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Et un, et deux, et trois écrans?

RTL, le géant belge de l’audiovisuel privé, a lancé le 5 mars dernier son application iPad dite de “second écran”. Une appellation unique pour plusieurs applications en réalité, puisque le groupe diffuse sur trois canaux différents, RTL TVI, RTL Plug et RTL Club, et propose aux usagers une application par chaîne. Mais qu’est ce qu’une application de second écran?

Le projet part, en fait, d’un constat très simple sur l’évolution de l’attitude du téléspectateur devant son écran. Jean-Jacques Deleew, directeur de RTL New Media explique ces bouleversements au Soir : “De plus en plus de gens regardent la télévision, tout en surfant sur leur ordinateur, leur smartphone ou leur tablette afin de faire des commentaires, de chercher du contenu… L’écran de télévision réunit à nouveau toute la famille dans le salon. Grâce au wi-fi, plus besoin comme avant de s’isoler dans sa chambre ou son bureau pour consulter internet. L’écran principal est collectif. Le second est personnalisé. Nous essayons de capter ces gens qui utilisent ce second écran en leur proposant une foule de choses en complément de l’émission afin de renforcer nos propres chaînes.

« De plus en plus de gens regardent la télévision, tout en surfant sur leur ordinateur »

Que trouve-t-on sur ces applications?

Et voilà comment ces applications de second écran ont vu le jour. Le but n’est pas de permettre aux usagers de regarder les programmes de RTL sur la tablette, mais plutôt d’apporter un complément d’information au téléspectateur sur les émissions de la chaine. Concrètement, seuls les programmes déjà diffusés en direct sur internet par RTL, comme l’info ou la ligue des Champions, seront visibles sur votre tablette.

Pour le reste, l’application iPad vient en fait en complément des émissions diffusées en direct sur la chaine. En démarrant l’appli, vous trouverez ainsi un espace “social TV”, où vous pourrez échanger vos impressions sur l’émission en cours avec les autres téléspectateurs. L’onglet de l’émission diffusée est accessible dès votre connexion à l’application, via lequel vous trouverez des quizz ou autres jeux-concours sur l’émission en question, et bien plus encore. Prenons l’exemple de Top Chef. Recettes de cuisine, biographie des candidats sont ainsi à votre disposition.

L’outil idéal pour être encore plus au fait sur votre émission favorite mais aussi pour rendre les émissions de la chaine encore plus interactives. L’outil idéal, aussi, pour faire parler de ses émissions sur les réseaux sociaux et aller conquérir un nouveau public. De quoi pousser la concurrence à suivre le pas de RTL, dans les plus brefs délais. Et bientôt, peut-être, vous ne pourrez plus vous passer de ce complément. Et vous irez faire l’acquisition d’un troisième écran pour faire ce que vous ne pouvez plus faire sur le deuxième. Bienvenue dans le 21ème siècle.

Texte rédigé par Damien Shernetsky

Avec News Me, l’information se personnalise

Les journalistes américains connaissent bien Twitter et Facebook. Ces deux réseaux sociaux sont devenus incontournables dans la diffusion de l’information. Une nouvelle application sur l’IPhone fait aujourd’hui son apparition sur le marché. Son nom : « News.me » Son objectif ? Grandir et devenir « The » réseau social.

Avant de se lancer dans une aventure qui pourrait les conduire à devenir l’avenir des réseaux sociaux, les créateurs de News.me se sont posé plusieurs questions. Leurs observations sur le fonctionnement des plates-formes d’information et le comportement des internautes ont conduit à plusieurs constats.

Et en premier lieu, ils ont constaté que les lecteurs d’aujourd’hui ont plusieurs rôles. Ils consomment l’information mais surtout ils la diffusent via leurs réseaux sociaux. Les développeurs se sont également aperçus que la façon la plus régulière de partager l’information reste par courriel. Or les utilisateurs se trouvent assez rapidement débordés par une avalanche d’informations. Et trop d’info tue l’info.

Jake Levine, directeur de News.me, cherche alors « une application qui combine l’efficacité d’un Twitter mais plus personnelle et sous la forme d’une conversation » L’application qu’il fini par créer permet de sélectionner les informations qui conviennent à chaque utilisateur en fonction de ses préférences.

Autre constat : les forums sur internet ne fonctionnent pas. Difficile en effet d’avoir une discussion constructive sur un article à partir d’un site internet. Il n’y a aucun contrôle sur les personnes qui interagissent. En ce qui concerne les réseaux sociaux tous vos contacts sont également en mesure de réagir à vos publications. Dans les deux cas ce sont plusieurs centaines de personnes qui peuvent être embarqués dans la conversation. L’application permet, quant à elle de limiter la diffusion aux personnes qui vous intéressent. Fini également le « like » de Facebook. Trop généraliste pour News.me qui permet de commenter librement l’article en question par le mot qui vous semble le plus pertinent. Bref rien de très révolutionnaire mais une interface plus simple et une liberté plus grande que les deux autres réseaux sociaux.  De plus ce qui se dit dans le cadre d’une conversation précise reste dans ce cadre. Il n’est visible que par un nombre restreint de personnes.

Pour l’instant l’application n’en est encore qu’à ces balbutiements. Lancée l’année dernière, elle peine à générer des profits substantiels. Pour Jake Levine la priorité actuelle est de se constituer une base solide d’utilisateurs avant de penser à développer l’aspect économique. Ce dernier reste confiant sur le succès grandissant de son application. Il peine pourtant à convaincre sur l’aspect réellement original de son offre. Si le filtrage des personnes concernées permet probablement de limiter les trolls et les commentaires non désirés, l’application ne résout pas le problème du trop grand nombre d’informations.

News.me permet néanmoins de relever une tendance que des applications comme Foursquare ou Zite ont déjà commencé d’exploiter. A savoir la personnalisation des réseaux sociaux, qui devrait permettre à terme, à tous les utilisateurs de choisirent ses sources mais aussi les bénéficiaires de l’information. News.me pourrait permettre aux journalistes de créer des cercles plus restreint en fonction de leur spécialité. Une façon plus commode de sélectionner les informations avant de les transmettre dans un cercle plus large. L’application permet en effet de diffuser ensuite les liens vers les grands réseaux sociaux. Outre l’aspect économique les développeurs de News.me doivent encore arriver à convaincre le public qu’ils sont un intermédiaire crédible entre les sources originelles de l’information et les réseaux sociaux. Et surtout ils devront se battre dans un marché ultra concurrentiel. D’ailleurs les grands réseaux commencent également de s’intéresser de près à ces nouvelles évolutions.

Texte rédigé par Jean-Bernard Bossu

I>Player : l’application VOD européenne de la BBC

Forte du succès de ses diverses émissions, la BBC a lancé l’année dernière son application VOD. Celle-ci permet à ses utilisateur de revoir leur programme favori quand ils le veulent. A l’heure où les services de vidéo à la demande se multiplient comme des lapins enfermés dans la même cage, on se demande qu’est-ce que cette application a de plus que les autres. La particularité du IPlayer est qu’il ne se destine pas seulement aux Britanniques, il est disponible dans 11 pays européens.

Vous êtes fan de la BBC ? De ses documentaires ? De tous ses programmes ? Malheureusement vous n’habitez pas en Angleterre, ou vous n’avez pas le temps de regarder la chaîne sur votre télévision. Alors l’IPlayer BBC fera probablement votre bonheur. Disponible en téléchargement depuis l’été dernier (dans un premier temps uniquement sur Ipad), cette application VOD permet de revoir les programmes de votre choix depuis votre tablette, et maintenant depuis votre Iphone ou votre Ipod Touch (l’application est attendu sur d’autres supports prochainement). Petit plus et pas des moindres, les émissions radio sont aussi de la partie. Malheureusement, tout n’est pas rose au pays de l’application et quelques points négatifs viennent ternir ce tableau pourtant si prometteur.

En général, ce genre d’application, autrement dit de qualité, n’est pas gratuite. Le IPlayer n’échappe pas à la règle et pour pouvoir profiter de la totalité des programmes il sera nécessaire de passer par l’étape carte bleue. L’application fonctionne sur la base de l’abonnement, 6,99€ par mois ou 49,99€ par an. Après il faut relativiser les choses, tout n’est pas payant. Sans abonnement vous pouvez tout de même accéder à quelques programmes, mais ne vous attendez pas à en avoir beaucoup. Au lancement la BBC annonçait 1500 heures de programmes disponibles. La chaîne a promis une alimentation régulière de contenu et l’application a normalement bénéficié de l’ajout d’une centaine d’heures d’émissions par mois.

Autre point négatif et qui pourra en décourager plus d’un, la langue. L’IPlayer est tourné vers l’Europe, c’est très bien. Mais alors pourquoi ne pas adapter l’application au pays que l’on vise ? C’est vrai, tout le monde ne maîtrise pas l’anglais sur le bout des doigts. Pour rappel l’Iplayer est disponible en Europe dans les pays suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Suisse et bien sûr Angleterre. Malgré le succès de l’application, pour l’instant aucune mise à jour n’a été prévue pour insérer des sous titres aux émissions.

Il faut quand même savoir rester lucide, quand on se sert de l’IPlayer, on se rend vite compte que la BBC s’y connait en matière de nouveaux supports médiatiques. L’application est fluide, les vidéos sont d’une qualité bien supérieure à la moyenne. Un des points forts de ce service de rattrapage de programme, c’est le choix du visionnage. L’utilisateur a le choix entre deux modes : en streaming tout en étant connecté, ou alors il peut télécharger la vidéo et la regarder hors ligne tant que son abonnement est encore actif.

Au-delà de quelques points négatifs, l’IPlayer reste une application de grande qualité, les retours et avis des utilisateurs le démontrent. La BBC a su se servir intelligemment d’un service déjà bien rodé pour en faire un support supplémentaire et compétitif. On espère seulement que cette application, destinée en premier lieu à toute l’Europe, bénéficiera prochainement d’une mise à jour qui adaptera son contenu à tous, il serait temps. Croisons les doigts pour que cela ne tarde pas.

Texte rédigé par Guillaume Ambroggio

La réalité augmentée: gadget marketing ou nouvelle perspective pour la presse ?

Junaio, Blippar, Zappar, Metaio, ces noms ne vous disent peut-être rien et pourtant ce sont les applications pionnières de « réalité augmentée » dans les magazines en Europe. Elles explorent et diffusent cette nouvelle technologie qui permet de fondre le virtuel dans le réel (et vice-versa), offrant une expérience interactive inattendue dans laquelle les publicités prennent soudainement vie, les photographies se transforment en vidéos et les dessins en noir et blanc explosent de couleur.

Phénomène très confidentiel et réservé aux expérimentations de chercheurs en nouvelles technologies il y a quelques années, la réalité augmentée a premièrement eu une utilisation purement commerciale en offrant des promotions (comme Tesco), ou en créant un environnement vivant pour promouvoir une voiture (exemple de Volskwagen). Mais ce nouvel outil est en pleine démocratisation depuis l’an dernier dans la presse avec plusieurs tentatives courageuses (en Angleterre, en Allemagne, en Irlande et en Autriche) de prouver son utilité et éveiller la curiosité d’un nouveau lectorat.

Premiers pas dans la presse

En Allemagne,  le Suddeutshe Zeitung a publié en août 2010 un supplément réalité augmentée comprenant des illustrations en 3D, des bulles de bds apparaissant sur les photos d’une chanteuse interviewée , ou encore, la résolution des mots-croisés juste en passant votre smarphone dessus. C’est le magazine Stern qui a repris le flambeau un an après avec une édition elle aussi proposant de la 3D mais aussi des extraits vidéos d’interviews écrites, des images animés et sonorisées. En Irlande, le Metro Herald a lui aussi succombé à la tendance en septembre 2011 avec le même type d’interactions, comme l’envoi direct de mail à partir de la page “courrier des lecteurs” et un sondage journalier sur un sujet d’actualité.

En Angleterre, ce sont les magazines de mode Harper’s Bazaar, Cosmopolitan et Company qui ont testé la réalité augmentée en octobre 2011 . En scannant la couverture, Harper proposait une vidéo du photo-shoot des top-models figurant dans le magazine, Cosmopolitan donnait accès à une autre vidéo cette fois de la chanteuse Jessie J et la présentation du numéro par la rédactrice en chef Louise Court, et Company offrait un making-of d’un dossier spécial “Little black dress” dans la prochaine édition. La revue automobile Top Gear a aussi proposé en décembre une couverture en réalité augmentée qui nous emmenait dans le cockpit d’un véhicule et nous présentait des tests sur route en vidéo. Enfin, en Autriche, un projet plus ponctuel nommé Reality magazine permettait de voir l’enregistrement d’une interview sur skype, ou accéder à des informations supplémentaires sur le sujet du covoiturage.

Iniatives excitantes mais désorganisées

Ce sont autant d’exemples de l’intérêt grandissant de la presse pour ce nouveau moyen d’expression qui rend l’information plus attractive, plus excitante. Il faut néanmoins relativiser cet enthousiasme, car les initiatives sont toujours présentées comme ponctuelles et faites pour créer l’évènement. L’utilisation de réalité augmenté pour des buts informationnels reste marginale, et chaque magazine utilise une plate-forme, une application différente, et chacune est faite pour décoder un média précis, pas les autres. Rajoutons que même à l’heure où les tablettes commencent à avoir du succès et les smartphones deviennent courant dans la téléphonie mobile en Europe, il y aura toujours une partie du lectorat privée de l’expérience. Prometteuse mais encore à l’état de cobaye, l’avenir décidera du sort de la réalité augmentée.

Texte rédigé par Terence Caron

HTML 5 : une alternative ambitieuse

Ce n’est plus un secret pour personne, dans le monde des médias, internet est en train de changer la donne. Smartphones, tablettes, applications numériques etc… de nouveaux supports d’information apparaissent tous les jours, rendant obsolètes leurs prédécesseurs. Aujourd’hui, un élément  pourrait encore une fois chambouler l’ordre établi : le HTML 5. Explications.

HTM…quoi ?
Commençons par le commencement. Qu’est-ce que le HTML au juste ?  HTML ou HyperText Markup Language est un des principaux langages de données conçu pour mettre en forme les pages web.  Ou dit plus simplement le HMTL est LE langage de structuration et de présentation d’une page web par excellence (également le plus ancien).
HTML 5ème du nom est donc le petit dernier d’une lignée qui essaye depuis 1989 d’offrir la meilleur opérabilité entre les différentes plateformes existantes (pc, mobile et désormais la tablette).

Les apports du HTML 5
Cette nouvelle version du HTML (honnêtement pas si nouvelle que ça puisque les tout premiers travaux concernant sa création remontent à 2003 avant d’être repris en 2007) apporte logiquement son lot d’innovations.

  • Une adaptation du contenu des pages web consultées suivant la taille de l’écran de l’appareil utilisé. Le HTML 5 permet de consulter n’importe quel site web sur n’importe quel support et de faire fonctionner les deux ensemble. Il arrive que parfois certains contenus de sites web soient trop volumineux ou simplement inadaptés pour apparaître sur un support autre que le PC. Avec le HTML 5, les sites web s’adapteront à leur supports de consultation et seront donc disponibles et utilisables aussi bien sur PC que sur mobile ou tablette. Pour observer ce redimensionnement automatique en action, visitez ce site sur lequel vous pouvez réduire la taille de votre page et observer comment le contenu s’adapte automatiquement en fonction de la taille de la fenêtre (attention ce site ne fonctionne que sous FireFox). Plus besoin donc pour les groupes de presse de dépenser de grosse sommes d’argent dans le développement d’une application smartphone ou tablette. S’ils utilisent le HTML 5 pour leur site, celui-ci s’adaptera suivant son support d’exploitation.
  • L’exploitation de contenus multimédias simplifiée. Le HTML 5 permet de faire tourner et d’afficher des contenus sur une page web (vidéo, animations, etc) sans recourir à l’installation d’une application externe nécessaire au bon fonctionnement de ce même contenu (l’exemple des animations Flash qui sans l’installation du programme flash ne peuvent être lues). Pour un site d’information, il sera donc beaucoup plus aisé de proposer aux lecteurs des compléments d’informations (audio, vidéo, etc) très facile d’accès et ainsi apporter une appréciable plus-value à l’information.
  • Les possibilités d’animation des pages Web. Autre nouveauté apportée par le HTML 5, l’animation de la structure des pages web. Attention il ne s’agit pas là d’un apport externe d’éléments animés comme des vidéos, mais de l’animation de la structure même de la page. Au lieu du défilement vertical du texte auquel on a droit aujourd’hui sur tous les sites, le HTML 5 permet d’insérer son texte sur une structure 3D. Démonstration en vidéo :

Pour voir d’autres exemples d’animations réalisables avec le HTML 5, c’est par .

Une fois appliqué aux sites d’informations en ligne, il est facile d’imaginer la plus-value apportée par le HTML 5 en termes d’exploitation et de retranscription de l’information (graphiques animées, vidéos, et bien plus encore). Là encore, les bénéfices seront doubles. Pour le journaliste d’abord qui pourra innover selon son envie, dans la structure du traitement de son information (graphique animé pour un article économique, frise chronologique composée de vidéos ou d’images d’archives pour un sujet plus historique, les possibilités sont nombreuses et variées). Pour le lecteur ensuite qui pourra consulter une information “sublimée” par son support c’est à dire complétée de différentes manières (structure 3D du texte, vidéo, audio, etc).


Parce qu’expliquer en détail toutes les évolutions apportées par le HTML 5 prendrait des heures (et nécessiterait un savoir en informatique que je ne possède malheureusement pas), je vais me contenter d’évoquer deux autres caractéristique du HTML 5 qui permet, par exemple, de séparer avec encore plus de précision les différentes parties d’une même page ou d’avoir recours à des outils, normalement utilisable en ligne, et qui une fois chargés dans votre navigateur, seront utilisables même sans connexion internet. Et quand on pense à ces nombreuses possibilités appliquées aux médias en ligne, l’attente peut être très grande.
Mais il faudra savoir se montrer patient, puisque le HTML 5 est encore en phase d’élaboration. Un work-in-progress qui nécessitera  plusieurs années avant de voir toutes ces évolutions complètement intégrées aux médias en ligne (même si une partie d’entre elles ont déjà été mises en pratiques).

Le Boston Globe, l’exemple à suivre ?

« Partout où vous êtes, sur n’importe quel support », c’est ainsi qu’est présenté le nouveau site du quotidien américain le Boston Globe. Lancée fin 2011, le site, est grâce au HTML5, accessible sur n’importe quel support. Le Boston Globe est un des premiers à miser sur le HTML 5 (en Europe le quotidien économique Britannique, The Financial Times, l’a précédé, avec son site conçu avec le HTML 5 et lancé en juin).


Pour le Boston Globe, l’utilisation du HTML 5 répond à un double enjeu :

  1. Avoir un même site d’informations complet et disponible, tous supports confondus, et ainsi avoir un gain de temps au niveau de la diffusion de l’information. Et surtout un gain d’argent. Plus besoin d’investir dans la création d’application pour tablettes, smartphones ou autres, le site est le même, le contenu aussi, seul le support change.
  2. Regagner une certaine indépendance, notamment vis à vis d’Apple et de ses exigences (dont les 30% de commissions perçu par la firme font partie).  Ainsi, le Boston Globe reste disponible sur le support développé par Apple, tout en contournant toutes les contraintes imposées par la firme de Cupertino (détaillées ici). Et même si pour cela, le quotidien américain a du renoncer à l’exposition offerte par l’App Store d’Apple.

Évidemment, les premiers échos font part de quelques contraintes de lecture, notamment sur tablette (le site n’a pas le confort d’utilisation d’une application développée spécialement pour ce support), mais il est plus que probable que d’autres éditeurs vont suivre une démarche similaire à celle du Boston Globe et ainsi, des solutions d’adaptation seront certainement développées.

Sources: 01.Net, Lunaweb, Stratégie Digitale

Texte rédigé par Florent Bovicelli

La fonction “application” sur Facebook au secours du Guardian

En septembre dernier, lors de la conférence annuelle de Facebook dévoilant au grand public les nouveautés du site, Mark Zuckerberg (P-DG du réseau social) a annoncé le lancement de l’application du quotidien The Guardian sur son site. Comme le Washington Post ou the Wall Street Journal, The Guardian a choisi de s’appuyer sur le géant des réseaux sociaux pour transmettre l’information. Un choix qui annonce une nouvelle manière d’écrire pour séduire un nouveau lectorat.

Le 22 septembre 2011, à l’heure où les écoliers reprenaient le chemin de l’école, le journal The Guardian a préféré emprunter le chemin des réseaux sociaux avec le lancement de son application sur Facebook. Le but de cette application est de s’appuyer sur une fonctionnalité déjà familière aux utilisateurs du géant Facebook pour leur faire découvrir la qualité du contenu du Guardian. L’application du quotidien britannique mise sur l’expérience de l’accès à l’information sans quitter Facebook,tandis que The Independent ou encore Yahoo! News ont fait un pari différent; leur application renvoie directement sur leur site d’information.

Cette application présente l’avantage de proposer aux lecteurs une sélection d’articles plus personnelle et donc plus pertinente. Pour Meg Pickard, la responsable du développement des médias sociaux du Guardian Media Group il s’agit également d’attirer de nouveaux lecteurs potentiels, incités par les interactions, notifications et autres articles du Guardian publiés sur le mur de leurs amis. Objectif atteint puisque l’application compte déjà 2,2 millions d’utilisateurs actifs par mois. Un succès qui se traduit  par une moyenne très honorable d’un million de pages vues chaque jour. A noter que les moins de 25 ans représentent plus de la moitié des utilisateurs  de l’application; rien d’étonnant à cela puisque parmi les 750 millions d’utilisateurs de Facebook, 46% ne dépassent pas le quart de siècle. Andrew Miller, directeur général de la maison mère Guardian Media Group se félicite de ces résultats, évoquant la difficulté pour les nouvelles organisations d’atteindre cette tranche de la population.

Devant de telles statistiques des questions se posent :  The Guardian, et plus généralement les journaux présents sur les réseaux sociaux sont-ils en passe d’adapter le format et le contenu de leurs articles à l’âge de leur nouveau lectorat? Lorsqu’on sait que les moins de 25 ans sont réfractaires aux articles trop denses, aux termes trop complexes et leur préfèrent les vidéos, la question est loin d’être inintéressante.

Une autre incertitude liée à l’application concerne la confidentialité des articles consultés. En effet,l’application Facebook du Guardian enregistre et partage tous les articles lus par son utilisateur,tout comme l’application Yahoo! News. Les articles apparaissent dans le fil d’information mais aussi dans une boite d’information sur le profil de l’utilisateur. Concrètement,les articles consultés par l’utilisateur via l’application sont visibles par ses amis. Moyennement glamour pour les amateurs d’articles à propos du saucisson brioché (dans le meilleur des cas). Le blogueur Dave Winer, dans un billet intitulé «Facebook is scaring me » (Facebook me fait peur) apparente cette nouvelle fonction à un logiciel malveillant : « Cette fois ils font quelque chose d’effrayant, qui ressemble à un virus. Ce genre de comportement mérite un nom péjoratif, comme le phishing, le spam ou le cyber-espionnage  ».

Mark Zuckerberg a déclaré à la fin de la conférence, à l’attention des développeurs « Il faut repenser certaines industries! ». Il y a fort à parier que la révolution des médias par les réseaux sociaux ne fait que commencer… Le patron de Facebook n’a donc pas fini de nous surprendre!

Texte rédigé par Tania Messaoudi