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Edition Amérique du nord

Newstransparency: le site de renseignements qui pourrait poser problème

Lancé en octobre dernier, le site Newstransparency pourrait rapidement créer polémique. La raison ? Le principe même du site qui invite les internautes à communiquer toutes sortes d’informations sur les journalistes de tous médias et de tous pays. Une initiative perturbante au premier abord mais dont le créateur vante les mérites.

“Fournir plus d’informations sur les journalistes qui écrivent l’actualité”  telle est l’accroche visible sur la page d’accueil du site newstransparency.com. Le but est simple: apporter des renseignements sur ceux qui jour après jour, traitent et diffusent l’information  :  les journalistes.

Comment fonctionne le site ? De manière participative, tout simplement. Un peu à l’image du site qu’on ne présente plus Wikipédia. N’importe quel internaute peut,s’il le souhaite, communiquer une information qu’il aurait en sa possession à propos d’ un (voire plusieurs) journaliste.Ainsi, pour chaque journaliste une fiche type est crée,dévoilant aux internautes des informations allant de son cursus scolaire, en passant par son employeur, jusqu’à son adhésion à un parti politique.

Voici pour donner un petit aperçu des infos transmises par le site, la fiche du créateur de Newstransparency, Ira Stoll.

La première partie de la fiche de présentation fourni des renseignements des plus classiques : âge, photo, coordonnées, page Facebook, compte Twitter, etc. Rien de bien inquiétant au premier abord.

La suite des informations reste également assez classique, avec entre autre le parcours professionnel, les fonctions exercées, etc. Des renseignements en somme assez basiques, et dont l’usage ne posent à priori aucun problème.

Puis viennent des informations… surprenantes

C’est dans les dernière rubriques des fiches de présentations que les renseignements se font plus discutables.

“Affiliation à un parti politique”, “sources fréquentes”, ou encore “Amis et alliés” telles sont les rubriques existantes (et donc à compléter par les internautes) et qui pourront poser problème. De tels données sont parfois de l’ordre du privé et ne sont pas censées être connues du public. En particulier les informations concernant les sources et l’entourage qui touchent à la façon de travailler du journaliste en question et qui une fois connues du public, pourraient nuire à sa façon de travailler et dans le pire des cas à son poste de journaliste en lui-même.

Le souci de transparence comme défense

L’argument principal d’Ira Stoll, fondateur du site réside dans les récents sondages qui attestent que “l’opinion publique envers les journalistes est au plus bas, et des recherches démontrent qu’environ la moitié des articles publiés contiennent des erreurs”. Un argument quelque peu paradoxal quand on sait qu’Ira Stoll a lui-même exercé la profession de journaliste (comme le prouve d’ailleurs la page qu’il lui est consacré sur son site).

Selon son créateur ce site vise “à améliorer la précision, la qualité et la transparence du journalisme en facilitant l’accès aux informations sur les personnes qui font l’actualité, des êtres humains avec des opinions, des relations, une histoire et des motivations”. Des intentions au premier abord louables mais qui pourraient rapidement créer le débat avec certains professionnels qui seraient dans le droit de refuser de se voir fichés, non pas pour éviter toute transparence mais pour conserver la confidentialité de certaines informations les concernant. On peut déjà imaginer le nombre de débats et discordes que pourraient générer le site et les données qu’ils diffusent.

L’autre crainte qui peut se faire sentir c’est la véracité des informations apportées par les contributeurs. Newstransparency.com étant un site participatif, n’importe quel internaute peut donc fournir les données qu’il souhaite au site. Et si l’on prend l’exemple de Wikipedia comme modèle du genre, il n’est pas rare d’avoir été témoin d’erreurs dans les différentes pages du site. Imaginez ce que pourrait engendrer de faux renseignements sur un journaliste en particulier. Et quand on aborde ce sujet avec son concepteur Ira Stoll, celui-ci est catégorique, aucune chance d’avoir de fausses informations publiées, le site étant , contrairement à Wikipedia, modéré par un éditeur humain. Et si dans le pire des cas, le modérateur en question laisse passer une erreur, le lecteur a accès à un mécanisme de notation qui peut évaluer et donc éventuellement corriger les contributions.

Vers un fichage complet des journalistes ou un réel impact sur l’information et ceux qui la font ?

Il est encore trop tôt pour répondre à cette question, le site en est encore à ses débuts mais les effets pourraient se faire sentir dans les jours à venir. Les intentions du créateur de Newstransparency sont louables : vouloir une presse “meilleure” tout en donnant au public des informations sur ceux qui traitent l’actualité. Pourtant, la méthode de fichage laisse quelque peu songeur. Les journalistes étant d’habitude ceux qui donnent des informations et non pas ceux sur qui on en diffuse, c’est peut-être cela qui dérange tant. Voir ainsi les différents journalistes “fichés” peut donc logiquement paraître perturbant.

Le site étant encore à ses débuts dresser un bilan des effets qu’il a engendré serait prématuré . Mais il ne saurait tarder à faire parler de lui, et même probablement créer une ,voire plusieurs, polémique.

Texte rédigé par Florent Bovicelli

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