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Internet : l’info taillée sur mesure grâce aux infomédiaires

C’est un fait avéré : la toile est aujourd’hui une source d’informations colossale. Elle est d’autant plus sollicitée par les lecteurs avides de news qu’elle met à disposition des contenus actualisés, gratuits et en provenance du monde entier. Le tout, en seulement quelques clics.  Mais si Internet fournit une multitude d’informations, il est aussi victime de son succès, le revers de la médaille étant que l’internaute peut très vite se retrouver submergé par une multitude de  contenus et avoir du mal à accéder à l’information recherchée. Pire encore, il peut avoir des difficultés à discerner l’info de l’intox. C’est à ce moment là que le rôle des infomédiaires prend toute son ampleur.

 Définition
Ce terme est un néologisme construit à partir des termes “information” et “intermédiaire”. Un infomédiaire est donc un intermédiaire entre l’information et le lecteur. Chronologiquement, le premier infomédiaire serait le moteur de recherche, puisque déjà à l’ère du web 1.0, on pouvait facilement accéder à des sites d’informations en passant par Yahoo, Wanadoo ou Google.
Aujourd’hui, l’infomédiation va beaucoup plus loin puisqu’elle est personnalisée. Autrement dit, le lecteur a dorénavant la possibilité de décider de l’information qui lui sera communiquée. Il n’est plus contraint à se plier à la liste infinie de liens édités par le moteur de recherche. A travers cet article, je vous propose donc de faire un tour d’horizon des nouveaux infomédiaires. Des réseaux sociaux, aux agrégateurs de contenu, en passant par les alertes e-mail et les plateformes de curation.

 Les réseaux sociaux
L’information via les réseaux sociaux connaît un succès grandissant, surtout auprès de la jeune génération qui s’informe en grande partie sur Internet et notamment sur ces réseaux. Ces infomédiaires ayant un fonctionnement bien particulier, il est nécessaire que les médias s’y adaptent s’ils veulent atteindre leur cible. La plupart du temps, cela se manifeste par la mise en place d’applications accessibles via le réseau social, permettant un accès facile à l’information.
Sur Facebook, par exemple, il est possible d’ « aimer » la page d’un journal et par conséquent, de recevoir sur sa page d’accueil les informations en provenance du journal en question. La célèbre invention de Mark Zuckerberg constitue ainsi un apport crucial pour les sites d’information puisque nombre d’entre eux récupèrent une partie de leur audience via le réseau social.

En étant « fan » de 20minutes.fr, je reçois directement sur ma page d’accueil Facebook les infos provenant du journal. 

Twitter est également un infomédiaire efficace. Il est d’autant plus intéressant que la concision qu’il requiert (140 caractères max par tweet) participe à la clarté du message.  L’accès à l’information y est personnalisé puisque l’on ne reçoit que les tweets des abonnements que l’on suit. L’information désirée défile sous nos yeux et cet infomédiaire est aussi passionnant parce qu’il puise sa force dans son caractère instantané et dans son pouvoir de diffusion rapide. Le risque étant néanmoins de perdre le fil de l’info et de ne plus s’y retrouver si l’on a trop d’abonnements.

Sur la page d’accueil de mon profil Twitter, je ne reçois que les tweets de mes abonnements.

Les agrégateurs de contenu
Un agrégateur de contenu permet à l’internaute de rassembler les informations qui l’intéressent sur une seule et même page. Ces informations, tirées de divers sites web, se présentent sous forme de modules. Elles sont mises à jour quotidiennement et automatiquement. Ainsi, lorsque l’internaute ouvre la page de son agrégateur, il a un aperçu rapide des modules d’informations qu’il aura mis en place. Parmi les agrégateurs de contenus les plus populaires, nous retiendrons iGoogle ou encore Netvibes. Autres interfaces intéressantes, Webwag et Rssnewsbox sont des agrégateurs de flux RSS (voir explication ci-dessous).

 Sur la page d’accueil de mon agrégateur de contenu iGoogle, j’ai un aperçu des infos provenant des sites internet qui m’intéressent, grâce aux modules que j’ai mis en place. J’ai également la possibilité de créer des onglets (à gauche) pour classer mes différents modules.

Pour recevoir les informations des sites internet que l’internaute a choisi de mettre en avant dans son agrégateur de contenu, il doit s’abonner aux flux de ces sites. Ces derniers sont produits automatiquement, en fonction des mises à jour des sites en question et apparaissent souvent en bas de page. On les reconnaît car ils se présentent sous la forme du logo ci-dessous. On parle de flux RSS.

Les alertes
Lorsqu’il créé une messagerie, l’internaute a également la possibilité de créer des alertes en choisissant les sujets qui l’intéressent. Par exemple, s’il recherche activement un stage en journalisme, il peut créer l’alerte “stage journalisme” et sera prévenu sur son adresse e-mail de la publication d’articles comprenant cette expression, quotidiennement. Gmail, la messagerie de Google permet de créer ce type d’alerte.

 

Alerte « stage journalisme » sur ma boîte Gmail

Dans le corps du mail, un lien vers l’article comprenant les mots « stage » et « journalisme »

Les plateformes de curation
Certains individus se positionnent comme des infomédiaires à part entière. Ils effectuent un travail de recherche, de tri de l’information et proposent aux internautes une sélection de contenus sur une thématique donnée. A mi chemin entre le veilleur et le journaliste, ils se proposent d’être les intermédiaires entre le lecteur et les sites d’informations. Ces individus, on les appelle les curateurs.  Un nouveau métier du web, conséquence directe du développement de l’infomédiation.

Pour la petite histoire

Historiquement, le curateur appartient au domaine des arts et exerce sa fonction au sein des musées. Son rôle : choisir, trier et sélectionner des œuvres pour exposition, dans l’optique de mettre en lumière une thématique sur laquelle le spectateur est amené à s’interroger. Dans le cadre du web, le curateur est soumis aux mêmes fonctions de tri, de filtrage et de sélection, appliquées cette fois-ci à du contenu. Ainsi, il va définir un thème précis et réunir autour de ce thème une sélection de sources issues d’Internet qu’il diffusera sur une plateforme. Le but étant de synthétiser, d’éditorialiser et de fournir à l’internaute une sélection des contenus les plus pertinents sur un sujet donné.

 

Pour exercer leur activité, les curateurs de contenus utilisent des plateformes. Elles présentent les contenus de manière différente (modules, perles, etc.) et chacun y trouvera son compte. Parmi ces plateformes, on retiendra les exemples de Pearltrees, Scoop it ou encore Paperli, qui a la particularité de permettre au curateur de créer un journal quotidien public personnalisé, composé d’articles provenant des comptes Twitter qu’il suit.

Pearltrees sur le thème des serious games // par Lucile Jeanniard

Scoop it sur le thème des réseaux sociaux // par Stéphane Favereaux

Paperli proposé par Yannick Chavanne (Protextuel)

Que tirer de cette analyse ?
Sans doute, l’évolution des infomédiaires vers un rapport plus personnalisé s’inscrit dans le développement logique des usages de l’individu post moderne. Grâce aux infomédiaires, le consom’acteur choisit en amont ses sources d’information. De cette manière, il gère et maîtrise les contenus qu’il reçoit.
Pour ce faire, il est nécessaire qu’il soit familier aux nouveaux outils qu’implique cette nouvelle forme de consommation médiatique. Des outils qui peuvent parfois représenter un obstacle pour les non habitués de l’univers numérique. Ainsi, il sera  plus facile pour un digital native de manier l’infomédiation que pour un digital immigrant. Mais ça, c’est une autre histoire.

Texte rédigé par Marylin Epée

Discussion

3 réflexions sur “Internet : l’info taillée sur mesure grâce aux infomédiaires

  1. Votre article est très intéressant et très clair car il permet de cerner très rapidement les principales caractéristiques de chaque outil. Ma susceptibilité de professionnelle de l’information a néanmoins été piquée par votre définition de l’infomédiaire : chronologiquement, le 1er infomédiaire… c’est l’humain ! Qu’on l’appelle veilleur, documentaliste ou bibliothécaire, peu importe, mais ce n’est pas un robot.
    Je profite de ce commentaire pour saluer la richesse du site et l’intéressant travail collectif qui y est mené !

    Publié par AureliB | 10 mars 2012, 13:52
  2. Reblogged this on la bibliothèque, et veiller.

    Publié par tommygunn01 | 13 mars 2012, 11:11

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: Internet : l’info taillée sur mesure grâce aux infomédiaires « la bibliothèque, et veiller - 13 mars 2012

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