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E.K. TV : Une Web Tv ambitieuse

Elles fleurissent sur la toile et feront probablement partie intégrante de la télévision de demain. Les Web Tv ont le vent en poupe et se démocratisent. Cette semaine nous avons rencontré Vincent Stuart, fondateur et directeur d’EK TV, une Web Tv belge. Le temps d’un entretien il revient sur le concept de sa télévision, sur son approche du Web et sur l’avenir.

Logo EK TV

C’est à Mons en Belgique, que se trouvent les studios d’EK TV. Cette Web Tv ou plutôt « télévision qui utilise le Web » pour diffuser ses programmes, est née il y a trois ans par la volonté de Vincent Stuart. C’est par la musique que le créateur s’est rapproché de la télévision. D’abord musicien, c’est en tant qu’ingénieur du son qu’il a fait ses débuts dans l’univers audiovisuel.  Très vite il se sent à l’ « étroit » et « Frustré par les contraintes d’une télévision ». Il assiste alors au développement du web et décide de se lancer : « J’ai commencé à temps partiel,  c’était le moment de créer un média comme nous voulions le faire ».

Le créateur d’EK TV décrit son rôle de fondateur et directeur au sein de la Web Tv : « Etre fondateur, c’est la passion, directeur c’est la raison ». Pour lui il est important de faire «  ce que l’on a envie de faire ».

Le concept EK TV : le décloisonnement des programmes
Vincent Stuart décrit son média comme un support, « un laboratoire hybride. Nous créons encore le média en expérimentant ». Cependant, il y a une ligne éditoriale de base : « nous faisons tout sauf de l’information ». D’après lui l’information n’est pas ou plus possible sur la toile : « Faire de l’information nous géolocalise, nous ne voulons pas avoir de barrières. De plus, nous n’avons pas de place à nous faire dans ce domaine, on ne peut pas lutter contre les chaines nationales et locales ».  EK TV décide donc d’axer ses programmes sur le sport, la musique ou encore l’art.

Pour son fondateur, EK TV a « une ligne éditoriale forte et qui veut se positionner comme un média tv sur le web. Nous sommes très présents sur le sport mais pas que. Nous voulons créer des ponts entre des univers très différents et partons du principe qu’il peut y avoir, via le sport  (ndlr : qui draine un grand nombre d’audience) un effet boule de neige sur d’autres centres d’intérêts, musique, ciné ou expo. ». Vincent Stuart explique qu’il s’agit d’un « pari » car il n’est « pas évident de créer un grand écart  entre des contenus vraiment divers ».

Annonce d’un match de Basket du BMH, dont EK TV est partenaire, diffusé en direct

La volonté d’EK TV est d’avoir une portée internationale. Certes, bon nombres de programmes concernent la région (ndlr : Football –  RAEC et Basket – BMH), mais ils sont également nombreux à être destinés à un public plus international, tous étant d’ailleurs sous titrés en Anglais et en Allemand. EK TV, diffuse ses programmes en VOD ou en direct, l’une des grandes particularités de la chaine en comparaison avec les Web Tv classiques : « Dès que tu fais du sport, tu es inévitablement confronté au direct. Mais ce n’est pas facile d’en faire, car il faut des moyens techniques importants ».

Enfin la dernière stratégie d’EK Tv est celle de compter sur les pointures sportives, musicales, cinématographiques ou artistiques avec tout ce que cela implique. Vincent Stuart explique : « Les programmes sur internet se font sur ce qui est émergent, nous voulons travailler avec les pointures. Pour le sport, nous avons des partenariats avec des équipes de première division (Football et Basket). Pour la musique, nous couvrons les concerts d’artistes de grande renommée,  Arno par exemple. Nous sommes ambitieux. Cela implique des moyens importants car nous devons être performants et produire quelque chose de qualité au vue des partenariats que nous avons, si nous voulons être crédibles ». Cela a un coût, et si la plupart des programmes proposés sur le site sont gratuits, certains sont par contre payants ; Le prix de l’exclusivité.

Internet, un espace de liberté
Le fondateur de la Web Tv veut se servir d’Internet  comme d’un support dans lequel les contraintes de la télévision n’existent pas. « Nous venons tous de médias classiques, presse, télévision, radio, nous étions frustrés par les contraintes : contenus, durées, formatage, segmentation… ». Mais le directeur y voit également un autre avantage : « Le Web nous  permet d’être créatifs, moins couteux et de produire des images dans le monde entier. Le Web nous permet d’avoir une certaine liberté journalistique en sortant du formatage et de la segmentation. Avec  internet, tout est possible ». Pour autant le Web n’a pas que des avantages. Un site Web nécessite « beaucoup de travail  et de sacrifices ». Vincent Stuart est conscient des risques que représente Internet : « Le Web est un environnement dans lequel on est vite oublié, il dématérialise et efface très vite, c’est la culture du superficiel, tout va très vite ».

Mais il reste quand même optimiste sur l’avenir, ou plutôt le présent : « Ce genre de télévision c’est plus que l’avenir, c’est le présent.  Tous les médias doivent dès aujourd’hui se redéfinir par rapport à l’existence d’internet. Même si en Belgique on est un peu à la traine… ». C’est aussi un bouleversement pour le journalisme : « Tout le journalisme se remet en question avec le Web et tous les modèles changent.  Tout est bouleversé. Le web bouleverse aujourd’hui l’industrie journalistique, comme cela a été le cas pour d’autres domaines comme la musique ».

Mais après trois ans d’existence, Vincent Stuart est résolument tourné sur l’avenir : « Nous allons faire une refonte de nos programmes et tirer les leçons de ce qui a marché et ce qui n’a pas marché».  Pour lui l’avenir ne peut que s’améliorer : « Nous avons des annonceurs qui commencent à y croire et qui nous aident financièrement.  Pour le moment nous avons réussi à réunir « les trois pieds du tabouret » : Programme, Audience et annonceurs ». Le site est en constante progression, l’an dernier un million de visiteurs issus de 115 pays se sont rendus sur le site pour un temps moyen consulté de 6 minutes cinquante. Voila de quoi rassurer Vincent Stuart.

Pour aller plus loin :
EK TV

Entretien réalisé par Thibaud Texeire

Le journalisme web, l’avenir du papier?

Métro Montréal est un journal bien dans son temps. Né il y a dix ans sur le papier, le média développe depuis 2008 une plateforme d’information sur internet. Rencontre avec l’équipe web du journal pour savoir ce que ce bouleversement a changé dans leur quotidien et leur vision du journalisme.

Tous les matins, dès 4 h du matin, les lecteurs peuvent, à chaque coin de rue et devant chaque bouche du métro montréalais, assouvir leur soif d’information grâce aux nouvelles qu’ils lisent dans le quotidien gratuit Métro. Les plus interactifs peuvent pourtant, et depuis 2008, lire ces infos sur la Toile, la veille. La raison de ce prodige? Une équipe de journalistes web assez réactive.

Et Dieu créa le Web journalisme
L’intrusion du Web dans le journalisme est la principale innovation qui a touché la profession au courant des années 2000.
«Il y a un coté gestion chez le journaliste web que n’a pas forcement le journaliste traditionnel, affirme Audrey Lavoie, journaliste web. Et il y a la rapidité. On ne travaille pas pour le journal de demain mais pour l’immédiat.»
La promotion de ses articles sur les réseaux sociaux et les échanges interactifs entre professionnel est une donnée qui paraît aujourd’hui très banales mais qui, il y a dix ans, n’étais pas du fait des journalistes.
Pour Christian Duperron, directeur des plateformes interactives, le passage au numérique a révolutionné son mode de travail. «Au départ, j’étais journaliste papier. La transition s’est faite quand on a crée un site web pour accompagner le format papier. Tout cela a changé notre rapidité d’exécution.»
Il est désormais primordial d’avoir l’information le plus rapidement possible, de les construire très vite et de la mettre en ligne alors même qu’elle n’est pas achevée, selon le journaliste. La règle principale demeure la rapidité.
Pour autant, le journalisme Web, ce n’est pas seulement rajouter des liens hypertextes à un papier. «Je suis tanné d’entendre les gens dire qu’il faut rajouter des vidéos et des hyperliens. Nous sommes en 2012. Le web journalisme, se n’est pas écrire comme en 1992 et rajouter un lien, C’est une manière de penser, c’est aussi faire les choix des intervenants grâce au support.»

Allier les supports en les différenciant
Est-ce qu’avoir un site internet, ce n’est pas juste un gadget qui répète les informations déjà présentes sur les pages du journal?
Pas tout à fait pour Rachelle McDuff, co-directrice de l’information.
«Chez Métro, nous traitons nos deux supports comme deux médias très différents. Certains articles ne vont que sur le web, d’autres ne font l’objet que de brèves sur le papier et sont davantage développés sur internet. L’information ne prend pas la même forme d’un format à l’autre.»
Autre différence, le site web se focalise sur l’hyperlocal alors que la version papier est plus généraliste. Metro essaye de toujours illustrer ce qui se passe à Montréal au même moment sur sa page d’accueil.

Le numérique va-t-il tuer le papier?
«À court terme, il est clair que le le web ne tuera pas les journaux physiques, explique Audrey Lavoie. Mais a long terme le support électronique devrait prendre davantage de place, notamment avec la popularité des tablettes. »
Cela dit, un journal comme Métro n’a de sens que sur papier puisque c’est un journal de transport, un canard distribué aux passants.
Perdre les journaux tel que nous les connaissons aujourd’hui, c’est perdre la relation privilégiée et tactile qu’on lie au papier, celle du café accompagné du froissement des feuilles, affirme la journaliste de Métro qui reconnaît pourtant s’informer principalement sur le web.
Pour d’autres membres de l’équipe, la cohabitation entre les deux formats est possible et le journal Métro en est le bel exemple. « On lie de plus en plus de liens entre les supports et les plateformes, mais certaines choses ne seront jamais vraiment «web friendly», affirme Anicée Lejeune, une autre journaliste web de la rédaction.

La nostalgie du Papier
Anicée redoute la disparition du papier avec lequel elle a grandit et avec lequel elle a commencé sa carrière. «Je serai toujours une journaliste papier dans l’âme», confie la journaliste.
«Si nos journaux papier venaient à disparaître, je serai forcement nostalgique, mais j’ai quand même espoir dans les possibilités qu’offre les tablettes et leur portabilité. Rien ne remplacera le sentiment de lire un journal papier. Pour autant, la nostalgie ne s’entend que pour ceux qui ont grandit avec le papier. Mon fils ne sera surement pas nostalgique du papier si il venait a disparaître », conclut le directeur des plateformes interactives de Métro.

L’équipe du Journal Métro Montréal

Texte rédigé par Maxence Knepper

NPR : Du global au local et vice versa…

La radio nationale américaine NPR mène une expérience locale à l’échelle nationale… Près de 3 millions de dollars sont investis dans ce projet appelé « Argo ». Et les premiers résultats sont à la fois encourageants et surprenants.

La National Public Radio couvre l’actualité nationale aux Etats-Unis. Elle est composée de plusieurs stations locales mais le siège se trouve à Washington. Plusieurs millions d’américains se connectent chaque jour sur le site qui propose par ailleurs un travail journalistique d’une qualité remarquable. «Nos expériences précédentes nous ont montrées que les utilisateurs de nos pages avaient un appétit certain pour les informations locales » affirme Bob Kempf, directeur générale du secteur digitale de la radio. Les journalistes ont aussi observé la capacité des internautes à utiliser les liens vers d’autres radios pour avoir accès à des informations plus précises. Mais aucune mesure précise n’avait été effectuée jusqu’à présent.

Au total treize stations locales participeront à ce pilote à travers le pays. Chacune de ces stations se concentrera sur un thème ayant une résonance nationale mais du point de vue locale. Les utilisateurs se connectant dans une des régions concernées par le test verront automatiquement s’afficher sur la page d’accueil un petit encadré vers la rubrique d’informations locales. WBUR, radio locale de Boston a ainsi un espace réservé au thème de la santé. KPCC en Californie traitera en revanche les questions liées à l’immigration. Pour Vivian Schiller, président de NPR, la radio nationale peut faire ce que peu de médias peuvent faire. « Beaucoup se demandent comment traiter le local et le national. C’est ce que nous pouvons faire car nous avons les infrastructures pour ça. » se réjouit-il. Il sera également aidé pour cela d’un chèque de 3 millions de dollars pour mettre en place le réseau numérique, gérer la page Facebook et mener des enquêtes d’investigations sur le terrain. Évidemment les internautes sont invités à participer. Des espaces de discussions sont prévus à cet effet pour poster les critiques, les suggestions ou pour les dons.

Afin d’avoir des informations précises sur ce qui intéresse les utilisateurs du site, les organisateurs ont divisé les stations en deux catégories. Sept d’entre elles posteront sur leur page d’accueil des liens vers leurs propres sujets locaux. Les six autres posteront des liens vers les sites des autres radios. A titre personnel, résident à Los Angeles je devrais donc avoir un accès au site de NPR avec un encadré sur les informations locales liées à l’immigration. La preuve par ce lien et en regardant à droite de la page. Et si on ouvre cet encadré ont arrive donc directement sur cette page. Et le sujet est effectivement l’immigration.

Une expérience menée conjointement sur Facebook.
La radio NPR est évidemment présente sur les principaux réseaux sociaux. La page Facebook compte environ 2.3 millions de fans. Mais les administrateurs de la page ont observé des résultats étonnants lors des dernières expériences qu’ils ont menées. En parallèle des posts nationaux qui continuent d’alimenter jour et nuit la page, certaines informations ne sont visibles que pour une partie précise des utilisateurs de la page. Là encore la géolocalisation et les paramètres du réseau social ont permis de ne rendre les sujets locaux visibles que pour les habitants de la région. Les mesures de fréquentations, de partages et de « Like » sont très différentes d’un sujet à un autre.

Voici le graphique pour un sujet national visible par tous.

et voici le graphique pour un sujet local visible uniquement pour les habitants de Seattle.

Les résultats montrent un intérêt et une capacité de diffusion bien plus importantes malgré le nombre restreint de lecteurs.
De même on observe une plus grande activité sur les forums pour un sujet local. on peut effectivement penser que certaines questions posées à Seattle n’intéressent que peu les habitants de Boston ou de Los Angeles

Le pilots doit durer environ un mois encore . Si tous se passe bien il sera généralisé à toutes les radios du pays, ce qui représente pas moins de 960 stations. L’information locale prendra alors une toute autre dimension.

Texte rédigé par Jean-Bernard Bossu

Le monde arabe autrement sur mashallahnews.com

Des blogueurs d’une vingtaine de villes du Maghreb et du Moyen Orient centralisent leurs articles sur le site Mashallahnews.com. De Casablanca à Téhéran en passant par Istanbul et  Abu Dhabi, les chroniqueurs y étalent des articles de qualité à l’angle décalé. Des sujets inédits et pleins d’enthousiasme. Quelques raisons d’aimer ce site.

C’est plurilingue
« Mashallah ! », ça signifie « quelle beauté ! ». La formule prête son nom au site car elle est employée dans tous les pays qu’il couvre, du monde Arabe plus l’Iran et la Turquie. Si le site est en Arabe, les chroniques sont également en Anglais, avec pour certaines une traduction en français. L’idée est de créer une fenêtre pour les occidentaux qui ne maîtrisent pas l’arabe. Ces derniers doivent faire confiance à leurs médias nationaux et passent à côté de bien des informations et de jeunes artistes.

C’est un autre regard
« Il faut briser les stéréotypes », nous dit Micheline Toubia, étudiante en science politique et membre du bureau de Beyrouth pour le site. « En finir avec l’image des burqas et des familles en pleurs qui noircissent les écrans de télé ». Pas question pour les contributeurs (blogueurs ou étudiants, tous bénévoles) de reprendre les dépêches de googlenews pour parler de la situation dans leur pays. La priorité à Mashallahnews est donnée au terrain : Gens simples, quotidien, culture underground et innovations, les sujets présentent une forme d’originalité par rapport au discours mainstream.

C’est authentique
La chroniqueuse Beyrouthine précise : « La base du site, ça reste notre identité ». Bien que les textes soient en Anglais, les articles sont écrits avec un angle local, décalé de celui des envoyés spéciaux ou des correspondants internationaux. Une source d’inspiration pour les étrangers qui souhaitent porter leur regard sur les nouvelles dans la région sans l’aide d’Al Jazeera. D’où le titre évocateur d’informations désOrientées.


C’est innovant
La primauté est donnée à la nouveauté: Dans le fond des articles, puisque aucun sujet déjà traité par la presse n’est accepté, mais aussi sur la forme, avec un webdesign soigné et la présence de formats multimédias. Ses efforts d’originalité ont valu aux créateurs du site d’être primés en novembre dernier lors du World Summit Youth Award. Les équipes travaillent sur un nouveau concept axé sur le web-documentaire et l’interaction avec d’autres sites innovants.

C’est relax
Le site publie deux à cinq articles par semaine : Pas de quoi stresser. Un design sobre et espacé, sans flashs info ni photos chocs, pas de fil twitter épileptique. Le site mise sur la qualité: le visuel, le choix des sujets et leur contenu.

Étrangement, les auteurs ne sont pas férus de l’appellation “Printemps Arabe”… Découvrez pourquoi, été, automne comme hiver, sur mashallahnews.

Texte rédigé par Cyril Fourneris

TéléPlus : la première Web TV de l’île Maurice

Lexpress.mu a toujours été le site d’informations le plus visité de l’île Maurice. Mais ces dernières années, un petit nouveau a fait son apparition et poursuit lentement son ascension. Le defimedia.info a lancé en janvier 2012 sa Web TV, TéléPlus, une chaîne qui surfe sur la vague des faits divers et des scandales en tout genre, des sujets qu’affectionnent particulièrement les mauriciens.

Si tous les médias mauriciens sont présents sur la toile, TéléPlus est la première Web TV à Maurice. Après la presse écrite, la radio, et le site web, le Défi Media Group s’est lancé dans une nouvelle aventure, la webtélé. Un pari réussi, puisque cette innovation a boosté les visites du site, qui s’est classé le jeudi 22 mars à la première place des sites d’informations les plus visités de l’île, détronant ainsi lexpress.mu. Par ailleurs, la chaîne Youtube de TéléPlus a enregistré pas moins de 1 601 868 vues depuis sa création en janvier 2012.

TéléPlus propose des émissions politiques, économiques, magazines, ou sports. Mais son programme phase s’intitule « Archives Criminelles ». Celui-ci retrace les crimes et autres faits divers qui ont marqué l’île. Un produit qui a été taillé à la mesure des attentes des téléspectateurs, qui raffolent de ces sujets. Si le Défi Media Group a osé s’aventurer sur d’autres supports multimédia, c’est pour bousculer la manière qu’on les mauriciens de s’informer, et de les divertir en plus de les éduquer.

L’objectif était aussi de proposer une alternative à la diffusion propagandiste de la télévision nationale mauricienne, qui détient le monopole de l’information télévisuelle depuis trop longtemps. En tant que média privé, le Défi Media Group souhaite que la population mauricienne est davantage accès à l’information libre et indépendante. Disponibles en streaming et sur tous supports possédant une connexion Internet, cette Web TV constitue une véritable évolution dans la façon de regarder la télévision à Maurice.

Cela relance la compétition entre les médias mauriciens. Les deux autres principaux quotidiens de l’île, l’Express et le Mauricien, assistent à l’avancée du Defimedia et commencent à réaliser qu’il est grand temps de rentrer dans l’ère de la télévision mobile.

Ci-dessous une vidéo faits divers…


Texte rédigé par Amandine Fournier

Le nouveau code de déontologie du journalisme en Côte d’Ivoire fait débat

Un nouveau code de déontologie du journaliste ivoirien a été adopté le 23 février dernier. Là où certains y voient une avancée manifeste dans l’indépendance de la presse, dans la sous-région, d’autres y voient, au contraire, l’officialisation de pratiques journalistiques courantes mais illégale, en Côte-d’Ivoire et dans le reste de l’Afrique de l’Ouest.

Le 23 février 2012 a eu lieu, à la Maison de la Presse d’Abidjan, la présentation du nouveau code de déontologie du journaliste ivoirien. Adopté, entre autres, par le Conseil National de la Presse (CNP) ainsi que l’Observatoire  de la Liberté de la Presse, de l’Ethique et de la Déontologie (Olped). Ce code vient remplacer le dernier code datant de 1992. Il est composé de 30 articles, 22 liés aux devoirs du journaliste, 10 faisant référence aux droits de ce dernier. Pour beaucoup d’observateurs, à l’instar de Souleymana Bourahima (International Medias Support) ou Blayhou Brigth (Media Fondation For West Africa), ce code est une avancée considérable pour le journalisme en Côte-d’Ivoire et pour toute la sous-région. Il serait difficile, en effet, de remettre en cause certains principes comme ceux mentionnés dans l’article 5 des ‘Devoirs’ : « (…) n’accepter aucune consigne directe ou indirecte des annonceurs, des autorités administratives ou politiques ». Article hautement important dans un pays qui a connu une succession de régimes autoritaires depuis plus de 10 ans.
La dénonciation de la manipulation du journaliste via les pots-de-vin ou pressions en tous genres, le refus de l’apologie des crimes ou encore l’interdiction d’utiliser le statut de journaliste à des fins personnelles, sont autant d’éléments mis en lumière par ce code.
Cela dit, ce nouveau texte ne semble pas faire l’unanimité et beaucoup dénoncent le fait qu’il permet la perpétuation de pratiques illicites.
Deux principes sont largement remis en cause : la possibilité de dénonciation de la source et la possibilité de republier un article sans autorisations.

Si le nouveau code garantit, en partie, la protection des sources, un élément – inexistant dans le code de 1992- permet au journaliste de révéler sa source si cette dernière s’avérait être colporteuse de fausses informations : « (…) la possibilité de s’affranchir de l’obligation de protéger sa source en portant son identité à la connaissance du public(…) si la volonté de cette source est de manipuler( …) et pousser [le journaliste] à la faute professionnelle. » Autant dire que cet article 3 des ‘Devoirs’ du journaliste, crée un flou et laisse la porte ouverte à toutes les interprétations. Comment distinguer une bonne d’une mauvaise information ? Comment obtenir des informations d’une source si celle-ci sait son anonymat remis en question, à la discrétion du journaliste ou de sa hiérarchie ?

L’autre point qui crée le débat concerne la possibilité pour tout organe de presse de republier un article de confrères, sans autorisations, en respectant un délai de 72 heures. (3 jours). Dans l’article « Jeune Afrique et les Pilleurs du Web », le premier site d’actualité et d’information sur l’Afrique explique dans quelles mesures ce principe participe à la banalisation du plagiat dans la presse africaine, dont il s’estime être la principale victime. Le développement du journalisme web a permis la diffusion rapide de l’information. Jeune Afrique déplore le pillage dont il fait l’objet. Plusieurs articles du site se retrouvent régulièrement sur des sites concurrents, sur des blogs, en partie ou en intégralité. Si la source est souvent mentionnée (bien qu’aucune autorisation n’ait été accordée), il s’avère que parfois, un article peut être tout simplement « volé » lorsque le « copieur » signe en lieu et place du véritable auteur.

En réalité, cette pratique est ancienne et courante sur le continent. Le phénomène s’est accru avec le développement du journalisme web. Avant l’instauration de cette loi inscrite dans le code de déontologie, certains articles pouvaient être plagiés seulement quelques heures après la parution du texte original. L’obligation d’attendre 3 jours vient donc mettre un coup de frein à cette pratique. Avec les nouvelles en continu qu’impose le web, une information vieille de 72 heures n’est plus exploitable. Il y a donc une avancée dans ce domaine. Bien évidemment cela ne va pas assez loin. Ce que dénonce  Jeune Afrique et les opposants à ce principe n’est pas le délai octroyé, mais bien l’atteinte au droit de propriété intellectuelle.
Dans ce débat, au-delà de la situation du journalisme en Afrique, c’est bien de l’adaptation des règles déontologiques aux nouvelles pratiques journalistiques qui est en jeu. Comment correctement légiférer sur le journalisme web ? Comment instaurer des règles claires et universelles, ainsi que des sanctions adéquates?

Texte rédigé par Giovanni Djossou

Live Tweeting: l’info polyphonique et en direct

Les adeptes de l’information en direct sur Twitter sont de plus en plus nombreux, rapportant au commun des twittos¹ des concerts, expositions, meetings politiques et autres fait divers dont ils sont témoins . Le phénomène ne date pas d’hier puisque dès 2009, de nombreuses émissions de télé-réalité sont suivies, commentées,« live-tweetés ». En ces temps de campagne présidentielle, la pratique s’applique aux émissions politiques, aux débats et autres meetings des candidats.

A chaque diffusion de l’émission « Des paroles et des actes » c’est systématique, le hashtag² #DPDA arrive en tête des tendances sur Twitter au grand dam du sacro-saint #JustinBieber. De manière plus ou moins pertinente, le hashtag est utilisé par ceux qui suivent l’émission et la commente en direct, de manière sérieuse ou un peu plus légère.

Toujours est-il que le phénomène prend de l’ampleur et présente de nombreux avantages pour s’informer en direct tout en bénéficiant d’une palette de points de vue qui s’accordent, qui s’opposent, et qui permettent aux twittos, puisque c’est leur nom, de se forger leur propre opinion.
Pour ceux qui n’ont pas la télévision où ne se trouvent pas devant leur poste au moment de leur émission, Twitter reste une alternative qui leur permet de suivre tout ce qui se dit dans leur programme sans en rater une miette, avec en prime des commentaires sur la cravate d’untel et le tic de langage de l’autre. Un aspect qui séduit les twittos probablement par sa nature fédératrice justement. On allume la télévision, on s’identifie sur twitter et on expose son ressenti à chaud, on s’emporte, on débat, comme on le ferait entre amis.
Les journalistes présents sur twitter qui s’adonnent au live tweet permettent à leurs followers de décrypter l’information qui leur est donnée, agissant comme des décodeurs d’un jargon qu’on ne comprend parfois pas ou d’une langue de bois que notre candeur n’avait pas forcément détecté. Certains analysent aussi la parole politique en renvoyant à du contenu, que ce soit une vidéo antérieure qui contredit l’information ou un lien vers un site qui corrobore les données énoncées.

Bruno Roger-Petit, chroniqueur politique pour le Nouvel Observateur,
retweete un sondage en lien direct avec #DPDA.

Cependant, pour s’informer grâce aux live tweets, il n’est pas nécessaire d’attendre qu’une émission télévisée fasse le buzz ; ainsi du 6 au 9 mars 2012, le live tweet de Gil Juwu a été suivi par plusieurs centaines de twittos. Ce sans papier placé en centre de rétention administrative a profité des deux heures par jour où il avait son téléphone portable pour faire le récit, en direct et en 140 caractères maximum, d’un environnement mal connu du public, de son arrestation à sa libération.

Pendant les deux heures quotidiennes qui lui étaient imparties et durant 4 jours,
Gil Juwu
a live-tweeté a propos de sa condition de sans papier en centre de rétention.

Dans un tout autre registre mais tout en restant dans l’information, le Stade de France lance via son compte twitter une opération visant à recruter des lives tweeter officiels, qui couvriront les prochaines rencontres de rugby. Match oblige, se sont deux équipes qui couvriront le 31 mars la rencontre qui opposera Le Stade Français Paris au Stade Toulousain.

@Lolymount, membre de l’équipe ST (stade Toulousain, selon toute vraisemblance) fait la promotion de l’hashtag #TeamST devant le stade pour attirer les tweetos férus d’ovalie.

La seule contrainte, c’est qu’il faut trouver du temps et se rendre disponible pour live tweeter, parfois pendant plusieurs heures d’affilées. Heureusement, les Pro Tweeters sont là pour s’atteler à cette lourde tâche. Les pro tweeters, comme leur nom l’indique, sont des tweetos professionnels spécialistes du réseau social qui utilisent la plateforme comme média de distribution. Et ils sont payés pour ça. Car sur une plateforme aussi massive que tweeter qui accueille chaque jour 50 à 100 millions de tweets (les chiffres fluctuent en fonction de la coiffure de Justin Bieber), mettre en valeur un tweet et le faire sortir du lot, c’est tout un métier.
Selon Glenn Le Santo, payé pour tweeter, le pro-tweeting est une pratique partie pour durer qui demande d’être succinct dans son discours et d’avoir une force créative pour créer des titres, des phrases d’accroches, des slogans qui auront un impact sur les followers³ . Pour être efficace, il faut aussi être capable d’écouter et de tweeter simultanément, d’extraire rapidement le meilleur du contenu. Si le rythme de l’événement est lent, le rôle du pro-tweetos est de garder quoi qu’il en soit un rythme soutenu de tweets pour ne pas perdre son lectorat, et doit donc se montrer créatif. Tout le monde peut tweeter,  ; mais tweeter de manière efficace n’est pas donné à tout le monde. Les prestations des tweetos professionnels sont primordiales dans le succès d’un évènement ou d’une conférence ; le fait qu’on en parle où qu’on les oublie aussitôt qu’ils sont apparus dépend en grande partie d’eux, résume Glenn Le Santo. Une perspective d’avenir pour les journalistes qui devront aussi devenir des pros de la com’ pour « vendre » leur info?

Lexique à l’usage des non initiés :
¹Tweetos : utilisateur de la plateforme Twitter qui envoie des « tweets », message brefs de 140 caractères maximum.
²Hashtag : sujet attribué à un message, précédé d’un #. En cliquant dessus, le site affiche tous les tweets comprenant le même hashtag et établit un classement des sujets les plus tweetés (trending topics), facilitant le suivi d’une conversation.
³ Follower : personne qui suit votre compte et a donc accès à vos tweets et re-tweets.

Texte rédigé par Tania Messaoudi

Ouest France se lance dans la réalité augmentée

“C’est une expérience inédite dans la presse française que vous propose, ce mercredi, Ouest-France en partenariat avec Artefacto”. Voilà la promesse que nous avait fait le plus grand quotidien régional français ce mardi 20 mars. Et le lendemain matin, les lecteurs n’étaient pas déçus: en dernière page du journal, Ouest France offrait l’opportunité de découvrir la réalité augmentée à travers cinq photos en 3D.

« Demain dans Ouest France, des photos en 3D… » annonçait Ouest France ce mardi 20 mars

Et cette initiative inédite dans la presse française n’a suscité (presque) que des réactions positives. Jugez plutôt avec cette sélection de tweets réalisée le soir même de la publication de photos en 3D par le journal…

La réalité augmentée, comment ça marche?

Reportage de France 3 Bretagne sur le sujet

Avant toute chose, il fallait se procurer le fameux quotidien. Première étape indispensable, que ce soit en format papier ou numérique. Une fois cette acquisition faite, le rendez-vous était donné à la toute dernière page du journal. Là, cinq photos n’attendaient plus que vous pour dévoiler leur secret… Vous téléchargiez alors gratuitement l’application OF3D (disponible sur l’Appstore et l’Androïd market) sur votre smartphone ou votre tablette numérique, vous positionniez correctement votre appareil sur l’image de votre choix, et hop, une japonaise en kimono ou un bâtiment surgissait de la photo.

“La photographie en relief, c’est un processus assez révolutionnaire pour un journal: au-delà du côté ludique et événementiel, il y a là un vrai champ d’investigation dans le domaine du business et de la publicité”, a expliqué Daniel Floch, Rédacteur en chef adjoint de Ouest France lors d’une présentation à Rennes.

Et Ouest France n’est restera pas là. Le quotidien compte recourir régulièrement à la réalité augmentée pour illustrer des sujets sur les aménagements urbains. Un bon buzz sur la toile qui ne restera donc pas sans suite.

Inédit… en France
Bref, vous l’aurez compris, le seul point noir de cette initiative originale et intrigante, c’est que seuls les plus chanceux (c’est à dire ceux qui possèdent un smartphone ou une tablette) peuvent en profiter. Cependant ces outils se répandent aujourd’hui de plus en plus. Ouest France a donc simplement choisi d’anticiper de quelques années (voire quelques mois) en se lançant le premier dans cette aventure de la réalité augmentée. Ou du moins… Le premier de la presse française. Car en effet, il y a deux ans de cela en Allemagne, ce type d’applications avaient déjà été expérimentées par quelques journaux, comme le Süddeutsche Zeitung. En Angleterre, ce sont les magazines de mode Harper’s Bazaar, Cosmopolitan et Company qui ont testé la réalité augmentée en octobre 2011 (>> découvrez ces initiatives européennes ici).

Encore du chemin à parcourir…
Ce mercredi 21 mars 2012, la presse française a fait un pas de plus vers le journalisme augmenté. Autrement dit, la presse française commence tout doucement à comprendre que le numérique peut lui apporter beaucoup si elle s’en sert correctement, c’est à dire en mettant à profit sa plus-value. Enrichir un article écrit de vidéos, mais aussi de liens hypertextes, de tweets (permettant de citer la parole des citoyens et directement insérés à l’article grâce par exemple à l’outil storify), de live, de datavisualisation et de tout ce qui peut créer une interaction avec le lecteur… C’est ça le journalisme sur internet. Et c’est sans doute en exploitant tous ces nouveaux outils que les journaux papiers arriveront à tirer profit de leur version web. Certains l’ont déjà compris

Prearltree sur le sujet

Texte rédigé par Lucile Jeanniard

Emmanuel Letouzé, dessinateur expatrié : « La caricature de presse est très adaptée aux nouveaux médias »

Emmanuel Letouzé, plus connu sous le nom Manucartoons, a toujours dessiné. Expatrié à Brooklyn, cet économiste voyageur, ancien de Sciences Po, occupe son temps libre à croquer la vie politique française et américaine et ne désespère pas d’être un jour publié dans le célèbre New Yorker… En attendant, il est possible de voir ses dessins sur Rue89, son blog www.manucartoons.com, et le site Stuff Expat. Ses publications font souvent le tour des réseaux sociaux. Pour Horizons Médiatiques, il revient sur l’activité de caricaturiste de presse et son rapport avec les nouveaux médias.

Être illustrateur/blogueur expatrié aux USA, cela implique de connaître l’actualité de deux pays. Comment vous informez-vous au quotidien ?
De différentes façons. Pour l’actualité française, exclusivement sur Internet : LeMonde.fr, Libération.fr, Rue89, Lefigaro.fr… J’y vais tous les jours. Je vais aussi sur Facebook et Twitter. Pour la presse internationale, c’est le New York Times, The Economist, Le New Yorker… je lis beaucoup de presse écrite, je m’informe partout, en fait.

Quels thèmes vous inspirent le plus ?
Pour Rue89 et mon blog, c’est la politique qui domine. Mais je soumets aussi des dessins au New Yorker toutes les semaines, qui ne sont pas des sujets d’actu, mais plus des dessins sociaux sur les relations humaines… Ce n’est pas la même approche sur le fond et graphiquement. J’ai commencé en janvier à proposer mes dessins régulièrement au New Yorker, et j’ai dû adapter mon style. Tous les mardis, j’apporte mon « batch », mon lot de dessins. J’ai dû en apporter une quinzaine depuis la première fois.

A choisir, si vos dessins étaient publiés dans le New Yorker, vous les préféreriez sur le Web ou sur la version papier ? La version papier n’est-elle pas plus « prestigieuse » ?
Les dessins du New Yorker se prêtent bien au web : ils sont en noir et blanc, épurés. Ils ont même leur propre application Ipad. On peut les mettre facilement en album photo et en slideshow. Le Cartoon editor du New Yorker, Bob Mankoff, a créé Cartoon Bank, un répertoire en ligne de tous les dessins du New Yorker depuis ses débuts. Le projet d’une publication en ligne ou une BD électronique, sur Ebook par exemple, ne me dérangerait pas.

Avec le New Yorker, vos dessins sur Rue89, et d’autres publications d’illustrateurs en ligne, peut-on dire que le Web est une alternative à la caricature de presse sur papier ?
Le New Yorker marche très bien sur papier. Le dessin de presse se prête très bien aux nouveaux médias. C’est un mode de consommation visuel, comme la lecture, qu’on peut pratiquer dans le train ou le métro. La plupart de mes dessins ne passent pas sur le papier, ni à l’entrée ni à la sortie. Je travaille sur tablette digitale et sur Photoshop, et j’uploade directement sur mon blog !

Votre dessin sur le Halal et la « première préoccupation des français » a beaucoup tourné sur le Web. Le message d’une caricature, la critique par le dessin, sont-ils plus facile à partager qu’un billet ou qu’un éditorial écrit ?

L’aspect graphique est intéressant, parce qu’il attire l’œil. Il y a deux différences : c’est à la fois plus facile et plus difficile. Il faut trouver une accroche visuelle, pour que ça crée un choc immédiat. Et c’est plus facile qu’un article ou il faut être précis, avec des chiffres par exemple, avoir un côté scientifique. On peut se permettre d’être caricatural. D’ailleurs, j’ai eu des commentaires qui me reprochaient ce dessin, disant que certaines personnes qui vont aux Restos du coeur refusent des produits non halal. Mais le dessin permet d’y aller avec des gros sabots : les gens ne s’attendent pas à ce que ce soit aussi mesuré, sourcé, qu’un article.

Le fait que le dessin soit digital change-t-il la donne ?
Pour certains dessinateurs, oui. Ils trouvent que les dessins sur palette graphique sont trop flashy, les couleurs trop criardes. C’est le cas du dessinateur de presse Chimulus (fils du dessinateur Jacques Faizant, célèbre éditorialiste au Figaro).
Mais si on maîtrise le noir et blanc, la palette graphique est un bon outil! Elle permet aussi d’ajouter plus de couleurs, d’autres contenus que du dessin, comme du multimédia, des photos…
Et en voici un exemple !

D’autres caricatures de Manu :

Propositions au New Yorker :

Propos recueillis par Mylène Hassany

« Control Panel » : La BBC teste un nouveau module pour personnaliser l’information

Le Control Panel (panneau de contrôle) est un module du réseau social Facebook, qui permet aux internautes de contrôler les alertes qui s’affichent sur leur “mur”. La BBC a pris l’initiative de bêta-tester cette nouvelle technologie afin que les lecteurs puissent filtrer le flux d’informations émanant de la page officielle BBC News du journal.

Le principe est simple: après avoir “aimé” la page BBC News, l’internaute doit uniquement cliquer sur le “j’aime/like” des différentes sections pour ajouter les alertes à son fil d’actualité. Le choix des catégories est identique à celui du site Internet BBC News: on retrouve les sections World (Africa, Asia, Europe, Latin America, Middle Est, US & Canada), UK (England, Northern Ireland, Scotland, Wales), Business, Health, Sci/Environment, Technology et Entertainment. Petite nouveauté, un ajout de catégories qui ne sont pas présentes sur le site internet tel que Arts, Education, Other (Magazine, Also in the News) ou Politics.

Un nombre de « j’aime » qui varient de 500 à plus de 22000 (22k)…

Un filtrage de données mais surtout…de personnes

La singularité du Control Panel, c’est de pouvoir choisir d’avoir ou non les flux de publications des journalistes de la BBC. Plutôt que de laisser les rédacteurs, rédacteurs en chef ou correspondants dans l’ombre, la chaîne a choisi de les mettre en valeur par leur nom, photo et fonction. Le lecteur s’identifie alors à un journaliste qui gère un domaine qui lui est proche (par exemple, la technologie) ou une géographie qui l’intéresse particulièrement (exemple: Damien Grammaticas s’occupe de Pékin). Un moyen d’être plus proche du journaliste donc plus proche de l’information.

Les correspondants, pas connus du grand lectorat, ont pour l’instant un score assez timide (de 37 à 397 “j’aime”) comparé aux 30 000 et 13 000 des programmes TV NewsNight et radio Breakfast, les lecteurs restants fidèles aux catégories traditionnelles du site qu’ils connaissent mieux.

Un score encore timide, pour les correspondants, au 13 mars 2012.

Même technique de personnalisation pour les programmes TV et radio de la chaîne, qui, avec des scores allant du millier à plus de 30 000, dépasse largement l’intérêt accordé aux articles web.

Radio, Tv et web: les trois plans d’attaque de la BBC.

Plus personnel, le Control Panel répond aux attentes du lecteur et dévoile une tendance générale: les lecteurs sont aujourd’hui sur le net et ne délaisse en rien la télévision et la radio. De plus, il permet à l’enseigne de connaître clairement les goûts et attentes de ses visiteurs. Une bonne technique pour attirer un lectorat plus jeune, qui en temps normal, délaisse l’information via facebook, faute d’un trop plein d’alertes et de sujets qui ne les intéresse pas forcément. Par le Control Panel, la BBC utilise à bon escient un marché illimité qu’est le marché facebook; et mène une très bonne campagne de communication quand on voit que la page BBC News possède déjà plus de 280 000 fans et que la chaîne BBC a déjà crée une soixantaine de pages fan allant de la “BBC London 2012“  à “BBC Comedy” en passant par “BBC Nepali” (un exemple des nombreuses variantes linguistiques de la chaîne)…

Source: La social NewsRoom

Texte rédigé par Coralie Horgue