+
vous lisez
Edition Océan Indien

Malaisie : le CIJ au service de la démocratie

Le combat pour la démocratie ne se joue pas uniquement dans la rue, auprès des manifestants. Il se passe aussi sur Internet. Et certains Malaisiens l’ont bien compris. C’est le cas du Centre for Independent Journalism (CIJ), une organisation visant à réformer le journalisme et défendre la liberté de la presse en Malaisie.

L’histoire débute en 1998. Alors que la Malaisie fait face à une grave crise économique et politique, cinq journalistes, acteurs et activistes se lancent dans un projet ambitieux : créer un site web permettant au public d’analyser les problèmes et les enjeux politiques de l’époque. Fort de son succès, le groupe décide de créer le Centre pour le Journalisme Indépendant afin de faire évoluer la scène médiatique alternative. Aujourd’hui, l’organisation est mondialement connue pour sa lutte en faveur de la liberté d’expression et de l’accès à l’information par les populations les plus marginalisées.
Pourtant, le combat n’était pas gagné d’avance. Car en Malaisie, le gouvernement entretient une démocratie muselée. La société civile malaisienne exprime continuellement sa préoccupation concernant les fraudes électorales en faveur de la coalition au pouvoir. A l’heure où les manifestations antigouvernementales sont illégales, le web, lui, constitue « l’un des rares endroits encore accessibles où les Malaisiens peuvent exprimer leurs vues dans une relative liberté » d’après Amnistie Internationale. Internet a ainsi permis aux manifestants d’organiser des rassemblements dénonçant les manœuvres du gouvernement malaisien.
C’est précisément pour cette raison que le parti politique au pouvoir a étendu à la toile les restrictions imposées aux médias. Peu sont ceux qui se heurtent à ces lois répressives, car les opposants au régime risquent gros. Les délits sont passibles d’une amende maximale de 50 000 ringgits (13 800 $US) ou d’une peine maximale d’un an de prison. En septembre 2008, le blog politique controversé, Malaysia Today, en a fait la douloureuse expérience. Son fondateur et rédacteur en chef Raja Petra Kamaruddin, fut emprisonné pendant près de deux mois pour sédition et diffamation à l’encontre du vice-premier ministre Najib Razak. Le site, à l’époque bloqué, est désormais basé à Singapour. Il accueille plus de 1,5 million de lecteurs par jour, soit un lectorat plus large que celui des journaux favorables à l’Etat malaisien.
La société malaisienne s’empare de la blogosphère pour exprimer ses opinions, rarement rapportées dans les médias grand public qui subissent l’influence du gouvernement. Le web journalisme indépendant est une arme non négligeable quand il s’agit de défendre la démocratie. Le CIJ est le premier à dénoncer tout haut ce que tout le monde pense tout bas. D’autres pourraient l’imiter. Mais encore combien de temps faudra-t-il avant que les langues se délient en Malaisie ?
Texte rédigé par Amandine Fournier

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :