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Edition Océan Indien

En Inde, CGNet donne une voix aux sans-voix

Dans le Chhattisgarh, le plus petit État de l’Inde centrale, les citoyens ont revêtu la fonction de journaliste afin de faire valoir leurs droits. Persécutés par des extrémistes maoïstes, ils utilisent internet comme outil de visibilité pour dénoncer les violations aux droits de l’homme dont ils sont victimes. Les grands médias indiens sont, pour la grande majorité, détenus par de grandes sociétés qui n’accordent guère de place aux préoccupations des tribus. C’est pourquoi le CGNet, site internet du peuple du Chhattisgarh a été crée.


CGNet est un forum citoyen qui permet de traiter les sujets que les médias traditionnels n’abordent pas ou ne peuvent pas couvrir. La population aborigène des Adivasis, résidant dans le Chhattisgarh, se bat quotidiennement pour ne pas être laissée pour compte. La tribu souffre d’un taux d’alphabétisation critique, car les Adivasis sont une des populations les plus démunies de la société indienne. Persécutés par les extrémistes de gauche indiens, les Adivasis se réfugient dans les forêts, isolés du reste de la société. Le premier ministre indien, Manmohan Singh, s’inquiète de l’insurrection sanglante menée par les maoïstes, qui pose un problème de sécurité des tribus résidant en Inde centrale.

Aucun journaliste professionnel n’exerce au sein de ces populations. Ils peuvent à peine communiquer avec elles. Si bien que les Adivasis ont dû eux-même s’improviser journalistes. Grâce au CGNet, ils ont pu dévoiler au grand jour les violations multiples des droits de l’homme dont ils étaient victimes et auxquelles la presse indienne ne s’était jamais intéressée. Une visibilité nouvelle qui a permis d’attirer l’attention des médias, et par la même occasion des militants des droits de l’homme.

Le CGNet fonctionne donc grâce aux jeunes Adivasis qui sont formés aux pratiques du journalisme citoyen. Ils apprennent ainsi à utiliser leur portables pour enregistrer les événements de leur zone géographique. Pour ce faire, les citoyens n’ont qu’à appeler d’un portable et laisser un message vocal, qui sera ensuite vérifié par de vrais journalistes. Leurs témoignages écrits et vidéos font ensuite l’objet de débats sur le forum. Depuis sa création en 2009, CGNet a reçu pas moins de 37 000 appels et a publié 750 reportages.

La réussite du groupe animant le CGNet est tel que le site a partagé son savoir-faire avec 80 millions de personnes, issues des communautés tribales voisines qui manquaient cruellement de moyens de communication pour faire entendre leurs voix. A l’origine de ce projet novateur mais risqué, Kamlesh Painkra et Shubhranshu Choudhary, journaliste indien ayant travaillé pour The Guardian et la BBC. Ce dernier a été récompensé pour son travail et a reçu de la part du Centre International des Journalistes la Knight Fellowhip, accordée chaque année à des journalistes internationaux.

Texte rédigé par Amandine Fournier

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