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Edition Europe

E.K. TV : Une Web Tv ambitieuse

Elles fleurissent sur la toile et feront probablement partie intégrante de la télévision de demain. Les Web Tv ont le vent en poupe et se démocratisent. Cette semaine nous avons rencontré Vincent Stuart, fondateur et directeur d’EK TV, une Web Tv belge. Le temps d’un entretien il revient sur le concept de sa télévision, sur son approche du Web et sur l’avenir.

Logo EK TV

C’est à Mons en Belgique, que se trouvent les studios d’EK TV. Cette Web Tv ou plutôt « télévision qui utilise le Web » pour diffuser ses programmes, est née il y a trois ans par la volonté de Vincent Stuart. C’est par la musique que le créateur s’est rapproché de la télévision. D’abord musicien, c’est en tant qu’ingénieur du son qu’il a fait ses débuts dans l’univers audiovisuel.  Très vite il se sent à l’ « étroit » et « Frustré par les contraintes d’une télévision ». Il assiste alors au développement du web et décide de se lancer : « J’ai commencé à temps partiel,  c’était le moment de créer un média comme nous voulions le faire ».

Le créateur d’EK TV décrit son rôle de fondateur et directeur au sein de la Web Tv : « Etre fondateur, c’est la passion, directeur c’est la raison ». Pour lui il est important de faire «  ce que l’on a envie de faire ».

Le concept EK TV : le décloisonnement des programmes
Vincent Stuart décrit son média comme un support, « un laboratoire hybride. Nous créons encore le média en expérimentant ». Cependant, il y a une ligne éditoriale de base : « nous faisons tout sauf de l’information ». D’après lui l’information n’est pas ou plus possible sur la toile : « Faire de l’information nous géolocalise, nous ne voulons pas avoir de barrières. De plus, nous n’avons pas de place à nous faire dans ce domaine, on ne peut pas lutter contre les chaines nationales et locales ».  EK TV décide donc d’axer ses programmes sur le sport, la musique ou encore l’art.

Pour son fondateur, EK TV a « une ligne éditoriale forte et qui veut se positionner comme un média tv sur le web. Nous sommes très présents sur le sport mais pas que. Nous voulons créer des ponts entre des univers très différents et partons du principe qu’il peut y avoir, via le sport  (ndlr : qui draine un grand nombre d’audience) un effet boule de neige sur d’autres centres d’intérêts, musique, ciné ou expo. ». Vincent Stuart explique qu’il s’agit d’un « pari » car il n’est « pas évident de créer un grand écart  entre des contenus vraiment divers ».

Annonce d’un match de Basket du BMH, dont EK TV est partenaire, diffusé en direct

La volonté d’EK TV est d’avoir une portée internationale. Certes, bon nombres de programmes concernent la région (ndlr : Football –  RAEC et Basket – BMH), mais ils sont également nombreux à être destinés à un public plus international, tous étant d’ailleurs sous titrés en Anglais et en Allemand. EK TV, diffuse ses programmes en VOD ou en direct, l’une des grandes particularités de la chaine en comparaison avec les Web Tv classiques : « Dès que tu fais du sport, tu es inévitablement confronté au direct. Mais ce n’est pas facile d’en faire, car il faut des moyens techniques importants ».

Enfin la dernière stratégie d’EK Tv est celle de compter sur les pointures sportives, musicales, cinématographiques ou artistiques avec tout ce que cela implique. Vincent Stuart explique : « Les programmes sur internet se font sur ce qui est émergent, nous voulons travailler avec les pointures. Pour le sport, nous avons des partenariats avec des équipes de première division (Football et Basket). Pour la musique, nous couvrons les concerts d’artistes de grande renommée,  Arno par exemple. Nous sommes ambitieux. Cela implique des moyens importants car nous devons être performants et produire quelque chose de qualité au vue des partenariats que nous avons, si nous voulons être crédibles ». Cela a un coût, et si la plupart des programmes proposés sur le site sont gratuits, certains sont par contre payants ; Le prix de l’exclusivité.

Internet, un espace de liberté
Le fondateur de la Web Tv veut se servir d’Internet  comme d’un support dans lequel les contraintes de la télévision n’existent pas. « Nous venons tous de médias classiques, presse, télévision, radio, nous étions frustrés par les contraintes : contenus, durées, formatage, segmentation… ». Mais le directeur y voit également un autre avantage : « Le Web nous  permet d’être créatifs, moins couteux et de produire des images dans le monde entier. Le Web nous permet d’avoir une certaine liberté journalistique en sortant du formatage et de la segmentation. Avec  internet, tout est possible ». Pour autant le Web n’a pas que des avantages. Un site Web nécessite « beaucoup de travail  et de sacrifices ». Vincent Stuart est conscient des risques que représente Internet : « Le Web est un environnement dans lequel on est vite oublié, il dématérialise et efface très vite, c’est la culture du superficiel, tout va très vite ».

Mais il reste quand même optimiste sur l’avenir, ou plutôt le présent : « Ce genre de télévision c’est plus que l’avenir, c’est le présent.  Tous les médias doivent dès aujourd’hui se redéfinir par rapport à l’existence d’internet. Même si en Belgique on est un peu à la traine… ». C’est aussi un bouleversement pour le journalisme : « Tout le journalisme se remet en question avec le Web et tous les modèles changent.  Tout est bouleversé. Le web bouleverse aujourd’hui l’industrie journalistique, comme cela a été le cas pour d’autres domaines comme la musique ».

Mais après trois ans d’existence, Vincent Stuart est résolument tourné sur l’avenir : « Nous allons faire une refonte de nos programmes et tirer les leçons de ce qui a marché et ce qui n’a pas marché».  Pour lui l’avenir ne peut que s’améliorer : « Nous avons des annonceurs qui commencent à y croire et qui nous aident financièrement.  Pour le moment nous avons réussi à réunir « les trois pieds du tabouret » : Programme, Audience et annonceurs ». Le site est en constante progression, l’an dernier un million de visiteurs issus de 115 pays se sont rendus sur le site pour un temps moyen consulté de 6 minutes cinquante. Voila de quoi rassurer Vincent Stuart.

Pour aller plus loin :
EK TV

Entretien réalisé par Thibaud Texeire

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