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Edition Amérique du nord

Emmanuel Letouzé, dessinateur expatrié : « La caricature de presse est très adaptée aux nouveaux médias »

Emmanuel Letouzé, plus connu sous le nom Manucartoons, a toujours dessiné. Expatrié à Brooklyn, cet économiste voyageur, ancien de Sciences Po, occupe son temps libre à croquer la vie politique française et américaine et ne désespère pas d’être un jour publié dans le célèbre New Yorker… En attendant, il est possible de voir ses dessins sur Rue89, son blog www.manucartoons.com, et le site Stuff Expat. Ses publications font souvent le tour des réseaux sociaux. Pour Horizons Médiatiques, il revient sur l’activité de caricaturiste de presse et son rapport avec les nouveaux médias.

Être illustrateur/blogueur expatrié aux USA, cela implique de connaître l’actualité de deux pays. Comment vous informez-vous au quotidien ?
De différentes façons. Pour l’actualité française, exclusivement sur Internet : LeMonde.fr, Libération.fr, Rue89, Lefigaro.fr… J’y vais tous les jours. Je vais aussi sur Facebook et Twitter. Pour la presse internationale, c’est le New York Times, The Economist, Le New Yorker… je lis beaucoup de presse écrite, je m’informe partout, en fait.

Quels thèmes vous inspirent le plus ?
Pour Rue89 et mon blog, c’est la politique qui domine. Mais je soumets aussi des dessins au New Yorker toutes les semaines, qui ne sont pas des sujets d’actu, mais plus des dessins sociaux sur les relations humaines… Ce n’est pas la même approche sur le fond et graphiquement. J’ai commencé en janvier à proposer mes dessins régulièrement au New Yorker, et j’ai dû adapter mon style. Tous les mardis, j’apporte mon « batch », mon lot de dessins. J’ai dû en apporter une quinzaine depuis la première fois.

A choisir, si vos dessins étaient publiés dans le New Yorker, vous les préféreriez sur le Web ou sur la version papier ? La version papier n’est-elle pas plus « prestigieuse » ?
Les dessins du New Yorker se prêtent bien au web : ils sont en noir et blanc, épurés. Ils ont même leur propre application Ipad. On peut les mettre facilement en album photo et en slideshow. Le Cartoon editor du New Yorker, Bob Mankoff, a créé Cartoon Bank, un répertoire en ligne de tous les dessins du New Yorker depuis ses débuts. Le projet d’une publication en ligne ou une BD électronique, sur Ebook par exemple, ne me dérangerait pas.

Avec le New Yorker, vos dessins sur Rue89, et d’autres publications d’illustrateurs en ligne, peut-on dire que le Web est une alternative à la caricature de presse sur papier ?
Le New Yorker marche très bien sur papier. Le dessin de presse se prête très bien aux nouveaux médias. C’est un mode de consommation visuel, comme la lecture, qu’on peut pratiquer dans le train ou le métro. La plupart de mes dessins ne passent pas sur le papier, ni à l’entrée ni à la sortie. Je travaille sur tablette digitale et sur Photoshop, et j’uploade directement sur mon blog !

Votre dessin sur le Halal et la « première préoccupation des français » a beaucoup tourné sur le Web. Le message d’une caricature, la critique par le dessin, sont-ils plus facile à partager qu’un billet ou qu’un éditorial écrit ?

L’aspect graphique est intéressant, parce qu’il attire l’œil. Il y a deux différences : c’est à la fois plus facile et plus difficile. Il faut trouver une accroche visuelle, pour que ça crée un choc immédiat. Et c’est plus facile qu’un article ou il faut être précis, avec des chiffres par exemple, avoir un côté scientifique. On peut se permettre d’être caricatural. D’ailleurs, j’ai eu des commentaires qui me reprochaient ce dessin, disant que certaines personnes qui vont aux Restos du coeur refusent des produits non halal. Mais le dessin permet d’y aller avec des gros sabots : les gens ne s’attendent pas à ce que ce soit aussi mesuré, sourcé, qu’un article.

Le fait que le dessin soit digital change-t-il la donne ?
Pour certains dessinateurs, oui. Ils trouvent que les dessins sur palette graphique sont trop flashy, les couleurs trop criardes. C’est le cas du dessinateur de presse Chimulus (fils du dessinateur Jacques Faizant, célèbre éditorialiste au Figaro).
Mais si on maîtrise le noir et blanc, la palette graphique est un bon outil! Elle permet aussi d’ajouter plus de couleurs, d’autres contenus que du dessin, comme du multimédia, des photos…
Et en voici un exemple !

D’autres caricatures de Manu :

Propositions au New Yorker :

Propos recueillis par Mylène Hassany

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