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« Control Panel » : La BBC teste un nouveau module pour personnaliser l’information

Le Control Panel (panneau de contrôle) est un module du réseau social Facebook, qui permet aux internautes de contrôler les alertes qui s’affichent sur leur “mur”. La BBC a pris l’initiative de bêta-tester cette nouvelle technologie afin que les lecteurs puissent filtrer le flux d’informations émanant de la page officielle BBC News du journal.

Le principe est simple: après avoir “aimé” la page BBC News, l’internaute doit uniquement cliquer sur le “j’aime/like” des différentes sections pour ajouter les alertes à son fil d’actualité. Le choix des catégories est identique à celui du site Internet BBC News: on retrouve les sections World (Africa, Asia, Europe, Latin America, Middle Est, US & Canada), UK (England, Northern Ireland, Scotland, Wales), Business, Health, Sci/Environment, Technology et Entertainment. Petite nouveauté, un ajout de catégories qui ne sont pas présentes sur le site internet tel que Arts, Education, Other (Magazine, Also in the News) ou Politics.

Un nombre de « j’aime » qui varient de 500 à plus de 22000 (22k)…

Un filtrage de données mais surtout…de personnes

La singularité du Control Panel, c’est de pouvoir choisir d’avoir ou non les flux de publications des journalistes de la BBC. Plutôt que de laisser les rédacteurs, rédacteurs en chef ou correspondants dans l’ombre, la chaîne a choisi de les mettre en valeur par leur nom, photo et fonction. Le lecteur s’identifie alors à un journaliste qui gère un domaine qui lui est proche (par exemple, la technologie) ou une géographie qui l’intéresse particulièrement (exemple: Damien Grammaticas s’occupe de Pékin). Un moyen d’être plus proche du journaliste donc plus proche de l’information.

Les correspondants, pas connus du grand lectorat, ont pour l’instant un score assez timide (de 37 à 397 “j’aime”) comparé aux 30 000 et 13 000 des programmes TV NewsNight et radio Breakfast, les lecteurs restants fidèles aux catégories traditionnelles du site qu’ils connaissent mieux.

Un score encore timide, pour les correspondants, au 13 mars 2012.

Même technique de personnalisation pour les programmes TV et radio de la chaîne, qui, avec des scores allant du millier à plus de 30 000, dépasse largement l’intérêt accordé aux articles web.

Radio, Tv et web: les trois plans d’attaque de la BBC.

Plus personnel, le Control Panel répond aux attentes du lecteur et dévoile une tendance générale: les lecteurs sont aujourd’hui sur le net et ne délaisse en rien la télévision et la radio. De plus, il permet à l’enseigne de connaître clairement les goûts et attentes de ses visiteurs. Une bonne technique pour attirer un lectorat plus jeune, qui en temps normal, délaisse l’information via facebook, faute d’un trop plein d’alertes et de sujets qui ne les intéresse pas forcément. Par le Control Panel, la BBC utilise à bon escient un marché illimité qu’est le marché facebook; et mène une très bonne campagne de communication quand on voit que la page BBC News possède déjà plus de 280 000 fans et que la chaîne BBC a déjà crée une soixantaine de pages fan allant de la “BBC London 2012“  à “BBC Comedy” en passant par “BBC Nepali” (un exemple des nombreuses variantes linguistiques de la chaîne)…

Source: La social NewsRoom

Texte rédigé par Coralie Horgue

L‘information sur internet devient payante

Dans la foulée de près de 80 médias du groupe Gannett le Los Angeles Times va devenir payant à partir du mois prochain. Les dirigeants espèrent en tirer des profits substantiels. Mais cet optimisme n’est pas partagé par tous. Explications…

Gannett est le plus grand groupe de presse américain. Un géant à l’américaine. Près de 600 titres de presse et 23 stations de télévisions locales à travers tout le pays. Parmi les noms les plus célèbres on trouve le grand quotidien national USA today. Au niveau local le groupe détient le Arizona Republic à Phœnix ou encore The Courrier Journal à Louisville dans le Kentucky. La liste serait évidemment trop longue à établir en intégralité. Au total le chiffre d’affaire en 2011 est évalué à 5.2 milliards de dollars, soit une baisse de 3.7% par rapport à son précédent exercice. Une baisse qui s’explique par une érosion des ventes et une diminution des revenus issus de la publicité. Un air de déjà-vu. Il faut néanmoins noter que ce passage au payant sera effectif pour tous les médias du groupe à l’exception notable de USA today. Les dirigeants espèrent tirer de cette opération des revenus supplémentaires qu’ils estiment officiellement à 100 millions de dollars.

C’est en s’appuyant sur cette décision que le LA times a justifié par un communiqué sur son site qu’il procédera à la même opération. Et ce dès le 5 mars prochain. Les quatre premières semaines seront facturées 99 cents. Puis le prix sera de 1.99 dollars, ce qui inclut l’édition du dimanche. Les abonnés pourront continuer de s’informer pour 3.99 dollars par semaine. Les abonnés à la version papier du quotidien auront un accès gratuit. Il est possible de ne pas payer mais vous n’aurez alors accès qu’à une quinzaine d’articles sur une période de 30 jours. Pour l’instant les lecteurs utilisant des téléphones portables et des Ipad sont également épargnés. Bref si vous êtes accros au LA times mais pas assez pour ne pas payer il va falloir jouer sur les adresses IP. Si vous avez suivi mon blog depuis le début vous savez que le Boston Globe avait déjà effectué cette opération en septembre. Du côté de la santé financière, les ventes du LA times étaient en baisse de 26% en 2011 malgré le succès du site internet.

Alors rendre payant les sites, solution miracle ? C’est le débat qui oppose aujourd’hui les partisantes et les opposants au passage au payant. Dans le cas du LA times les dirigeants du journal s’appuient sur l’expérience du New-York Times qui est déjà passé au payant sur internet. Selon une de ses porte-parole « les prédictions nous disaient que nous allions avoir une forte baisse de fréquentation mais nous n’avons vu qu’une très légère diminution. »

Retrouvez ici l’intervention de James Harding sur le passage au mode payant (Article diffusé sur BBC News)

En ce qui concerne les médias du groupe Gannett, le journaliste de Forbes, Jeff Bercovici approuve la décision. Selon lui USA Today ne peut pas devenir payant car il fait face à la concurrence nationale de journaux comme le Wall Street Journal. Or USA Today, pour sa diffusion, compte essentiellement sur sa diffusion indirecte via les hôtels, les aéroports ou les lieux publics. En revanche le passage au payant des autres médias devrait provoquer une hausse de 25% des revenus soit environ 100 millions de dollars. C’est en tout cas le pari de l’équipe en place devant les actionnaires.

Mais tout le monde ne partage pas cette spéculation ambitieuse sur l’avenir. Jeff Roberts de paidContent.org est plus réservé dans son analyse. Selon lui « les objectifs se basent sur un renouvellement de presque tous les abonnements aux 80 médias locaux concernés par la mesure. » les prix s’adapteront pour chaque journal. Le groupe parie également sur la demande en termes d’informations locales. Mais en faisant cela le journaliste doute de la capacité du groupe à développer des applications locales efficaces. De plus les journaux en ligne seront financés par les revenus issus de la presse papier. Si la chute de ces derniers venait à s’accélérer cela perturberait le financement des éditions en ligne. Enfin les revenus issus de la publicité sont toujours aussi incertains. L’essentiel des gains attendus seront issus des abonnements.

Dans tous les cas c’est bien un nouveau tournant qui a été pris par les groupes de presse pour continuer à exister. L’information payante en vient à se généraliser. C’est donc sur les contenus professionnels et les applications sur les mobiles que les journalistes s’appuient pour justifier ce passage au payant. Une réponse sur le fond et sur la forme. Les chiffres d’affaires de 2012 seront les révélateurs du bien fondé ou non de cette stratégie.

Texte rédigé par Jean Bernard Bossu