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Edition Monde Arabe

Fedwa Misk, celle qui veut révolutionner la presse féminine marocaine

Il y a trois mois, Fedwa Misk a lancé le « magazwine » Qandisha, un site collaboratif féminin d’actualité et de débats, qui se veut différent et anticonformiste. Elle ne s’attendait pas à un si bon accueil sur la toile marocaine. Jeune femme super-active au parcours étonnant, Fedwa Misk ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : avec Qandisha, elle veut offrir une tribune libre aux marocaines et révolutionner la presse féminine.

www.qandisha.ma

Fedwa Misk, élégante marocaine de bientôt 31 ans, a choisi l’un des salons de thé « Paul » de Casablanca pour notre rencontre. Un rendez-vous qui s’inscrit dans le cadre d’un travail pour mon journal d’accueil, Challenge, qui prépare pour le 8 mars un numéro spécial sur les femmes qui font bouger le Maroc. Et Fedwa Misk fait partie de cette génération montante, pleine de nouvelles idées et d’envies de changement.  Avec le web-magazine féminin Qandisha, elle s’est lancée dans l’aventure du journalisme collaboratif en ligne. Nouvelles pratiques journalistiques mais surtout nouvelle vision de la presse féminine.

Qandisha, l’oeuvre d’une super-active passionnée
Tout a commencé lors d’une discussion entre copines sur les magazines féminins marocains. Ni la forme, ni le fond ne les attirent vraiment. Elles rêvent d’un féminin intelligent, loin du diktat de la pub, qui leur parle aussi d’actu. Justement, ce magazine existe grâce à une femme remarquable, Fedwa Misk. C’est elle qui a imaginé et créée Qandisha, un féminin sans rubrique cuisine, ni mode, ni beauté. Un web-magazine d’une grande liberté de ton, mélangeant média d’opinion et presse féminine.  Un site collaboratif auquel participe régulièrement une dizaine de figures féminines de la presse, des blogs et de la littérature marocaine. Mais qui donne aussi la parole à toute femme qui souhaite proposer un article en français, en arabe ou en anglais.

Fedwa Misk est donc la fondatrice, modératrice et coordinatrice de Qandisha. Bloggeuse depuis longtemps, la jeune marocaine a une bonne connaissance du web, mais elle a aussi une plume aiguisée au travers de son expérience de journaliste. Pigiste pour de nombreux journaux marocains et étrangers, animatrice d’un café littéraire à Casablanca, aimant parler philosophie et littérature, Fedwa Misk a pourtant suivi des études scientifiques. Aujourd’hui, elle est en fin de préparation de sa thèse de médecine. Elle pense un jour ouvrir son cabinet et exercer en tant que médecin. Ou peut être pas. On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. En tout cas, elle n’a pas attendu la fin de ses études pour vivre ses passions et ses rêves à fond, aussi éclectiques soient-ils. C’est grâce à son caractère volontaire et super-actif qu’est né Qandisha, publication appréciée de la toile marocaine et récoltant de bonnes statistiques après trois mois seulement d’existence.

Féminin décalé et libéré, ouvert aux hommes

Ce qui est étonnant, c’est que les fans de Qandisha sur facebook sont à 50% masculins. Avec son web-magazine, Fedwa Misk va de surprises en surprises. Selon elle,  l’intérêt des hommes pour Qandisha prouve que, loin des idées reçues, l’homme marocain a désormais besoin d’une femme différente qui revendique ses droits et qui parle franchement. D’ailleurs Fedwa Misk a tenu à ce que Qandisha ait une rubrique spéciale qui donne la parole aux hommes. Bien entendu, les débats soulevés par le web-magazine sont parfois sujets à polémique et Qandisha a fait l’objet de quelques critiques et controverses. Mais pour sa fondatrice, c’est tout à fait normal, elle a même parfois publié ces critiques sur le site.

Devant le succès de Qandisha, Fedwa Misk veut poursuivre son action en essayant de toucher de plus en plus de lectrices, et continuer à recevoir les articles des marocaines. Son souhait est de décoincer la parole féminine. Selon elle, si le Maroc n’a pas connu une véritable révolution, les printemps arabes ont tout de même permis de libérer la parole et de débloquer le dialogue au Maroc. Elle veut en profiter et continuer dans ce sens, en espérant pousser la presse féminine à évoluer.
Actuellement Fedwa Misk réfléchi au modèle économique de Qandisha. Pour le moment le site est entièrement gratuit et sans publicité. Mais des rentrées d’argent permettraient d’avoir un budget pour des enquêtes de terrain. La jeune femme y pense, tout en se promettant de ne jamais « se faire bouffer » par la publicité. Quand elle pense à l’avenir, elle explique fermement que si des annonceurs souhaitent soutenir Qandisha, il faudra qu’ils sachent qu’ils participent à un projet d’émancipation et qu’il n’est pas question de brider l’écriture de ses collaboratrices.

Texte rédigé par Célie Gourdon

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