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Edition Monde Arabe

RSF récompense les cyber-dissidents syriens

Le Prix du Net-Citoyen 2012, décerné par Reporters Sans Frontières (RSF), revient aux «Journalistes-citoyens» des Comités locaux de coordination en Syrie. Bien plus que de simples activistes militants, il s’agit d’un nouveau genre de journalistes, engagés dans une véritable guerre de l’information. Ils ont mis en place un dispositif performant pour percer la chape de plomb du gouvernement qui étouffe la communication sur les événements syriens.

La cyber-dissidente syrienne Jasmine, 27 ans, exilée au Canada, reçoit le prix RSF au nom de tous les journalistes-citoyens syriens, à Paris, le 12 mars.

«S’ils sont à ce point pourchassés, c’est bien parce que les net-citoyens sont devenus indispensables au processus de collecte de l’information», a déclaré Dominique Gerbaud, président de Reporters Sans Frontières. Il ajoute: «les dirigeants l’ont bien compris, en mettant en place des appareils de censure et de surveillance de plus en plus sophistiqués et efficaces, et une répression toujours plus forte». Selon RSF, 200 Net-citoyens ont été arrêtés en 2011, soit 30 % de plus qu’en 2010, cinq ont été tués et plus de 120 sont actuellement emprisonnés.

RSF a donc décerné son Prix du Net-Citoyen 2012 aux «Journalistes-citoyens» des Comités locaux de coordination en Syrie. Ce n’est pas la première fois que ce prix récompense des activistes du monde arabe, puisque les lauréates 2010 étaient des cyber-féministes iraniennes, et en 2011 les auteurs d’un blog collectif tunisien. RSF rappelle que les médias internationaux sont, pour la plupart, tenus à l’écart de la Syrie: «en leur absence, [les comités locaux de coordination] représentent presque le seul moyen de tenir le monde informé de la violence qui ravage le pays. Ils ont émergé spontanément au début de la révolte syrienne en mars dernier, et rassemblent des militants des droits de l’homme aux côtés de journalistes locaux», souligne RSF.

Les médias center de coordinations syriens sont organisés en groupes sur le terrain, dans différentes villes, tandis que des activistes à l’extérieur du pays servent de relais pour la transmission des informations. Ces cyber-journalistes-citoyens collectent l’information, la traduisent et la transmettent instantanément aux médias internationaux. Ils ont aujourd’hui plus d’un millier de contacts de journalistes dans le monde et envoient plus de 50 e-mails par jour. Ils disposent également d’un centre de documentation pour archiver et stocker les données. La guerre de l’information en Syrie a donc bien ses soldats de l’ombre, qui risquent leur vie chaque jour. Ils résistent contre l’information officielle imposée par le gouvernement, et contre le blocage des journalistes étrangers à la frontière de la Syrie.

Interview  vidéo AFP de Jasmine qui a reçu le Prix RSF au nom de tous les journalistes-citoyens syriens, à Paris, le 12 mars.

Et pour en savoir plus, interview  de Jasmine par le Nouvel Observateur.

Texte rédigé par Célie Gourdon

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