le site, à l’époque bloqué, est désormais basé à Singapour. Il accueille plus de 1,5 million de lecteurs par jour, soit un lectorat plus large que celui des journaux favorables à l’Etat malaisien.
La société malaisienne s’empare de la blogosphère pour exprimer ses opinions, rarement rapportées dans les médias grand public qui subissent l’influence du gouvernement. Le web journalisme indépendant est une arme non négligeable quand il s’agit de défendre la démocratie. Le CIJ est le premier à dénoncer tout haut ce que tout le monde pense tout bas. D’autres pourraient l’imiter. Mais encore combien de temps faudra-t-il avant que les langues se délient en Malaisie ?
Texte rédigé par Amandine Fournier

L’Afrique à l’heure de la téléphonie mobile : l’info s’enrichit, la censure reste

On l’appelle le “bigo”, le “lalé”, ou encore “l’enjaillement d’oreilles”. Le téléphone mobile affiche depuis quelques années un taux de pénétration en Afrique des plus spectaculaires. Sur un continent où l’accès à l’information fait office d’enjeu capital pour le développement, le portable tend à révolutionner l’univers médiatique.

Une collecte de l’information en temps réel

Libéralisé en Afrique depuis la fin des années 90, le téléphone portable fait à présent partie de l’équipement de travail des professionnels des médias. Plus qu’un simple outil, le mobile est à l’origine d’une modification totale des pratiques journalistiques. Sur des territoires où la téléphonie fixe n’a jamais vraiment pu s’implanter, les journalistes qui collectent l’information sur le terrain, ont désormais la possibilité de la transmettre en temps réel à leurs rédactions. Exit le temps de trajet, parfois très long, ou encore la sollicitation d’intermédiaires pour rapporter les faits au rédacteur en chef. Diffusée plus rapidement, l’information devient alors plus qualitative, pertinente et efficace.

Exemple frappant de l’évolution des pratiques, le rôle que les reporters ont pu jouer grâce au GSM lors des élections présidentielles sénégalaise en 2000, est devenu un modèle pour tous les journalistes des pays africains en transition démocratique. Mamadou Ndiaye, qui a soutenu une thèse en sciences de l’information en 2006 à l’université Bordeaux 3 sur le thème  “l’e-gouvernance et la démocratie en Afrique” affirme que les journalistes ont, lors de cet événement, agit comme des “armes anti-fraudes” en communiquant par téléphone à leurs rédactions les tendances des principaux bureaux de vote dans lesquels ils se trouvaient. La retransmission en direct de ces résultats provisoires par les médias du pays avaient alors permis aux citoyens sénégalais de connaitre la vérité des urnes en temps réel, et d’éviter les manipulations politiques autour de l’élection finale du challenger Abdoulaye Wade.

Création d’un espace public et censure

S’il change la manière de travailler des journalistes, le GSM permet également aux récepteurs de mieux s’approprier l’information, notamment au travers des médias audiovisuels. L’introduction de la téléphonie mobile, et son taux de pénétration important sur le continent africain permet en effet une évolution des pratiques en direction d’une information interactive. Nombre de radios sollicitent par exemple l’intervention de leurs auditeurs, par le biais d’un numéro de téléphone énoncé à l’antenne, qu’ils peuvent contacter pour réagir à l’actualité. C’est le cas de Zap Press, émission de débat diffusée le dimanche matin sur Radio Tiémeni Siantou, fréquence privée émettant à Yaoundé. Par l’intermédiaire de leur mobile, les citoyens sensibles au débat peuvent intervenir en direct pour apporter leur contribution, ou encore exprimer leur colère face à la gestion des affaires du pays.  En donnant la possibilité aux Africains de s’approprier ainsi l’actualité, les journalistes mettent la technologie mobile au service de la création d’un véritable espace publique.

Malgré tout, cette interactivité connait certaines limites. L’espace public ainsi créé ne saurait être aussi libre que les Africains le souhaiteraient, et les technologies mobiles peuvent également devenir synonymes de censure. Craignant les sanctions parfois sévères des autorités politiques en place dans certains pays africains, se traduisant généralement par une interdiction de diffusion temporaire ou définitive, certains médias favorisent l’intervention citoyenne en direct par le biais du sms, et non de l’appel téléphonique. Comme le rapporte Norbert N. Ouendji dans l’ouvrage l’Afrique à l’heure du numérique, cette technologie, très prisée des Africains, notamment pour son moindre coût, permet aux radios et télévisions d’exercer un certain contrôle des réactions des auditeurs ou téléspectateurs, notamment lors de débats touchant à l’actualité politique, afin d’éviter les représailles pour diffusion de “propos outrageants”, comme a pu en faire les frais la station  Magic FM . 

Quel avenir pour l’information via la téléphonie mobile?

Aujourd’hui, certains journalistes du continent sont de mieux en mieux équipés, permettant aux Africains d’être en lien continu avec les événements. Les médias qui disposent de moyens financiers un tant soit peu confortables n’hésitent plus à doter leurs reporters de mobiles onéreux à la pointe de la technologie, à l’image d’AfricaNews.com, journal en ligne du groupe Africa Interactive. Journaliste au Cameroun, Elisabeth rapportait en 2008 lors d’une enquête participative RFI qu’elle et plusieurs de ses collègues réalisent dorénavant des vidéos depuis leurs mobiles, et les mettent ainsi directement en ligne.  Si tous les médias ne sont bien évidemment pas logés à la même enseigne, le GSM permet néanmoins une diversification progressive de l’offre, qui risque de s’étendre d’avantage à mesure que la technologie mobile, et notamment le smartphone, sera rendue plus accessible par une diminution de ses coûts. Le taux de progression de la téléphonie mobile sur le territoire africain, avoisinant les 40% par an, va justement en direction de la démocratisation de cet outil journalistique.

Texte rédigé par Cerise Assadi-Rochet